Page dernièrement modifiée le Vendredi 23 Décembre 2005
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VIE
ET BIOLOGIE DE L'AIGLE DE BONELLI
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Nous parlerons donc de la vie et de la biologie de l'aigle de Bonelli, à travers plusieurs paragraphes :
| DESCRIPTION |
L'aigle de Bonelli est un rapace de taille moyenne à grande.
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Couple d'aigles de Bonelli en Espagne. Cliquez sur la photo pour voir l'agrandissement et le commentaire. Photo : © Pascal Dubois - cote-nature.net - 23 avril 2003 |
Son envergure varie entre 1,50 et 1,80 m., pour une longueur comprise entre 65 et 73 cm. et un poids variant de 1,6 à 2,5 kg. La femelle est plus grande et plus lourde que le mâle.
La tête de l'aigle de Bonelli, plutôt petite et fine (comparé aux autres rapaces), possède un puissant bec crochu, typique des aigles. Son plumage est caractérisé par de forts contrastes blancs et noirs.
Les deux sexes ont un plumage identique.
En vol, son plumage, ses ailes longues et larges, le caractérisent facilement. Il peut parfois être confondu avec le circaète Jean-le-Blanc qui fréquente les mêmes milieux, mais qui est plus blanc et dont la tête est plus grosse.
Dans la nature, la longévité est de l'ordre de 20 ou 30 ans.
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| MODE DE VIE |
L'aigle de Bonelli vit généralement en couple sur son territoire. Rare sont les individus vivant seul. D'ailleurs, le renouvellement d'un couple (dans le cas où un individu disparaît) se fait très rapidement, au point que les personnes suivant le couple ne s'en aperçoivent généralement pas !
Cette espèce est très territoriale et défend son nid contre les intrus de toute tailles : autre aigle de Bonelli, mais aussi aigle royal, vautour fauve... Pour affirmer leur propriété et renforcer les liens du couple, ils survolent leur territoire en cercle, parfois à haute altitude.
Si l'adulte est strictement sédentaire, le juvénile est très erratique.
Lors de leur premier hiver, la plupart de juvéniles se dispersent dans des zones de plaines riches en proies potentielles : la plaine de Crau, la Camargue, le bassin de la Garonne, les marais de la région Centre, mais surtout dans les "Sierras" espagnoles. Il peut aussi être observé dans des régions plus inhabituelles : par exemple, en octobre 2005, un aigle de Bonelli est observé dans la Réserve naturelle du lac de Remoray (Doubs). Pour plus de renseignements, voir : Actualité.
En vol, ses larges ailes et sa longue queue favorisent les manoeuvres de voltige. Son vol est plus rapide et énergique que les autres rapaces.
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| BIOTOPE ET DOMAINE VITAL |
L'aigle de Bonelli est un rapace typiquement méditerranéen.
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Biotope typique de l'aigle de Bonelli. Cliquez sur la photo pour voir l'agrandissement et le commentaire. Photo : © Mathieu Krammer - 22 avril 2004 - chaîne de la Sainte-Baume (Var). |
Pour établir son territoire, il apprécie les régions de collines ou de moyennes montagnes sauvages et reculées entre 100 et 600 mètres d'altitude. Deux conditions sont cependant essentielles : des falaises abruptes pour nicher et des milieux ouverts pour chasser. Son territoire correspond donc aux milieux ouverts où alternent garrigues plus ou moins dégradées, maquis, cultures, bosquets, falaises et gorges rocheuses.
Il arrive parfois que certaines couples établissent leur domaine dans des boisements denses de chênes verts et/ou pubescents. Dans ce cas, le couple recherche les rares espaces dégagées (crêtes et cultures) pour chasser, qui ne couvrent parfois que 10 à 20% du territoire.
La taille de ces domaines est généralement compris entre 2.000 et 5.000 hectares.
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| NOURRITURE ET TECHNIQUES DE CHASSE |
L'aigle de Bonelli est un rapace très puissant capable de tuer des proies aussi grosse, voire plus grosse, que lui.
Le régime alimentaire de l'aigle de Bonelli est variable selon les saisons. En période de reproduction (de mai à juillet surtout), le lapin de garenne peut représenter jusqu'à 50% de son menu, complété par d'autres petits mammifères (écureuils, lièvres, rongeurs et même chats !). Le reste de l'année, les oiseaux constituent environ 80% des proies consommés, principalement la perdrix rouge qui reste un gibier de choix. Mais devant la raréfaction de celle-ci, les alouettes, les pigeons (ramiers ou domestiques), les corvidés (pies et choucas surtout), le goéland leucophée (pour les couples vivant près des côtes comme celui des Calanques par exemple) deviennent des mets de choix. A l'occasion, il capture quelques volailles mal gardées et des oiseaux plus gros tels que le héron ou la buse variable. Très rarement, il prélève des reptiles (lézards et serpents). Généralement, l'aigle de Bonelli ne se nourrit que de proies qu'il a lui-même tué, à la différence de l'aigle royal qui consomme également des charognes. En Provence cependant, quelques aigles de Bonelli visitent les charniers mis à la disposition du vautour percnoptère. Mais ceci reste anecdotique.
L'aigle de Bonelli chasse surtout à l'affût : caché dans un arbre, il pique vers le sol pour capturer les mammifères ou les oiseaux qui s'envolent. Mais il est aussi capable de poursuivre et d'attraper des oiseaux en vol, en se faufilant entre les buissons et les arbres à la manière de l'épervier, ou en piquant de très haut à grande vitesse. Doté d'une vue perçante, il peut repérer un pigeon à plus d'un kilomètre de distance. De plus, il patrouille longuement sur son territoire, sur les flancs de collines, prêt à surprendre sa proie derrière un rocher. Enfin, lorsqu'il est en couple, le mâle et la femelle chasse ensemble : l'un des oiseaux chassant la proie en direction de son partenaire.
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| REPRODUCTION |
L'aire est bâtie par le couple, dès novembre-décembre, dans un falaise ou exceptionnellement dans un arbre. L'aire, installée dans une corniche abritée par un surplomb ou dans une petite grotte, est située entre 10 et 150 mètres de hauteur, dans le tiers supérieur de la paroi. Le nid est de très grosse taille : le couple empile des branches d'un mètre et de plusieurs centimètres d'épaisseur, pour créer une structure massive atteignant 2 mètres de diamètre ! Juste avant la ponte, l'intérieur est garnie de feuillage vert. Au total, un couple peut posséder jusqu'à 5 nids.
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Couple d'aigles de Bonelli, sur un vieux chêne-liège, en Espagne. Photo : © Pascal Dubois - cote-nature.net - 23 avril 2003 |
A cette période, les parades nuptiales donnent lieu à de spectaculaires jeux aériens : vols piqués...
La ponte d'un ou deux oeufs a lieu à la fin février. Il faut savoir que la femelle couve dès la ponte du premier oeuf (le deuxième est pondu quelques jours plus tard). Ainsi, le premier naît plus tôt que son petit frère : il est donc plus grand et plus fort que son cadet. Les deux partenaires couvent, même si la femelle assure près de 90% du temps au nid dans la journée et toute la nuit, pendant près de 40 jours. Le mâle ravitaille régulièrement la femelle pendant qu'elle couve. De temps à autres, il la remplace. La femelle part alors chasser elle-même et se dégourdir les jambes (heu ... les ailes !!!).
Après l'éclosion, la femelle reste seule au nid avec sa progéniture et la protège des rayons du soleil en la couvrant de ses ailes. Le mâle assure quant à lui le ravitaillement, aidé par la femelle aux heures les plus fraîches. Lors des années avec une importante quantité de nourriture, les deux aiglons parviennent généralement à s'envoler (il est même arrivé que le couple élève 3 jeunes avec succès !). Lors des années avec un nombre moyen de proies, le plus jeune des deux oisillons meurt souvent affamé, car il est privé de nourritures par son frère aîné. Enfin, lors des années d'extrême pénuries, il peut arriver que l'aîné tue volontairement son cadet. Ce phénomène, appelé caïnisme, est cependant très rare que l'aigle de Bonelli. Lorsque les jeunes sont assez grands pour être laissés seuls sans surveillance, mâles et femelles participent à la chasse.
Les jeunes tentent leurs premiers vols entre 60 et 70 jours, c'est-à-dire entre le début et la mi-juin. Par contre, ils ne sont indépendants que deux mois plus tard. Pendant ce temps là, ils restent sur le territoire de leurs parents et apprennent à chasser. Ils quittent définitivement le territoire parental au cours des mois d'août et de septembre. Le jeune va alors entammer une période de vagabondage (voir : Mode de vie), très difficile car 9 jeunes sur 10 meurent avec l'âge adulte. A leur maturité sexuelle (4-5 ans), ils réapparaissent, se fixent sur un territoire et tentent alors de former un couple, uni pour la vie.
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