Page mise en ligne le 15 Février 2005 - Page dernièrement modifiée le Dimanche 20 Novembre 2005

VIE ET BIOLOGIE DU PUTOIS

Nous parlerons donc de la vie et de la biologie du putois, à travers plusieurs paragraphes :

 


DESCRIPTION

Le putois fait parti de la famille des mustélidés.

Putois surgissant du foin.

Photo : © Fabrice Cahez - www.fabricecahez.com

L'espèce que l'on rencontre en France et en Europe est justement dénommé : putois d'Europe (Mustela putorius). Il existe deux autres espèces de putois dans le monde : le putois d'Eversmann ou putois des steppes (Mustela eversmanni) que l'on rencontre en Asie et en Europe Orientale et le putois à pieds noirs (Mustela nigripes), que l'on rencontre en Amérique du Nord. Enfin, le furet (Mustela putorius furo) est une forme albinos domestique du putois dont l'origine, très discutée, est tantôt liée au putois d'Europe, tantôt au putois d'Eversmann.

Le putois possède un corps allongé et cylindrique. En comptant la queue (13 à 19 cm en moyenne), il peut mesurer jusqu'à 60 cm de long. Le dimorphisme sexuel est très accusé chez cette espèce : le poids des mâles varie de 1 à 1,5 kg, soit en moyenne le double de celui des femelles (500 à 600 grammes). Le poids corporel varie en fonction des saisons : maximal à la fin de l'hiver, minimal l'été. De même, la longueur du corps des mâles est, en moyenne, de 15 % supérieure à celle des femelles chez les adultes. Le putois n'atteint sa taille définitive qu'à l'âge de trois ans. De part sa taille, le putois se trouve à mi-chemin entre les petits mustélidés capables d'entrer dans les trous des rongeurs (belette et hermine) et les grands mustélidés (fouine, martre, blaireau).

Le pelage lisse, dense et soyeux , est de couleur beige ou jaunâtre sur le dos et les flancs, noirâtre sous le ventre (pour l'anecdote, le putois est, avec le blaireau, un des très rares mammifères européens à avoir le dessous plus sombre que le dessus). Alors que la majorité de la tête est noire , le menton, les côtés du museau, le dessus des yeux et le bord des oreilles forment un "masque" de couleur blanche à jaune, tout à fait caractéristique. La queue plutôt courte est bien fournie. Le putois mue deux fois par an : au printemps et en automne. Son déclenchement est sous la dépendance de la photopériode.

Les pattes sont courtes, les doigts sont pourvues de griffes partiellement retractiles pour les doigts des pattes antérieures, non retractiles pour ceux des pattes postérieures. Il possède une petite tête carrée. L'iris des yeux est marron foncé. Ses oreilles sont petites. Les vibrisses faciales sont longues.

Génétiquement et morphologiquement, le putois est très proche du vison d'Europe, avec lequel il peut d'ailleurs se reproduire.

La longévité maximale du putois en nature serait de l'ordre de 4 à 5 ans, pour une longévité potentielle supérieure à 10 ans.

Lorsque l'animal est attaqué ou blessé, il libère, sous l'effet de la douleur, le contenu de ses glandes anales dont l'odeur nauséabonde lui a valu le nom de "puant".

Dans les régions soumises au retour du lynx et du loup, le putois (jeune ou adulte) peut être soumis à la prédation de ces deux animaux, même si elle doit être extrêment rare. Aujourd'hui, seuls le renard et le chat sauvage s'attaquent régulièrement aux jeunes putois... Son principal prédateur est sans nul doute l'homme.

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MODE DE VIE

Le putois est un animal solitaire (en déhors de la période des amours), individualiste, furtif et assez discret. Lorsqu'il est en danger, il peut néanmoins être bruyant en émettant des gloussements, des sifflements et grondements. Contrairement à la fouine ou la martre, il grimpe rarement mais plonge et nage très bien.

C'est un animal surtout crépusculaire et nocturne, qui peut néanmoins s'activer le jour. En règle générale, la phase d'activité débute vers 18 heures et se prolonge toute la nuit, coupée seulement d'une phase de repos de deux heures environ, au milieu de la nuit. 

Par des températures inférieures à -25°, le putois se retire dans son nid, cesse de s'alimenter et s'endort très profondément pendant plusieurs jours.

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BIOTOPE ET DOMAINE VITAL

Animal des steppes à l'origine, le putois d'Europe s'est adapté à la majorité des milieux rencontrés sous notre climat.

Rives boisées des marais : un habitat recherché par le putois.

Photo : © Mathieu Krammer - 7 novembre 2005 - marais intérieur du nord-ouest du Var.

En France, on le rencontre préférentiellement dans les milieux humides, notamment les rives boisées des marais, des étangs et des cours d'eau.

Fréquentant aussi bien les milieux semi-ouverts que les milieux moyennement boisés, aussi bien la plaine que la montagne (jusqu'à plus de 2000 mètres), le putois s'est adapté à de nombreux autres habitats. Ainsi, les zones de cultures entrecoupées de haies (bocages) ou de taillis sont particulièrement prisées. S'il est absent des grands massifs forestiers, il en occupe volontiers les lisières ou les rives des cours d'eau les traversant. La seule constante à son habitat semble être la présence de l'eau, sous forme dormante ou courante.

En hiver, il s'approche parfois des habitats humains et fréquente alors granges, tas de bois et étables, à la recherche de petits rongeurs.

A titre d'exemple, sur 62 observations de putois en Alsace, 20 d'entre elles ont été réalisées à proximité de zones humides (fossé, rivière, ruisseau, étang) et 11 près de fermes, de granges ou de dépendances agricoles.

Autre exemple dans les Alpes du Haut-Dauphiné (Hautes-Alpes, Ubaye et Valbonnais-Oisans) : sur 18 observations, 7 ont été réalisées en milieu semi-ouvert ou moyennement boisé, 5 en domaine agricole, 2 près d'habitations et 4 dans des zones humides. Toutes les observations ont été réalisées à proximité immédiate de l'eau.

Enfin, à l'intérieur de son domaine, il établit son gîte dans une souche creuse, entre les racines des arbres, dans un tas de branchages ou dans un terrier abandonné.

L'utilisation du milieu par le putois semble essentiellement être fonction de la densité des proies qui l'occupent. Ainsi, la plupart des individus se rencontrent près des cours d'eau (49,6 %) où ils exploitent des populations de rongeurs et d'amphibiens. Dans d'autres endroits, les putois n'exploitent activement que les garennes riches en lapins.

L'aire d'activité atteint en moyenne une surface mensuelle de 38 hectares pour les mâles et de 19 ha pour les femelles, mais dans l'ouest de la France, le territoire total représente environ 1 km².

Les densités varient fortement en fonction des régions étudiées. Cependant, en moyenne, elles semblent avoisiner 0,4 individu par km² (Mermod et al., 1983 ; Kempf et Baumgard, 1982 ; Heptner et Naumov, 1974).

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NOURRITURE ET TECHNIQUE DE CHASSE

Le putois se nourrit en majorité de rongeurs (42 à 99 % du régime alimentaire) :

Putois surpris en forêt d'Orléans.

Photo : © Patrick Lenté - www.chassephoto.com

C'est un des rares prédateurs à s'attaquer au rat musqué et au surmulot, "avec succès" comme le précise la Revue nationale de la chasse de décembre 1988. En effet, ces proies dites dangereuses sonc délaissées par les chats sauvages et domestiques. Ses proies favorites figurent toutes trois sur la liste des espèces classées "nuisibles" par arrêté préfectoral et cela lui confère donc un rôle positif, reconnu par l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage.

Selon l'ONCFS, c'est "un des carnivores les mieux placés pour exercer un rôle non négligeable sur les populations de surmulots, de rats musqués et de lapins contre lesquels l'homme doit mener une lutte coûteuse". Bulletin mensuel n°98. On estime à un millier le nombre de petits rongeurs détruits chaque année par ce prédateur.

Mais le putois capture aussi :

En dépit de son éclectisme alimentaire, le putois peut concentrer sa prédation sur certaines espèces, telles que les grenouilles ou les rongeurs.

Le putois chasse selon le comportement de "recherche active" qui se traduit par des furetages effectués par l'animal jusqu'à la rencontre d'une proie. Le putois reste le plus souvent caché sous la végétation et ne s'en éloigne que de courts instants au cours de ces prospections alimentaires.

Les déplacements "cachés" sont relativement bruyants et assez lents (environ 500 mètres par heure). Au contraire, en terrain découvert, le putois utilise autant que possible des sentiers réguliers et sa vitesse de déplacement est alors un peu plus élevée : 1300 m/h pour les femelles et 2200 m/h pour les mâles (valeurs moyennes variant beaucoup selon le biotope et les ressources trophiques du milieu).

C'est l'odorat qui semble être le sens le plus utilisé par le putois pour rechercher et sélectionner ses proies. 

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REPRODUCTION

En France, l'époque normale du rut se situe en mars-avril chez le putois. La femelle est en chaleur une fois par an, mais peut présenter une seconde période de chaleur si la fécondation n'a pas lieu au printemps.

Le mâle, polygame, essaie de s'accoupler avec toutes les femelles, quelle que soit leur réceptivité. Ainsi, si elles ne sont pas réceptives, elles se défendent des attaques du mâle qui doit alors renoncer à s'accoupler. Au contraire, réceptives, elles peuvent attaquer le mâle si celui-ci est peu disposé à s'accoupler. Lors de l'accouplement, qui dure souvent plus d'une heure, le mâle immobilise la femelle en la saisissant à la nuque.

Les naissances ont lieu en mai-juin, après 40 à 42 jours de gestation, dans un nid composé d'amas d'herbes sèches, de plumes et de poils. Ce nid est dissimulé dans une cavité d'arbre ou de mur, sous des rochers ou des fagots ou dans un terrier abandonné. Après la lactation et si les jeunes meurent précocement, la femelle peut donner naissance à une seconde portée.

L'effectif des portées varie de 1 à 12 jeunes, mais 4 à 8 seulement survivent en moyenne au moment du sevrage. A la naissance, le sex-ratio semble déséquilibré en faveur des mâles dans un rapport qui peut être important (94 mâles pour 57 femelles parfois). Les petits naissent aveugles et sont couverts d'un duvet ras et blanc-sale ; le museau et le bord des oreilles sont blanc pur.

A l'âge de 3 mois, les jeunes s'émancipient à la recherche de leur propre territoire. La maturité sexuelle est atteinte à l'âge de 10-11 mois chez les mâles, 9-10 mois chez les femelles. Cependant, certains individus ne se reproduisent pour la première fois que vers 22-23 mois.

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Sources :

  • Dossier du presse du Ministère de l'Environnement - Le retrait de trois espèces de mustélidés de la liste susceptibles d'être "nuisibles" - Mars 2002.
  • Site internet de la Ligue ROC.
  • Site internet de l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage ("L'animal du mois" de décembre 2001).
  • L'encyclopédie des Carnivores de France - Le putois - M. ROGER, P. DELATTRE et V. HERRENSCHMIDT - S.F.E.P.M. (n°15 - Janvier 1989).

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