Page mise en ligne le 10 Novembre 2005 - Page dernièrement modifiée le Jeudi 10 Novembre 2005

MENACES ET MESURES DE CONSERVATION

Nous parlerons donc des menaces qui pèsent sur la belette et des solutions mises en oeuvre pour lutter contre, à travers deux paragraphes :

 


MENACES

La belette ne semble pas particulièrement menacée dans notre pays à l'heure actuelle.

En Grande-Bretagne, certains auteurs ont conclu à la régression des populations de belette et d'hermine en se basant sur l'analyse des données de piégeage (Harris et al. 1995 , MacDonald et al. 1999), mais ces analyses ont été remises en cause par McDonald & Harris (1999) car l'effort de piégeage, qui avait diminué au cours du temps, n'avait pas été pris en compte.

Les raisons expliquant ce déclin éventuel seraient d'origine humaine : piégeage et empoisonnements secondaires, notamment avec l'usage de rodenticides anticoagulants, mais aussi naturelles : diminution du nombre de proies ou prédation "intraguild" par le renard. La belette était considérée comme une espèce "à surveiller" dans l'inventaire de la faune menacée en France (Maurin 1994).

Néanmoins, en France, la belette est une espèce de gibier que l'on peut chasser en période de chasse. Cependant, sont interdits la mutilation, la naturalisation, ainsi que le transport, le colportage, l'utilisation, la mise en vente, la vente ou l'achat, de spécimens morts ou vivants.

Malgré les travaux scientifiques, qui ont prouvé son utilité en agriculture par ses importants prélèvements dans les populations de petits rongeurs, la belette peut encore être classée parmi les "nuisibles" dans certains départements, c'est-à-dire qu'elle peut être traquée en dehors des périodes de chasse, par tir ou piègeage. En 2000, 49 départements n'ont pas classé la belette dans la catégorie nuisible, tous les autres oui ...

Pourtant :

Malgré l'avis des piégeurs et de beaucoup de chasseurs qui nient ces travaux scientifiques, la question de la pertinence du maintien de cette espèce sur la liste nationale des espèces "nuisibles" se pose : "en tant que naturaliste mais aussi chasseur, j'ai proposé son déclassement [de la liste des nuisibles] en me fondant non seulement sur mes nombreuses observations mais surtout sur des études scientifiques…", indiquait J.-L. Barrailler, dans la Revue nationale de la chasse, d'avril 1991.

En effet, son rôle de la belette en tant que prédateur de micromammifères est si positif que sa destruction entraîne des problèmes, car l'absence de prédation profite aux mulots et aux campagnols dont la pullulation est un fléau pour l'économie rurale : "Le fermier qui tend dans les fossés des belettières pour détruire la prétendue vermine est un inconséquent qui extermine ses auxiliaires naturels" (A Brosset, Muséum national d’histoire naturelle).

En fait, la décision de maintenir la belette parmi les espèces classées "nuisibles" se basent sur plusieurs idées reçues complètement fausses selon lesquelles :

Voici la conclusion d'un rapport du Muséum National d'Histoire Naturelle : "La martre, la belette et le putois ont un régime constitué en grande partie de rongeurs. Les attaques sur du gibier ou des animaux d'élevage semblent rares et localisées. La limitation de ces prédateurs ne semble pas jouer un rôle prépondérant dans l'évolution des populations de gibier. En tant que gros consommateurs de rongeurs, ils apparaissent comme d'intéressants auxiliaires de l'agriculture.".

Le seul problème qui peut se poser est directement lié aux lâchers d'animaux d'élevage, incapables de survivre dans la nature, pour les besoins de la chasse. Un prédateur, tel que la belette, cherche à rétablir un équilibre naturel rompu par l'arrivée anormalement massive de faisans d'élevage introduits pour alimenter les chasseurs en "gibier de tir". Ces oiseaux en surnombre n'ont aucune capacité d'adaptation au milieu. Le prédateur, comme c'est son rôle, les élimine.

" Du fait de cette même loi du moindre effort, il est certain que le gibier de repeuplement constitue souvent une proie facile et particulièrement attrayante, d'autant qu'il est habituellement lâché à une époque où les prédateurs sont en quête de ressources supplémentaires pour l'élevage de leurs jeunes. " Plaisir de la chasse - mars 1988

Tous les naturalistes et organisations d'apiculteurs sont formels : il n'y a pas de cas de prédation de la martre sur les ruches. Il existe effectivement quelques cas rarissimes d'utilisation de ruches vides par la martre avec quelques dégâts sur celles-ci, mais c'est tout à fait exceptionnel. Par contre, la martre détruit loirs, lérots et mulots, qui eux causent de nombreux dégâts sur les ruches.

Aucune étude ne montre une prédation importante de ces trois espèces sur les élevages de volailles. A l'occasion, la belette peut éventuellement "voler" quelques poules, mais ces prélèvements restent tout à fait exceptionnels et n'ont lieu que dans des clapiers ou des poulaillers vétustes (planches disjointes, grillage troué, portes disloquées ou fermant mal...).

J.-J. Barloy (Docteur ès sciences) indique que "si elle s'approche des basses-cours, c'est pour capturer les rongeurs attirés par les graines, et non les volailles".

Seule la fouine pourrait avoir (éventuellement) un impact. Cependant, une étude menée par l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) en coopération avec le Comité Interprofessionnel de la volaille de Bresse et les Fédérations Départementales des Chasseurs de Saône-et-Loire et l'Ain ont montré que les mustélidés (en grande partie la fouine) n'étaient responsables que de 2% des poulés tués ou blessés par des prédateurs.

PS : Les "réponses" à chacune de ces fausses affirmations sont tirées d'un rapport du Ministère de l'Environnement datant de mars 2002.

D'après l'ONCFS et l'Union Nationale des Fédérations Départementales des Chasseurs, 10700 belettes ont été tirées en France au cours de la saison de chasse 1997/1998. En 1996/1997, 153318 belettes ont été piégées en France.

Heureusement, il semble que malgré ces importants prélèvements, la belette ne soit pas menacée. Il convient cependant de rester vigilant vis-à-vis d'éventuels signes de raréfaction de l'espèce.

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MESURES DE CONSERVATION

En mars 2002, la belette (ainsi que deux autres espèces de mustélidés : le putois et la martre) avait été retirée de la liste des espèces dites "nuisibles". Elles n'étaient pas pour autant protégées puisqu'elles figuraient toujours sur la liste des espèces autorisées à la chasse pendant la période d'ouverture. Avec les preuves énoncées dans le premier paragraphe, le ministère de l'Environnement expliquait cette bonne décision par l'absence d'impacts économique et sanitaire de ces trois espèces sur les activités humaines.

Cette nouvelle avait été félicitée par tous les naturalistes et associations de protection de la nature. Mais c'était sans compter sur la réaction du monde de la chasse qui obtenait en novembre 2002 (avec la complicité de la ministre de l'époque, Mme Bachelot) la décision de reclasser ces trois espèces sur la liste des espèces nuisibles. La belette peut donc toujours être chassée et piégée, toute l'année, en France.

La principale mesure de conservation à mettre en oeuvre serait donc de retirer, une deuxième fois, la belette de la liste des espèces susceptibles d'être nuisibles.

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Sources :

  • Site internet de la Ligue ROC.
  • Dossier du presse du Ministère de l'Environnement - Le retrait de trois espèces de mustélidés de la liste des espèces susceptibles d'être "nuisibles" - Mars 2002.

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