Page mise en ligne le 23 Juillet 2005 - Page dernièrement modifiée le Lundi 16 Janvier 2006

LE RESEAU LOUP ET LES METHODES DE SUIVI DE LA POPULATION

Nous parlerons du Réseau Loup, qui permet le suivi de la population de loups dans les Alpes françaises, à travers plusieurs paragraphes :

Pour savoir quoi faire en cas d'observation de loup(s) ou d'un indice de présence, voir : Que faire en cas d'observation ?


PRESENTATION DU RESEAU

Dans le Parc national du Mercantour, le suivi du loup est assuré, depuis l'arrivée des premiers loups en 1992, par les gardes et agents du Parc dans le cadre de leurs missions.

Mais, l'extension géographique des meutes de loups sur l'ensemble de l'arc alpin français, en dehors du Mercantour, a nécessité l'instauration dès 1993 d'une structure de suivi à l'échelle nationale : le "Réseau Loup".

Son but premier est le suivi de la répartition du loup du loup en France. Cette structure adminstrative et technique, coordonné par l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage est opérationnelle sur 9 départements alpines et préalpins : Alpes-Maritimes, Alpes-de-Haute-Provence (1994), Hautes-Alpes (1997), Savoie, Isère, Drôme, Haute-Savoie (1998), Var (2001), Ain (2003) ; ainsi que dans 3 départements pyrénéens : Pyrénées-Orientales, Aude et Ariège (2006).

L'animateur régional du Réseau de la région PACA est Yannick Léonard ; celui de la région Rhône-Alpes est Pierre-Emmanuel Briaudet et les animateurs du Réseau pour les Pyrénées et le Massif Central sont Perrine Moris et Alain Bataille.

Ce réseau comprend plus de 450 correspondants, parmi lesquels :

81% des correspondants sont des agents de l'Etat des ministères chargés de l'environnement (ONCFS, ONF, Parcs Nationaux...), de l'agriculture (DDAF...) et de la défense (Gendarmerie...) ainsi que des agents des parcs naturels régionaux. Les 19 autres % sont des particuliers de tous horizons (naturalistes, chasseurs, éleveurs, bergers, accompagnateurs en montagne).

Pour être plus précis, il n'est pas bon de parler du "Réseau Loup", puisque dans les Alpes le "Réseau Loup" et le "Réseau Lynx" ont fusionné en 2000 suite à l'apparition de ce dernier prédateur dans ce massif. La nouvelle structure du suivi des grands prédateurs dans les Alpes s'appelle désormais le "Réseau Grands Prédateurs - Loup Lynx".

Dans les Pyrénées, tout prochainement le "Réseau Ours" et le tout nouveau "Réseau Loup" fusionneront au sein d'une nouvelle structure, semblable au "Réseau Grands Prédateurs" alpin, le "Réseau Grands Prédateurs - Ours Loup".

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SUIVI EXTENSIF dit PATRIMONIAL

La surveillance de l'aire de colonisation du loup à grande échelle (superficie de plus de 2 millions d'hectares dans les Alpes) est réalisée de façon extensive par l'ensemble des correspondants du Réseau Grands Prédateurs, à travers la collecte d'indices de présence (observations visuelles, traces, restes de proies sauvages ou domestiques, crottes, urines...) sous forme de fiches (traîtées par l'ONCFS) et à travers le constat de dommages sur le cheptel domestique.

La vérification technique de chaque indice est faite par le biais d'une "fiche indice", validée de façon standardisée par le responsable national, sur la base de la convergence des élements techniques fournis, pour conclure à la fiabilité : "probable", "douteux", "non confirmé" ou "invérifiable".

Une base de donnée nationale centralise les informations à l'ONCFS et un relais local pour le maintien de cette base est opérationnel au Parc National du Mercantour.

Parallèlement, les indices tels que excréments, urines et poils, récoltés par les correspondants sur les nouvelles zones de présence suspectées (apparition de dommages ou observations visuelles non confirmées), sont envoyés prioritairement en expertise génétique. Ces sessions d'analyse ont pour objectif d'identifier la présence au moins temporaire de l'espèce sur une nouvelle zone. Pour cela, voir le paragraphe : Analyses génétiques.

Enfin, le Réseau Grands Prédateurs a pour mission de vérifier la pertinence des observations et autres indices collectés par des tiers.

Pour la cartographie de l'aire de répartition de l'espèce, seuls les indices "certifiés" (par la génétique) ou "probables" sont utilisés. Ces derniers indices sont répartis en 3 classes de pertinence décroissantes :

Les représentations cartographiques de l'aire de présence de l'espèce sont réalisées sur la base de l'unité communale. Cette représentation a été préférée à une représentation par point (données brutes) pour mettre en valeur les évolutions annuelles de l'aire de répartition, indépendamment de la pression de récolte des indices.

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SUIVI SYSTEMATIQUE HIVERNAL

La connaissance de la dynamique des populations fait appel à un second niveau de surveillance basé sur une échelle plus réduite (400 à 500 km²) et qui permet un suivi intensif. Sur chaque Zone de Présence Permanente, définie par le suivi intensif, un groupe de travail technique local est créé afin d'assurer le suivi de cette zone (nombre d'individus, territoires...).

Le suivi systématique, au travers d'une série de circuits parcourus chaque hiver (48 heures après une chute de neige), permet surtout d'organiser la pression d'observation sur un massif, pour différencier les zones réellement sans loup, des zones sur lesquelles l'absence d'indices proviendrait surtout d'une carence d'effort de prospection. De plus, un protocole systématique de recherche augmente les chances de trouver des indices (traces) et des échantillons biologiques.

Pour conclure sur les objectifs de ce suivi systématique intensif, ils sont triple :

Pour les relevés des tailles des groupes, la période de novembre à mars est retenue car c'est la période de cohésion sociale des meutes la plus forte. La probabilité d'observer le groupe entier est plus forte en hiver qu'au printemps (dispersion), en été (présence des jeunes) ou en automne (dispersion).

Ces derniers hivers, l'effort dans le suivi systématique est en diminution, notamment à cause de la qualité des conditions météorologiques qui permettaient peu de journées bien exploitables pour la lisibilité des traces. Ces diminutions sont, plus ou moins partiellement, compensées par le "suivi Réseau" aléatoire.

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SUIVI SYSTEMATIQUE ESTIVAL

L'objectif du suivi estival est de détecter les épisodes de reproduction au sein des groupes de loups identifiés par le travail de prospection hivernal du Réseau.

Pour cela, il convient de :

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ANALYSES GENETIQUES

La technique dite "de génétique non invasive" repose sur la détection d'une espèce et/ou d'un individu à partir d'échantillons laissés sur le terrain (excréments, poils, urines), sans capturer physiquement l'animal. Cette technique a été choisie comme outil complémentaire au suivi indirect de la population lupine. Mais elle ne reste qu'un outil. Ainsi, si seule la génétique avait été employée pour suivre le loup en France, seuls 10 % de l'aire de répartition actuelle connue auraient été mis en évidence.

La mise au point des marqueurs, développée par le Laboratoire d'écologie alpine de Grenoble, a fait l'objet d'un travail de thèse, permettant l'identification de l'espèce et de la lignée (séquençage de l'ADN mitochondrial) et la discrimination des individus.

L'utilisation de la biologie moléculaire vise donc :

Les résultats issus de ces analyses génétiques, sur les voies de colonisation, la distinction des unités sociales, la taille de la population... seront présentés dans la page : Statut et effectif de la population alpine.

La prochaine étape sera d'essayer d'établir un lieu de parenté entre les individus (en remontant une à deux générations) afin de décrypter le scénario de la colonisation et les relations entre les meutes. De plus, la combinaison des méthodes de détermination génétique individuelle française, italienne et suisse va permettre de relier les identités des animaux par leurs liens de parenté à l'échelle de l'arc alpin. Cependant, avant de donner des résultats concrets, cette technique nécessitera plusieurs années de travail méthodologique entre les trois pays des Alpes occidentales.

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Sources :

  • Quoi de Neuf ? n°11 (juin 2004), n°12 (décembre 2004), n°13 (juin 2005) et n°14 (décembre 2005) - Bulletin d'Information du Réseau Loup - ONCFS
  • "Rapport final d'activités du programme LIFE - Le retour du loup dans les Alpes Françaises - Juillet 1999-Mars 2004"
  • "Compte rendu du suivi hivernal du loup sur l'arc alpin français - Hiver 2003/2004" - ONCFS
  • "Compte rendu du suivi du loup sur l'arc alpin français - Hiver 2002/2003 et été 2003" - Réseau Grands Prédateurs (ONCFS)
  • Bulletin d'information du Programme Life Loup n°12 (Deuxième semestre 2002 - premier semestre 2003).
  • "Rapport intermédiaire d'activités du programme LIFE - Le retour du loup dans les Alpes Françaises - Année 2002".
  • "Compte rendu sur le suivi hivernal des meutes de loup sur l'arc alpin français- Hiver 2000-2001" - Programme LIFE Nature.
  • "Rapport final 1997-1999" -Programme LIFE Nature.

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