Page mise en ligne le 12 Février 2005 - Page dernièrement modifiée le Samedi 12 Février 2005
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MENACES ET MESURES DE CONSERVATION |
Nous parlerons donc des menaces qui pèsent sur la martre et des solutions mises en oeuvre pour lutter contre, à travers deux paragraphes :
| MENACES |
Les principales menaces qui pèsent sur la martre sont d'origine humaine. Les causes directes de raréfaction sont la chasse, l'empoisonnement, la capture et le piégeage. Les causes indirectes sont la dégradation de son habitat, la déforestation et le dérangement par le tourisme.
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Martre au détour d'une lisière de forêt. Photo : © Fabrice Cahez - www.fabricecahez.com |
La martre est considérée comme une espèce à surveiller (Maurin, 1994) suite de sa regression continuelle au cours des siècles en raison d'une destruction massive par piégeage et empoisonnement et du morcellement des forêts (Maurin, 1992).
Mâture à un âge relativement élevé (2-3 ans), ayant une fécondité faible et un nombre de portées limité, la martre est très sensible aux prélèvements excessifs.
Malgré tout, en France, la martre est une espèce de gibier que l'on peut chasser (à tir, à courre ou au vol) en période de chasse. Cependant, sont interdits la mutilation, la naturalisation, ainsi que le transport, le colportage, l'utilisation, la mise en vente, la vente ou l'achat, de spécimens morts ou vivants. Dans certains départements, la martre peut même être classée parmi les "nuisibles", c'est-à-dire qu'elle peut être traquée en dehors des périodes de chasse, par tir ou piègeage. En 2000, 47 départements n'ont pas classé la martre parmi les "nuisibles", tous les autres oui ...
Ces décisions se basent sur plusieurs idées reçues complètement fausses selon lesquelles :
Voici la conclusion d'un rapport du Muséum National d'Histoire Naturelle : "La martre, la belette et le putois ont un régime constitué en grande partie de rongeurs. Les attaques sur du gibier ou des animaux d'élevage semblent rares et localisées. La limitation de ces prédateurs ne semble pas jouer un rôle prépondérant dans l'évolution des populations de gibier. En tant que gros consommateurs de rongeurs, ils apparaissent comme d'intéressants auxiliaires de l'agriculture.". Par ailleurs, une étude (Mayot et al - 1992) a montré que l'impact des prédateurs (renards, fouines et martres) sur la reconstitution d'une population de faisans dans l'Yonne était très faible et que la limitation accrue de ces prédateurs dans la zone de lâcher par tir, piégeage, chasse et déterrage n'avait eu qu'un effet limité sur le taux de survie des oiseaux lâchés.
Le seul problème qui peut se poser est directement lié aux lâchers d'animaux d'élevage, incapables de survivre dans la nature, pour les besoins de la chasse. Un prédateur, tel que la martre, cherche à rétablir un équilibre naturel rompu par l'arrivée anormalement massive de faisans d'élevage introduits pour alimenter les chasseurs en "gibier de tir". Ces oiseaux en surnombre n'ont aucune capacité d'adaptation au milieu. Le prédateur, comme c'est son rôle, les élimine.
" Du fait de cette même loi du moindre effort, il est certain que le gibier de repeuplement constitue souvent une proie facile et particulièrement attrayante, d'autant qu'il est habituellement lâché à une époque où les prédateurs sont en quête de ressources supplémentaires pour l'élevage de leurs jeunes. " Plaisir de la chasse - mars 1988
Tous les naturalistes et organisations d'apiculteurs sont formels : il n'y a pas de cas de prédation de la martre sur les ruches. Il existe effectivement quelques cas rarissimes d'utilisation de ruches vides par la martre avec quelques dégâts sur celles-ci, mais c'est tout à fait exceptionnel. Par contre, la martre détruit loirs, lérots et mulots, qui eux causent de nombreux dégâts sur les ruches.
Aucune étude ne met en évidence l'impact de la martre sur la survie des populations de tétranonidés. A noter que dans les départements où la martre n'est plus classée nuisible, il n'a jamais été constaté de régression des populations de gélinottes des bois, de tétras-lyre ou de grands tétras.
La martre ne s'approchant pas des habitations humaines, les captures de volailles domestiques ne peuvent être qu'exceptionnelles et ne figurent d'ailleurs pas dans l'énumération des proies établies lors des travaux de recherche scientifique. Seule la fouine pourrait avoir (éventuellement) un impact. Une étude menée par l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) en coopération avec le Comité Interprofessionnel de la volaille de Bresse et les Fédérations Départementales des Chasseurs de Saône-et-Loire et l'Ain ont montré que les mustélidés (en grande partie la fouine) n'étaient responsables que de 2% des poulés tués ou blessés par des prédateurs.
PS : Les "réponses" à chacune de ces fausses affirmations sont tirées d'un rapport du Ministère de l'Environnement datant de mars 2002.
D'après l'ONCFS et l'Union Nationale des Fédérations Départementales des Chasseurs, 21200 martres ont été tirées en France au cours de la saison de chasse 1997/1998. En 1996/1997, 10467 martres ont été piégées en France.
Heureusement, il semble que malgré ces importants prélèvements, la martre ne soit pas menacée tant que subsistent de vastes forêts. La reforestation en cours lui serait favorable. Il convient cependant de rester vigilant vis-à-vis de tous les signes de raréfaction de l'espèce.
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| MESURES DE CONSERVATION |
En mars 2002, la martre (ainsi que deux autres mustélidés : le putois et la belette) avait été retirée de la liste des espèces dites "nuisibles". Elles n'étaient pas pour autant protégées puisqu'elles figuraient toujours sur la liste des espèces autorisées à la chasse pendant la période d'ouverture. Avec les preuves énoncées dans le premier paragraphe, le ministère de l'Environnement expliquait cette bonne décision par l'absence d'impacts économique et sanitaire de ces trois espèces sur les activités humaines.
Cette nouvelle avait été félicitée par tous les naturalistes et associations de protection de la nature. Mais c'était sans compter sur la réaction du monde de la chasse qui obtenait en novembre 2002 (avec la complicité de la ministre de l'époque, Mme Bachelot) la décision de reclasser ces trois espèces sur la liste des espèces nuisibles. La martre peut donc toujours être chassée et piégée, toute l'année, en France.
La principale mesure de conservation à mettre en oeuvre serait donc de retirer, une deuxième fois, la martre de la liste des espèces susceptibles d'être nuisibles.
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Sources :
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