Page dernièrement modifiée le Samedi 27 Septembre 2003
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MENACES
ET MESURES DE CONSERVATION
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Nous parlerons donc des menaces qui pèsent sur l'aigle de Bonelli et des solutions mises en oeuvre pour lutter contre, à travers deux paragraphes :
| MENACES |
Cette diminution est dûe à une modification par l'homme des habitats méditerranéens modelé de ses propres mains depuis des siècles :
L'abandon du pâturage par les troupeaux ovins a entraîné la disparition des vastes espaces pastoraux ouverts et favorisé une reforestation spontanée. De même pour les cultures : leur déclin et leur abondon ont favorisé l'enfrichement de ces terrains. Enfin, le recul de la garrigue ouverte (non entretenue par les troupeaux), peu à peu supplantée par la forêt, a également joué un grand rôle dans le déclin de l'aigle de Bonelli. En effet, tous ces milieux ouverts entretenus par l'homme (pâturages, cultures et garrigues) étaient d'excellentes zones de chasse où abondaient lapins et perdrix. Leur disparition et embroussaillement ont entraîné la disparition du petit gibier, donc de leurs prédateurs. Cette reforestation a surtout affecté les couples éloignés du littoral car leur territoire était déjà fortement boisé et le déclin de l'agriculture a supprimé les rares zones de chasse encore disponibles.
La diminution de la perdrix rouge est surtout dûe à une chasse excessive et aux pollutions génétiques avec la perdrix choukar. Les lapins de garenne, autre proie importante pour l'aigle de Bonelli, est quant à lui victime d'une maladie : la myxomatose, qui décime ses populations.
L'électrocution sur les lignes moyenne et basse tension et les collisions avec les ligne haute tension sont les principales causes de mortalité de l'aigle de Bonelli en France. Elle représente près de 90% de la mortalité en France pour les juvéniles. Les jeunes sont plus touchés que les adultes par ces menaces : volant encore mal, ils s'électrocutent généralement en voulant se poser sur les pylônes.
Les destructions par tirs directs ou piégeages sont, heureusement, de plus en plus rares en Francee mais n'ont pas totalement cessé : très importants dans les années 1960-1980, les tirs sont à l'origine de 2 cas de mortalité sur 11 entre 1980-1991 et d'un cas de mortalité sur 20 en 1990-1995. En France, les piégeages ont quasiment cessé. L'empoisonnement peut également constituer une menace importante pour l'aigle de Bonelli.
Les dérangements dus à la surfréquentation des massifs prend une part importante dans les échecs de reproduction. L'escalade, la varappe, l'ULM, la randonnée à pied ou en VTT sous ou au dessus des falaises, le 4X4, la moto tout-terrain... sont les principales activités dérangeantes pour l'aigle de Bonelli en période de reproduction. La forte augmentation de ces dérangements au cours des dernières années est dûe au développement de voies d'accès (pistes forestières, pistes de défense contre les incendies, réseau routier...). Les aménagement d'infrastructures diverses nuisent aussi à la reproduction du rapace. C'est le cas, par exemple, du TGV Méditerranée qui passe tout près du site de La Barben et qui constitue un dérangement très important pour le couple.
Pour finir sur ce chapitre, signalons que la majorité des juvéniles et immatures nés en France transitent en Espagne et que la mortalité par tirs, empoisonnements et piégeages, est très importante dans ce payx, notamment dans les grandes propriétés de chasse.
En conclusion, le taux de survie des jeunes n'arrive plus à compenser la mortalité des adultes.
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| MESURES DE CONSERVATION |
Le plan national de restauration de l'aigle de Bonelli en France, initié par le Ministère de l'Environnement et conduit par le collectif Bonelli (Conservatoire Etudes des Ecosystèmes de Provence - CEEP, Groupe de Recherche et d'Iinformations sur les Vertébrés et leur Environnement - GRIVE, Ligue de la Protection des Oiseaux et Centre Ornithologique Rhône-Alpes - CORA) met la priorité sur :
Depuis 1990, un programme de baguage est mis en place et a permis d'en savoir plus sur cette espèce, notamment son taux de mortalité, très élevé chez les juvéniles.
Concernant la gestion de l'habitat, l'ouverture du milieu par entretien mécanique ou activités agricoles et pastorales est considérée comme essentielle pour le maintien de l'espèce en France. Ce type d'action est engagé dans le Parc Naturel Régional du Lubéron avec la remise en culture de 30 ha et le débroussaillement de 100 autres ha. De même dans les Gorges de l'Ardèche : un programme mis en place par la CORA et soutenu par la Réserve Naturelle des Gorges de l'Ardèche et l'ONF, a permis le création de garennes artificielles. Celles-ci sont approvisionnés chaque année avec 60-100 lapins. D'autres mesures ont été prises comme l'installation de pigeonniers et la mise en place de cultures à gibier (favorables à la perdrix rouge). Toutes ces mesures de soutien alimentaire, entreprises dès 1983, ont agis favorablement sur l'indice de reproduction des aigles (nombre de jeunes à l'envol). D'autres travaux de défrichement destinés à restaurer des habitats favorables pour ses proies et de création de cultures à gibiers ont été créés en Provence, mais ces travaux ne peuvent s'effectuer qu'au niveau local.
Mais avant de gérer, il convient de protéger certains terrains particulièrement sensibles.
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Panneau au sommet du Mont Caume (Var) indiquant le classement du site en "Arrêté préfectoral de Protection de Biotope". Photo : © Mathieu Krammer - printemps 2003 - sommet du Mont Caume, dans l'arrière-pays toulonnais (Var). |
De 1989 à 1993, un programme ACE (Actions Communautaires pour l'Environnnement) a permis de mettre en place la protection de quatre-cinquième des sites français de nidification, par l'intermédiaire des Arrêtés Préfectoraux de Protection du Biotope. En Languedoc-Roussillon, 7 arrêtés de biotope ont été créés en faveur de l'aigle de Bonelli. En Provence, grâce à l'action du CEEP, au moins 4 projets de protection ont abouti, alors que d'autres sont en cours (ou ont peut-être déja été créés) dans les Alpilles, la Sainte-Baume et le massif de l'Etoile :
Parfois, les propriétaires des terrains se montrent conciliants et acceptent de modifier quelques peu leur projet : dans l'Aude, l'ONF a accepté de détourner une piste, à proximité d'une aire, d'une centaine de mètres et de revégétaliser afin de protéger le site de nidification des curieux ; autre exemple : le tracé du TGV Méditerranée a légèrement été modifié afin de ne pas passer dans la Réserve de la Barben (mais il reste encore une menace importante).
Pour limiter les dérangements, une surveillance permanente est organisée par les associations afin d'empêcher le dérangement des oiseaux et d'éviter le dénichage. Des bénévoles suivent alors quotidiennement les aires durant la période de reproduction.
Pour lutter contre l'électrocution et les collisions, en collaboration avec Electricité de France, les associations agissent pour la neutralisation des lignes électriques dangereuses. Ces neutralisations ont commencé en Camargue, Crau et Languedoc, mais tout reste à faire dans ce domaine. Si les neutralisations sont un premier pas, la seule véritable solution reste l'enfouissement. De plus, ces mesures profitent à d'autres oiseaux, tels que les cigognes et les vautours. Cet aspect est crucial pour la protection de l'espèce en France : si aucune mesure n'est réalisée pour éviter ces collisions et électrocutions, l'espèce disparaîtra ; si on agit efficacement en ce sens, on peut espérer que l'aigle de Bonelli se maintiendra dans notre pays.
Enfin, pour lutter contre les destructions volontaires ou involontaires et contre le dérangement, il faut sensibiliser les utilisateurs du milieu, notamment les chasseurs, les randonneurs, les varappeurs et les adeptes de l'ULM.
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Sources :
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