Page mise en ligne le 4 Août 2008 - Page dernièrement modifiée le Lundi 4 Août 2008

LES METHODES MISES EN OEUVRE PAR LE RESEAU LYNX POUR LE SUIVI DES POPULATIONS

Extrait de l'article : "Le suivi du statut de conservation de la population de lynx en France : Bilan pour la période triennale 2005-2007" du Bulletin d'information du Réseau Lynx N°14 - 2008.

Source des données : Réseau Lynx & Réseau Grands Carnivores

Rédaction : E. Marboutin, C. Duchamp, J. Boyer, P. Moris, Y. Léonard, M. Catusse, P-E. Briaudet, P. Migot / ONCFS

"

A- Le contexte général

A-1. Une évaluation nationale, déclinée sur bases biologiques au plan « régional »

Suite au retour de l’espèce sur le territoire français à partir des années 75-80, le Ministère en charge de l’Environnement a confié à l’ONCFS la mission d’organiser le suivi de la population de lynx, et des dégâts occasionnés au cheptel domestique. Ce suivi, conduit sur toute l’aire de répartition, vise à renseigner le statut global de conservation de l’espèce en France. L’analyse est également déclinée à l’échelle de chaque massif oro-géographique (Alpes, Jura, Vosges) pour tenir compte des spécificités spatiales de dynamique des populations de Lynx (cf. § infra). Par ailleurs, ce suivi s’intègre activement au niveau international, dans le groupe de travail « SCALP » (Status & Conservation of Alpin Lynx Populations ; www.kora.unibe.ch/en/proj/ scalp), pour ce qui est de la contribution française au suivi du statut de l’espèce sur l’arc alpin, ou bien encore dans le cadre du programme ELOIS (Eurasian Lynx Online Information System ; www.kora.unibe.ch/en/proj/elois/ online).

A-2. Les noyaux de population

[...]

B- Les méthodes mises en oeuvre

Préambule :

Les recherches réalisées à l’ONCFS par suivi télémétrique de lynx dans les années 1980- 1995 ont permis de déterminer des paramètres clés, comme l’estimation des domaines vitaux, l’organisation sociale entre les individus ou les relations avec les types d’habitats. Depuis 1988 le suivi extensif à grande échelle de l’expansion de l’espèce est effectué par le Réseau, et la caractérisation de son statut de conservation repose essentiellement sur l’analyse d’autres indicateurs pertinents pour une espèce territoriale, notamment les indicateurs liés au processus de colonisation spatiale.

 

L’Oncfs a donc mis en oeuvre des méthodes indirectes qui visent non pas à recenser directement des individus, mais à collecter de façon standardisée le plus possible d’indices liés à la présence de l’espèce (observation par corps, proies sauvages et domestiques, empreintes….etc.). Pour ce faire, un réseau de « correspondants lynx » (environ 1000 personnes, dont ceux du Réseau Grands Carnivores Loup-Lynx sur le massif alpin), préalablement formés par l’Oncfs, a été constitué afin d’exercer une pression d’observation sur l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce. Les informations ainsi recueillies via les Ddaf (opérateurs logistiques du Réseau) sont validées et gérées par l’Oncfs, qui en réalise ensuite la synthèse.

B-1. Evolution de l’aire de distribution

Tous les indices de présence collectés par les correspondants de terrain à l’échelle nationale sont localisés dans l’espace selon le référentiel Lambert II étendu (carroyage couvrant l’ensemble du territoire national) et validés selon une méthode standardisée par l’équipe en charge du suivi de l’espèce (accréditation « confirmée, probable, douteuse, non confirmée, non vérifiable ») .

Une cartographie triennale des indices confirmés et probables permet de « lisser » les effets des aléas de découverte de ces indices et de suivre la progression de l’espèce. Les constats d’attaque au cheptel domestique font l’objet de formulaires spécifiques permettant l’identification de la cause de mortalité (conclusion « lynx confirmé, probable, douteux, non confirmé, invérifiable) et conduisent à l’indemnisation de l’éleveur victime de l’attaque le cas échéant. Chaque donnée validée est reportée au centre d’une maille élémentaire de 3 km de côté (cf encart 1), puis cette maille est dupliquée jusqu’à obtenir une zone de présence attribuée à chaque indice de 9 x 9 km autour de l’indice, soit environ 80 km2 de présence (soit 1/3 à 2/3 d’un domaine vital d’adulte). Ce maillage a été calibré par comparaison des aires détectées par télémétrie dans le Jura français (lynx équipés de colliers émetteurs), aux aires renseignées par la collecte d’indices de présence liés à ces mêmes animaux (activité des correspondants du Réseau Lynx) : méthodologiquement parlant, cette étape de détermination de l’aire de présence détectée, est à considérer comme une validation de l’aptitude du Réseau à renseigner la présence de l’espèce.

B-2. Régularité de la présence de l’espèce

En plus de l’évolution de l’aire de présence détectée, la régularité de la présence de l’espèce dans un site donné constitue un autre indicateur du statut de conservation de l’espèce. Ainsi, 3 niveaux sont distingués :

Les aires de présence les plus importantes pour l’évaluation du statut de l’espèce sont celles dites de présence régulière (témoin de la partie stabilisée de la population) et récente (témoin de la colonisation potentielle de nouvelles zones). L’historique de présence de l’espèce est analysée à l’échelle de chaque maille élémentaire de 3 x 3 km.

"


Retour vers l'index

Retour vers la page d'accueil