Page créée le 1er août 2004 - Page dernièrement modifiée le Samedi 7 Août 2004

LES TIRS DE LOUPS "OFFICIELS" SONT IMMINENTS - 01/08/2004

Ils peuvent avoir lieu à tout moment puisque les préfets concernés ont pris les arrêtés autorisant des tirs dans les zones suivantes :

  1. Alpes maritimes (06) : l’arrêté préfectoral concernerait le tir de 2 animaux dès le 2 août. La zone de tirs concerne toute la Tinée jusqu'aux bordures du Cians sur les communes de : Thiery, Lieuche, Pierlas, Beuil, Roubion, Roure, Rimplas, Ilonse, Peone, Saint-Sauver-sur-Tinée, Isola, Saint-Etienne-de-Tinée et Saint-Delmas-le-Selvage.
  2. Hautes Alpes (05) : l’arrêté préfectoral pris ce samedi 31 juillet par le préfet Joël Tixier autorise, à partir du 2 août, le tir d’un animal dans le Dévoluy (limites de la zone concernée : au nord et à l’ouest, les limites des départements de la Drôme et de l’Isère et, à l’est, la RN 85 Gap-Grenoble, ainsi que les RD 993 et RD 994 au sud du département). Le dispositif mis en place par l’ONCFS du département autoriserait également les lieutenants de louveterie à participer.
  3. Alpes de Haute Provence (04) : l’arrêté préfectoral a été pris le vendredi 30 juillet et mis en vigueur le jour même pour le tir d’un animal dans les zone du Haut-Verdon et de Basse-Ubaye sur les communes de : Allos, Beauvezer, Colmars, Villars-Colmars, Thorame-Basse, Thorame-Haute, Prads, Méolans Revel, les Thuiles et Uvernet. Les lieutenant de louveterie assistent aussi les agents de l’ONCFS.

L'association FERUS propose des opérations éventuelles de patrouille sur les lieux de tirs pour essayer d'éviter la mort de loup. Pour plus d'informations, visitez le site internet de FERUS : www.ours-loup-lynx.info

Par ailleurs, elle invite tous les randonneurs à observer la montagne et à signaler tout élément suspect dans les zones concernées par ces arrêtés : une voiture stationnant tard le soir en haute altitude,des gens en tenue de chasse voire en uniforme de garde montant vers les alpages, une carcasse de brebis laissée comme appât, des troupeaux dont les habituels chiens de protection ont été retirés ...

Mais ailleurs, il ne faut pas baisser la garde et veiller comme toujours aux signes d’usage de poison, guetter les battues illégales toujours possibles.

FERUS rappelle que ces tirs de loups ne sont pas compatibles avec l’état actuel de conservation de l’espèce en France et sont donc à ses yeux parfaitement illégaux. Il stigmatise le fait que les arrêtés préfectoraux autorisent des tirs dans des lieux ou la totalité des mesures de prévention et de protection n’a pas été mise en oeuvre, contrairement aux propos du ministre de l’Ecologie. Il dénonce le recours envisagé à des chasseurs privés, les lieutenants de louveterie, là encore en contradiction avec la promesse de n’utiliser que des agents publics.


" Loup : Comme Ponce Pilate, le Gouvernement se lave les mains

Lors de sa conférence de presse du 19 juillet sur le loup, le ministre de l'Ecologie Serge Lepeltier s'est voulu raisonnable et rassurant bien que les mesures annoncées pouvaient conduire à la destruction, cette année, de 10 % d'une espèce protégée dans le seuil de viabilité n'est pas atteint. La fédération France Nature Environnement s'était félicitée des points positifs de ce discours qui conditionnait les tirs éventuels à des attaques récurrentes et à la mise en place préalable des moyens de protection des troupeaux.

Les conditions avancées lors de ce discours sont aujourd'hui niées sous la pression d'une branche extrême de la corporation, de certains élus locaux et du ministre de l'Agriculture. Les arrêtés préfectoraux qui viennent d'être pris ne s'apparentent plus à des tirs en dernier recours mais bel et bien à des tirs de régulation de l'espèce. Le raisonnement ne se fait plus à l'échelle d'un alpage et de la gestion d'un troupeau pouvant être mis en difficulté par les attaques du prédateur mais à l'échelle d'une douzaine de communes par département avec une dilution complète du principe de prévention.

Le sort du loup est renvoyé aux élus locaux comme le bonus-malus automobile a été renvoyé au vote du Parlement et à l'Europe.

C'est pourquoi, France Nature Environnement a décidé de déférer ces arrêtés préfectoraux devant le tribunal administratif.

Elle en appelle aussi aux gardes chargés d'exécuter ces tirs politiques : s'ils ont un loup dans la ligne de mire de leur carabine à répétition qu'ils sachent bien que ce geste irréversible ne sera pas celui qui solutionnera les problèmes de fond de la filière ovine ni la question de la cohabitation - que nous avons toujours défendue - entre le pastoralisme et le loup

Christophe Aubel, Administrateur de FNE et responsable de la Mission Loup "


L'Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS) a annoncé l'envoi mercredi (04/08/2004) d'un recours en suspension et d'un recours en annulation contre chacun des trois arrêtés préfectoraux autorisant l'abattage de quatre loups dans les Alpes.

Les recours envoyés par fax et par courrier recommandé aux tribunaux administratifs de Nice pour les Alpes-Maritimes et de Marseille pour les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence, et donc l'AFP a reçu une copis, dénoncent "le refus du préfet (...) de ne pas autoriser la destruction de loups sur son département".

L'association demande d'ordonner la suspension en référé des arrêtés : "les destructions sont imminentes", et l'exécution de ces arrêtés "consistant à abattre une espèce protégée au niveau national, européen et international, une annulation a posteriori ne permet pas de réparer les destructions illicites déjà opérées".

Le 20 juillet, au lendemain de l'annonce du plan loup, l'association avait adressé aux trois préfets un recours précontentieux leur demandant de n'autoriser aucune destruction de loup. Les trois arrêtés préféctoraux sont donc pour elle une réponse négative.

(Dépêche AFP du 04/08/2004)

Sources :

  • Dépêche de l'Agence France Presse du 4 août 2004.
  • Site internet de France Nature Environnement.
  • Site internet de FERUS - Juillet 2004.

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