Page mise en ligne le 13 Novembre 2005 - Page dernièrement modifiée le Dimanche 13 Novembre 2005

VIE ET BIOLOGIE DE LA BELETTE

Nous parlerons donc de la vie et de la biologie de la belette, à travers plusieurs paragraphes :

 


DESCRIPTION

La belette fait partie de la famille des mustélidés. Il s'agit du plus petit carnivore d'Europe.

Belette au milieu de souches et de rochers dans les Pyrénées.

Photo : © Hubert Basle - passion.mammiferes.perso.cegetel.net/

Le mâle est légèrement plus long que la femelle mais il est par contre beaucoup plus lourd. La longueur de la belette est comprise entre 20 et 35 cm, dont 5 à 10 pour la queue. Si le poids de la femelle est d'environ 60 g, il est généralement d'une centaine de grammes chez le mâle (pouvant atteindre exceptionnellement 150 g).

A l'inverse de l'hermine, la belette est plus grande et lourde à mesure que l'on se dirige vers le sud de son aire de répartition.

La belette possède un corps souple, mince et cylindrique, de courtes pattes, des oreilles arrondies et peu saillantes. En bref, cet animal est parfaitement adaptée pour chasser les rongeurs dans leurs galeries grâce à son corps vermiforme.

La belette possède un pelage de couleur marron clair sur le dos et de couleur blanche sur la partie ventrale, nettement limitée.

Souvent confondue avec l'hermine, la belette s'en distingue donc par sa taille nettement inférieure, par son poids inférieur de trois fois, par sa queue entièrement brune (à la différence de l'hermine dont le bout de la queue est noir toute l'année), par la présence de taches foncées dans la partie claire de la joue, ainsi que par la ligne de démarcation entre le dos et le ventre : sinueuse chez la belette ; rectiligne chez l'hermine.

Pendant la chasse, la belette utilise principalement son odorat, notamment lorsqu'elle suit les campagnols jusque dans leurs galeries. Mais c'est d'avantage la vue et l'ouïe qui interviennent lors de la capture proprement dite.

La compétition alimentaire existe avec l'hermine. Chez les oiseaux, les principaux prédateurs de la belette sont l'aigle royal, la buse variable, le grand-duc d'Europe, ainsi que les chouettes effraie et hulotte. Chez les mammifères, le renard et les chats domestique, haret et sauvage sont les plus dangereux.

La longévité potentielle de la belette serait d'environ 8 ans. Les effectifs présentent des fluctuations cycliques et régulières, dont l'amplitude et la période dépendent du cycle de ses principales proies : les petits rongeurs. Les courbes de variation des effectifs des deux espèces se suivent parfaitement avec un décalage d'un an. Lorsque les populations de campagnols surtout se réduisent fortement, les belettes ne se reproduisent plus et certaines peuvent même mourir de faim.

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MODE DE VIE

La belette se déplace par sauts chaloupés. Comme l'hermine, elle se dresse souvent à la verticale, sur ses pattes arrières, pour observer son territoire et d'éventuels prédateurs.

Elle est très bonne grimpeuse et n'hésite pas à monter dans les arbres pour piller les nids. Par contre, bien qu'elle soit bonne nageuse, elle ne poursuit jamais une proie dans l'eau.

Si elle possède un rythme d'activité partiellement diurne, la belette est plus nocturne que l'hermine.

Elle se gîte dans toutes sortes de cachettes : fissures dans les murs, tas de pierres, souches creuses, tas de bois, trous d'arbres creux, tanières de campagnols... En tout cas, elle ne creuse pas elle même de terrier. La belette se sert des ces gîtes pour élever ses jeunes bien sûr, mais aussi pour se reposer et stocker de la nourriture.

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BIOTOPE ET DOMAINE VITAL

La belette est présente partout en France et colonise tous les types de milieux.

Elle affectionne tout particulièrement les lisières des forêts, les petits bois, les fourrés, les landes, les rives de cours d'eau, les bocages, les haies ou les vignes. Contrairement à l'hermine, on la rencontre aussi dans les régions méditerranéennes, dans les parcs et jardins et parfois même en ville. En période de grand froid, elle aurait tendance à se réfugier dans les forêts.

En altitude, la belette ne semble pas fréquenter les mêmes habitats que l'hermine. Si elle monte jusqu'à la limite supérieure des arbres, soit 2000 mètres environ, elle reste rare à plus de 1600-1700 mètres d'altitude.

Territoriale, la belette est solitaire. Le domaine vital d'un mâle serait compris entre 5 et 8 ha. Celui d'une femelle est beaucoup plus restreint. Enfin, les femelles sont beaucoup plus casanières que les mâles qui n'hésitent pas à parcourir de longues distances à la recherche de femelles lors du rut.

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NOURRITURE ET TECHNIQUE DE CHASSE

La belette est un prédateur spécialiste, à l'inverse du renard ou de la martre qui sont des carnivores généralistes. En effet, le base de son alimentation est constituée de micro-mammifères.

Bien qu'il s'agisse du plus petit carnivore d'Europe, la belette n'hésite pas à s'attaquer à des proies plus grosses qu'elle, tels que les lièvres, les lapins ou les rats. Mais ces animaux sont tout de même rarement capturés. En effet, la base de son alimentation est constituée de rongeurs - tels que les souris, les mulots ou les campagnols - et de musaraignes. La belette est "effectivement inféodée aux petits rongeurs et, en particulier, sous nos contrées, au campagnol des champs… Les petits rongeurs représentent presque la totalité des proies consommées (58 à 99 %)." Bulletin mensuel n° 98 de l'Office National de la Chasse.

A l'occasion, elle ne dédaigne pas taupes, oiseaux, oeufs, reptiles (y compris des vipères), amphibiens, mollusques, insectes ou fruits.

D'ailleurs, son rôle de chasseur de souris lui valait autrefois toute la considération des humaines et cet animal, dont le nom provient de "bel" (beau), aurait joué le rôle d'animal de compagnie chez les grecs anciens avant l'arrivée du chat domestique.

A l'instar de l'hermine, la belette entasse souvent ses proies dans un de ses gîtes. Il n'est pas rare de trouver 8 à 10 petits rongeurs dans un de ceux-ci.

La belette ne chasse pas à l'affût. De jour comme de nuit, elle explore de manière intensive les secteurs de son domaine riche en proies, en explorant systématiquement toutes les cavités ou galeries qu'elle rencontre, dans l'espoir de débusquer un rongeur et de le pourchasser ensuite dans sa galerie. Sa morphologie lui permet de se faufiler dans des trous de 2,5 cm de diamètre. Les proies sont tuées d'une morsure à la base du cou.

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REPRODUCTION

Le rut a lieu de mars à mai pour certains ; pour d'autres, il n'y aurait pas de période précise.

Après 7 semaines de gestation, la femelle met bas jusqu'à 10 petits (5-6 en moyenne). Le gîte de mise bas est très varié : fissures dans les murs, tas de pierres ou de bois, souches creuses, trous dans un arbre creux, tanières de campagnols... Le nid est sommairement constitué de mousse et d'herbe. Très sensible au dérangement, la femelle déplace sa portée dès que le nid est perturbé.

La femelle élève seule ses petits. Ils sont sevrés au bout de 4 à 5 semaines, mais leur mère leur procure toujours de la nourriture jusqu'à ce qu'ils sachent chasser, c'est-à-dire vers l'âge de 2 mois. Les jeunes quittent leur mère 3 semaines plus tard, pendant l'été.

Par ailleurs, les jeunes nés au printemps peuvent se reproduirent dès leur premier été.

La fécondité de la belette est importante. La capacité de multiplication maximale de la belette est de 30 jeunes par an (13 chez l'hermine).

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Sources :

  • Faune Sauvage des Alpes du Haut-Dauphiné - Atlas des Vertébrés Tome 1 - Mammifères - Parc National des Ecrins et CRAVE (1994).
  • Dossier du presse du Ministère de l'Environnement - Le retrait de trois espèces de mustélidés de la liste des espèces susceptibles d'être "nuisibles" - Mars 2002.
  • Site internet de la Ligue ROC.

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