Page dernièrement modifiée le Jeudi 31 Juillet 2008

MENACES PESANT SUR LE LYNX ET MESURES DE CONSERVATION

Nous parlerons donc des menaces qui pèsent sur le lynx boréal et des solutions mises en oeuvre pour lutter contre, à travers deux paragraphes :

 


MENACES

Même si lynx est en expansion en France que ce soit dans les Vosges, les Alpes ou le Jura, de nombreuses menaces pèsent sur ce félin.

Jeune lynx. Ses chances de survie dans la nature actuelle sont de plus en plus réduites...

Photo : © Maurice Chatelain - www.sable-et-glace.com

A long terme, la consanguinité est une menace sérieuse.

Les lynx à l'origine des populations actuelles sont fort peu nombreux : 8 à 10 dans le Jura, 10 dans les Vosges (car les 11 autres animaux réintroduits ont diparu avant d'avoir pu participer à la fondation de la population) et un minimum de 15 félins dans les Alpes. Tous les animaux d'aujourd'hui sont donc des descendants de ces quelques lynx. Ces petites populations ont donc connu un fort goulot d'étranglement génétique, ce qui peut poser des problèmes de consanguinité à long terme.

Parallèlement, la fragmentation des ensembles forestiers par des zones urbanisées et des infrastructures de communication (routes, autoroutes, chemins de fer, canaux...) est un problème encore plus général et plus vaste qui concerne l’ensemble des populations de lynx boréal d’Europe Occidentale. Les possibilités de dispersion donc d’échanges d’individus entre noyaux de population se trouvent réduites voire complètement annihilées. En France, ce problème se rencontre entre les Vosges du Nord et les Vosges du Sud, entre les Vosges du Sud et le Jura ainsi qu’entre plusieurs massifs des Alpes.

Les autres menaces sont dues, directement ou indirectement, à l'homme. La première semble être le trafic routier et ferrovière. Les lynx, en effet, ne répugnent pas à traverser les routes, autoroutes et voies de chemin de fer. De nombreux félins, des jeunes surtout mais des adultes aussi, en sont ainsi victimes chaque année. Cette menace semble être de plus en plus importante et il faudra trouver une solution car elle pourrait menacer à long terme les populations de lynx.

Après les collisions, la plus importante menace est le braconnage : dans tous les massifs (à l'exception des Alpes pour l'instant), des cas de lynx braconnés sont recensés chaque année, parfois par ignorance mais souvent par vengeance. Attention, l'absence de cas de braconnage avéré ne veut pas dire qu'il n'y en a pas ! Dans le massif des Vosges surtout, la fédération des chasseurs du Haut-Rhin a été contre la réintroduction et une partie des chasseurs sont actuellement toujours contre la présence du lynx (à la différence de la fédération des chasseurs du Bas-Rhin, plus tolérante vis-à-vis du félin, qui participe d'ailleurs au suivi dans le cadre du Réseau Lynx). Certains pensent, encore et toujours, que les lynx sont nuisibles pour les ongulés et le grand-tétras. Les études ont montré que c'est totalement faux et que l'animal est même bénifique pour le gibier sauvage (il le rend plus endurant et élimine les individus faibles et malades) et pour la forêt (le lynx disperse les animaux qui causent moins de dégâts aux arbres). De plus, la tendance conjoncturel à la baisse des populations d'ongulés sauvages s'observent partout, y compris dans des secteurs où le lynx est absent. Malheureusement, les croyances sont tenaces...

Le poison et les pièges sont également nocifs pour l'espèce même si ces dangers sont plus ponctuels et moins courants.

Les nombreux cas de malnutrition ou d'épuisement concernent de jeunes juvéniles. Dans la grande majorité des cas, il s'agit d'orphelins. Ceci signifie que leurs mères sont mortes, très certainement de collisions, de braconnage ou d'empoisonnement.

Entre 1974 et 2004, 92 lynx ont été trouvés morts en France : 78 dans le massif du Jura, 7 dans celui des Vosges et 7 dans les Alpes. Les causes de mortalité n'ont pas encore été archivées informatiquement.

Par contre, entre 1974 et 2002, 115 lynx ont été trouvés morts sur l'ensemble du massif jurassien (78 en France et 37 en Suisse). 5 individus sont morts de causes naturelles, 7 lynx ont été trouvés orphelins et 17 individus de mort inexpliquée. Au contraire, l'homme est responsable des 86 autres cas, soit 75%. Il s'agit surtout du traffic routier (43 cas), du braconnage (19 cas), de prélèvements officiels (14 cas), d'accidents (4 cas), de collisions ferroviaires (3 cas), d'empoisonnements involontaires (2 cas) et d'un cas autre.

Fin 2007, 117 cas de mortalité ou de capture accidentelle étaient recensés en France. Un bilan sera réalisé en 2009 par le Réseau Lynx de l'ONCFS, car il semble qu'il y ait des liaisons significatives sur le plan statistique entre le sexe, l’âge des animaux, la cause de mort et/ou de capture et même les saisons...

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MESURES DE CONSERVATION

Tout d'abord, au niveau de l’Union Européenne, le lynx boréal est inscrit aux annexes II, III et IV de la Directive Habitats. Au niveau national, le lynx boréal est protégé par la loi du 10 juillet 1976 sur la protection de la nature et l’arrêté ministériel du 17 avril 1981 relatif aux mammifères.

Pour éviter le braconnage, il faut sensibiliser les chasseurs. Si cette tâche semble difficile dans le Haut-Rhin, elle semble porter ses fruits dans le Jura et le Bas-Rhin. Les chasseurs peuvent même devenir des correspondants du Réseau Lynx (voir : Réseau Lynx) et participer ainsi à l'étude de la répartition du lynx en France.

La création de tunnels ou de ponts pour la faune, en dessous ou au dessus de routes ou d'autoroutes, serait la meilleure solution pour limiter les collisions. En plus, ces installations bénéficieraient à d'autres animaux, tels que cerfs, chevreuils, sangliers, blaireaux et autres petits animaux, qui causent de nombreux accidents sur les routes chaque année. Un tel projet est à l'étude au niveau de l'autoroute A4, au col de Saverne qui fait la jonction entre les Vosges du Nord et les Vosges moyennes et du Sud. Mais il manque des financements pour ce projet.

Enfin, il faudrait réinjecter quelques individus (2, 3 ou plus) dans les populations qui sont le plus exposées à la consanguinité (dans les Vosges notamment). Si la volonté politique semble inexistante en France pour opérer de nouveaux lâchers, le ministère de l'Environnement et des forêts de Rhénanie-Palatinat (Allemagne) a décidé de renforcer la population de lynx du Palatinat (en connexion avec les Vosges du Nord en France) dans les prochaines années. En Suisse, une opération en cours consiste à transférer 5 lynx des Alpes vers le Jura, afin de diversifier le potentiel génétique de la population jurassienne. Deux mâles ont déjà été lâchés dans le Jura suisse et l'un d'eux s'est installé sur le versant français.

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Sources :

  • Raydelet P. (1999). Lynx - L'histoire du plus mystérieux des félins - Son retour dans le Jura.
  • Raydelet P. (2003). Lynx. Editions Aéropage.
  • Raydelet P. (2006). Le lynx boréal. Collections Les sentiers du naturaliste. Editions Delachaux et Niestlé.
  • Réseau Lynx. Bulletins d’information n°1 à 14, ONCFS.

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