Page dernièrement modifiée le Samedi 15 Mars 2003

EMPOISONNEMENT D'UN LOUVETEAU DANS LE MERCANTOUR - 21/11/2002

Le 29 Août 2002, un garde-moniteur du Parc National du Mercantour avait trouvé fortuitement un cadavre d'un louveteau, aux environs de Saint-Martin-Vésubie. La dépouille avait été congelée puis transportée au laboratoire vétérinaire départemental des Hautes-Alpes (situé à Gap), pour autopsie. L'expertise a identifié un mélange de substances insecticides et de produits anesthésiants à l'origine de la mort de l'animal.

L'affaire avait été relevé par France Nature Environnement (FNE), le 19 Novembre, dans un communiqué. Mais ce n'est que le 21 Novembre que le Ministère de l'Ecologie a officiellement confirmé l'empoisonnement.

Ce jeune louveteau femelle selon le ministère était en parfaite santé lors de sa mort et âgé de 3 mois. Les associations de protection de la nature craignent pour le reste de la meute, sédentarisée entre les vallées de Vésubie et de Tinée et dont 2 individus seulement avaient été récensés durant l'hiver 2001/2002. En effet, à cet âge, il n'était pas encore autonome alimentairement et il est fortement probable que d'autres membres de la meute (jeunes ou adultes) aient péri empoisonné. Pourtant cette reproduction était de bonne augure pour l'avenir de l'espèce en France.

FNE a dénoncé "la sale besogne effectuée, sans vergogne ni entrave, par des opposants au loup". Depuis 1995, au moins 5 loups ont péri dans le Parc (3 par empoisonnement, 1 par tir à la chevrotine et 1 par collision avec un véhicule) et 10 sur tout l'arc alpin français (4 dans les Hautes-Alpes et 1 en Isère). Ce recours au fusil et à l'anti-coagulant expliquerait à eux-seuls la diminution de la population du Mercantour, passée de 19 à 12 individus en quelques années.

Ce recours au poison menace plusieurs autres espèces de prédateurs et de charognards, tels le renard, l'aigle royal et le gypaète barbu, grand vautour charognard en cours de réintroduction dans le Parc. De plus, comme l'a souligné le Ministère, l'utilisation de poisons dans la nature "est susceptible de présenter un risque certain pour les humains, en particulier pour les jeunes enfants". FNE a quant-à-elle affirmée que "les randonneurs qui manipuleraient par mégarde un appât courent un risque mortel".

D'ores et déja "Le ministère (...), considérant la gravité d'un tel acte, commis dans le cadre d'un espace national protégé, a demandé au préfet du département de porter plainte" indique son communiqué. France Nature Environnement et le Parc National du Mercantour vont également déposer plainte.

Pour de tels actes, qualifiés pénalement de "destruction d'espèce protégée", deux éleveurs de la vallée de la Roya ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel de Nice, dans une affaire similaire.

Sources :

  • La Gazette des Grands Prédateurs n°7 (février 2003).
  • France Nature Environnement.
  • Site internet du Groupe Loup France.

Copyright © 2001-2007 - Mathieu Krammer - Tous droits réservés


Retour vers l'index

Retour vers la page d'accueil