Page mise en ligne le 22 Mars 2005- Page dernièrement modifiée le Mardi 22 Mars 2005
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EMPOISONNEMENT DE LOUPS : PEINE AGGRAVEE EN APPEL POUR UN BERGER - 21/03/2005 |
Un
berger du Parc National du Mercantour (Alpes-maritimes) a été
condamné lundi 21 mars 2005, à deux mois de prison avec sursis
pour "destruction d'espèce protégée", l'empoisonnement
d'un loup en 1997, par la cour d'appel d'Aix-en-Provence qui a doublé
la peine prononcée en première instance.
Le 24 novembre 2003, le tribunal de Nice avait condamné à un mois
d'emprisonnement avec sursis Christian Poguntke, 49 ans, berger à La
Brigue depuis 1980 et à la tête d'un troupeau de 160 moutons. Ce
dernier avait reconnu avoir exhibé en 1997 la tête d'un jeune loup
empoisonné à l'entrée de sa propriété.
"Le loup est nuisible. Je n'ai pas de regrets. En 1997, soixante de mes
brebis ont été tuées par des loups", avait déclaré
à la barre en novembre 2003 ce berger d'origine allemande.
"Avant que les loups ne soient introduits volontairement dans le parc, on
ne parlait pas d'empoisonneurs. Il n'y avait que des bergers et des moutons.
Le loup, c'est une façon de faire disparaître les bergers",
avait ajouté le prévenu, absent lundi à la lecture de l'arrêt,
tout comme il l'avait été le 21 janvier dernier à l'audience
d'appel.
Depuis 1992, partisans et opposants s'affrontent sur la présence des
loups dans les Alpes-Maritimes. Pour les premiers, ils sont venus "naturellement
en provenance d'Italie". Pour les bergers qui leur attribuent les attaques
contre leurs troupeaux, ils ont été introduits "de façon
intentionnelle".
La cour a également confirmé lundi le versement d'un "euro symbolique"
à France Nature Environnement (FNE) et à l'Association pour la
protection des animaux sauvages (ASPAS) et a ordonné la publication du
jugement dans le quotidien Nice-Matin.
Dans un communiqué, le mouvement écologique indépendant
(MEI), partie civile, a salué le "signal sans ambiguité en
direction de tous les tenants de l'éradication du loup et autres utilisateurs
de poison".
"Une fois de plus, la justice n'a pas voulu prendre en compte la situation
de désespoir dans laquelle il (M. Poguntke, ndlr) se trouve. Depuis neuf
ans, il subit des attaques de loups, il était en état de nécessité",
a rétorqué le porte-parole de la Confédération paysanne,
Jean-Emile Sanchez, venu à Aix.
Selon M. Sanchez, le berger "a voulu alerter les pouvoirs publics, mais
l'Etat a montré son incompréhension et son autisme. On nous dit
qu'il faut protéger la biodiversité, mais il n'y a pas de biodiversité
sans pastoralisme".
Me Jean-Louis Keita, avocat du berger, a indiqué de son côté
que son client "se réservait le droit de se pourvoir en cassation".
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