Page mise en ligne le 15 Février 2005 - Page dernièrement modifiée le Mardi 15 Février 2005
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MENACES ET MESURES DE CONSERVATION |
Nous parlerons donc des menaces qui pèsent sur le putois et des solutions mises en oeuvre pour lutter contre, à travers deux paragraphes :
| MENACES |
Les principales menaces qui pèsent sur le putois sont d'origine humaine.
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Putois victime de la route dans le Morvan. Photo : © Claude Lemmel - www.nature-interactive.org |
Les causes directes de raréfaction sont : la chasse, l'empoisonnement, le piégeage et la circulation routière.
Mais d'autres causes très importantes de raréfaction, d'origine humaine mais indirecte, existent : ce sont les modifications voire les destructions de ses milieux de prédilection (par l'assèchement des marais, le drainage, la disparition des haies et des boqueteaux), ainsi que la diminution des ressources alimentaires (par déclin des populations de lapins de garenne consécutif à la myxomatose, par des dératisations régulières, par la disparition de la faune aquatique). La pollution des eaux pourrait également jouer en sa défaveur.
En France, le statut du putois est indéterminé mais il figure sur la liste rouge des espèces menacées, suite à d'intenses campagnes de piégeage depuis le XIXème siècle. En effet, depuis une vingtaine d'années, la chute de ses effectifs (en France comme dans toute l'Europe de l'Ouest) est liée aux campagnes d'empoisonnement et de piégeage, ainsi qu'à la disparition de ses habitats. Ce "déclin généralisé" fut reconnu dès 1988 dans la Revue nationale de la chasse (n° de décembre 1988).
Malgré tout, en France, le putois est une espèce de gibier que l'on peut chasser (à tir, à courre ou au vol) en période de chasse. Cependant, sont interdits la mutilation, la naturalisation, ainsi que le transport, le colportage, l'utilisation, la mise en vente, la vente ou l'achat, de spécimens morts ou vivants. Pire, dans certains départements, le putois peut même être classé parmi les "nuisibles", c'est-à-dire qu'il peut être traqué en dehors des périodes de chasse, par tirs ou piègeages. En 2000, 53 départements n'ont pas classé le putois parmi les "nuisibles", tous les autres oui ...
Ces décisions se basent sur plusieurs idées reçues complètement fausses selon lesquelles :
Voici la conclusion d'un rapport du Muséum National d'Histoire Naturelle : "La martre, la belette et le putois ont un régime constitué en grande partie de rongeurs. Les attaques sur du gibier ou des animaux d'élevage semblent rares et localisées. La limitation de ces prédateurs ne semble pas jouer un rôle prépondérant dans l'évolution des populations de gibier. En tant que gros consommateurs de rongeurs, ils apparaissent comme d'intéressants auxiliaires de l'agriculture".
Qu'un animal élimine des espèces "nuisibles", telles les rats d'égout ou les rats musqués (voir paragraphe "Nourriture" de la page Vie et biologie du Putois), devrait suffire à le classer parmi les espèces protégées. Apparamment pas en France ...
Tous les naturalistes et organisations d'apiculteurs sont formels : il n'y a aucun cas de prédation du putois sur les ruches.
Le putois prélève à l'occasion des volailles domestiques. Mais ces prélèvements restent tout à fait exceptionnels et n'ont lieu que dans des clapiers ou des poulaillers vétustes (planches disjointes, grillage troué, portes disloquées ou fermant mal...). Seule la fouine pourrait avoir (éventuellement) un impact important. Cependant, une étude menée par l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) en coopération avec le Comité Interprofessionnel de la volaille de Bresse et les Fédérations Départementales des Chasseurs de Saône-et-Loire et l'Ain ont montré que les mustélidés (en grande partie la fouine) n'étaient responsables que de 2% des poulés tués ou blessés par des prédateurs.
D'autre part, il est très facile de prévenir les rares dommages causés aux installations humaines. Dans le cas de dommages aux poulaillers ou autres petits élevages familiaux, il suffit le plus souvent de remplacer un grillage rouillé, de consolider les parois ou de changer les gonds de la porte, et de la fermer le soir ainsi que les trappes d'accès, pour que les prédations cessent immédiatement.
PS : Les "réponses" à chacune de ces fausses affirmations sont tirées d'un rapport du Ministère de l'Environnement datant de mars 2002.
D'après l'ONCFS et l'Union Nationale des Fédérations Départementales des Chasseurs, 15400 putois ont été tirés en France au cours de la saison de chasse 1997/1998. En 1996/1997, 12389 putois ont été piégés en France.
Ainsi donc, aujourd'hui, malgré sa figuration à l'annexe III de la convention de Berne, à l'annexe V de la directive Habitats le protégeant, le putois peut être chassé et piégé toute l'année en France.
Le plus élémentaire bon sens voudrait que l'Etat vienne en aide à ce prédateur dont les populations régressent, mais au lieu de cela, le piégeage s'intensifie ...
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| MESURES DE CONSERVATION |
En mars 2002, le putois (ainsi que deux autres mustélidés : la martre et la belette) avait été retiré de la liste des espèces dites "nuisibles". Elles n'étaient pas pour autant protégées puisqu'elles figuraient toujours sur la liste des espèces autorisées à la chasse pendant la période d'ouverture. Avec les preuves énoncées dans le premier paragraphe, le ministère de l'environnement expliquait cette bonne décision par l'absence d'impacts économique et sanitaire de ces trois espèces sur les activités humaines.
Cette nouvelle avait été félicitée par tous les naturalistes et associations de protection de la nature. Mais c'était sans compter sur la réaction du monde de la chasse (qui ne supporte pas que la prédation s'exerce aussi sur des lapins de garenne) qui obtenait en novembre 2002 (avec la complicité de la ministre de l'époque, Mme Bachelot) la décision de reclasser ces trois espèces sur la liste des espèces nuisibles.
La principale mesure de conservation à mettre en oeuvre serait donc de retirer, une deuxième fois, le putois de la liste des espèces susceptibles d'être nuisibles.
La préservation des zones humides et des bocages est également nécessaire au maintien du putois dans de nombreux secteurs.
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Sources :
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