Page dernièrement modifiée le 2 Janvier 2011
|
CONSULTATION
PUBLIQUE POUR LE LACHER D'UNE OURSE DANS LES PYRENEES-ATLANTIQUES AU PRINTEMPS
2011 - 19/12/2010
|
![]() |
|
Six ans après la mort de Cannelle, une nouvelle ourse arpentera-t-elle de nouveau les pentes des hautes vallées du Béarn, où ne subsistent plus que 2 mâles solitaires ? Photo : © P.P. |
Le public et les collectivités de plusieurs centaines de communes des Pyrénées-Atlantiques et des Hautes-Pyrénées seront consultés du 27 décembre 2010 au 4 février 2011 sur la réintroduction d'une ourse dans le département des Pyrénées-Atlantiques, plus précisément dans le Haut Béarn.
En effet, le 26 juillet dernier, Chantal Jouanno - alors secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie - avait annoncé qu'il n'y aurait "pas de réintroductions massives" d'ours dans les Pyrénées mais que chaque ours "mort accidentellement" serait "remplacé". Elle avait alors promis que l'ourse Franska, tuée par une voiture en août 2007 dans les Hautes-Pyrénées, serait remplacée au printemps 2011.
Dans un communiqué, la préfecture indique que la réintroduction prévue d'une ourse en 2011 était "fondée sur le principe du remplacement des ours tués du fait de l'homme" et qu'elle était "nécessaire à la survie de l'ours dans les Pyrénées-Atlantiques où la population est exclusivement composée de mâles".
En effet, depuis la mort de Cannelle (dernière femelle de souche pyrénéenne) et la disparition probable cette année d' "Aspe Ouest" (dernier mâle de souche pyrénéenne), il ne reste plus que 2 ours mâle dans le noyau occidental, principalement centré sur le Haut Béarn : Néré (mâle d'origine slovène né en 1997 en Haute-Garonne) et Cannelito (mâle d'origine pyrénéo-slovène, fils de Cannelle et de Néré).
Le dossier de demande d'introduction, élaboré par l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), a été mis à la disposition du public et des collectivités territoriales, à partir duquel la population pourra se prononcer. Vous pouvez le télécharger ici.
A l'issue de la consultation, obligatoire selon le Code de l'Environnement depuis un décret de janvier 2007, les observations recueillies seront transmises à Nathalie Koscuisko-Morizet - Ministre de l'Ecologie - qui autorisera ou non ce lâcher, après consultation du Conseil national de la protection de la nature.
D'ores et déjà, certains anti-ours brandissent des menaces, comme à leurs habitudes. Ainsi, dans une dépêche AFP du 16 décembre 2010, Bruno Besche-Commenge, vice-président de l'association anti-ours ADDIP indique qu'avec le lâcher annoncé, "on est en situation de guerre et on va riposter" et "on prendra des mesures sur le terrain, y compris sauvages".
De son côté, Alain Reynes, porte-parole de l'association Pays de l'Ours-Adet a salué le "premier pas de l'Etat". "Dans la mesure où cette consultation est une étape obligatoire pour préparer un lâcher d'ours au printemps 2011, c'est plutôt une bonne nouvelle. Cela prouve que le dossier suit son cours et que l'Etat a l'intention de respecter l'engagement pris en juillet dernier. Mais ce n'est pas avec un seul lâcher que l'on pourra sauver la population d'ours dans le Béarn et plus largement dans le massif pyrénéen", a-t-il ajouté.
Madame Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat chargée de l'écologie, auprès du ministre d'Etat, ministre de l'écologie, a annoncé le 26 juillet 2010 son souhait de réintroduire, au printemps 2011, une ourse dans le département des Pyrénées-Atlantiques. Cette réintroduction est fondée sur le principe du remplacement des ours tués du fait de l’homme ; elle vise à parvenir, à long terme, essentiellement par sa croissance interne, à un état viable de la population ursine pyrénéenne et à une conciliation de la présence de l’ours et le développement des activités humaines. Elle paraît d’autant plus indispensable pour la survie de l’ours dans les Pyrénées-Atlantiques que la population y est, à l’heure actuelle, exclusivement composée de mâles. Les déplacements de l’ourse relâchée se limiteront très vraisemblablement aux seuls départements des Pyrénées-Atlantiques et des Hautes-Pyrénées. Néanmoins, compte tenu de l’impact potentiel de l’introduction de l’ourse, en termes de conservation de l’espèce, sur l’ensemble du massif, un périmètre de consultation large a été retenu. Conformément au code de l’environnement, cette réintroduction doit faire l’objet d’une procédure d’information et de recueil des observations du public. En tant que préfet du département des Pyrénées-Atlantiques, il me revient de conduire la consultation sur les modalités de mise en œuvre de ce renforcement de la population ursine.
La procédure aura lieu du 27 décembre 2010 au 4 février 2011, dans 930 communes. Un dossier, élaboré par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), est mis à la disposition du public et des collectivités territoriales. Durant cette période, toute personne peut adresser au préfet des Pyrénées-Atlantiques ses observations sur l'opération d'introduction envisagée. Les observations recueillies seront ensuite transmises au ministre à qui il appartient, après consultation du conseil national de la protection de la nature, d’autoriser l’introduction.
Le dossier de concertation mis à la disposition du public et des collectivités territoriales présentera les éléments suivants :
Entre le 27 décembre 2010 au 4 février 2011, le dossier est disponible (cf. pièce jointe ci-dessous). Durant cette période, toute personne ou commune intéressée peut adresser ses observations au préfet en écrivant par voie postale :
Les courriers doivent comporter votre nom et adresse et doivent être datées et signées. Pour en savoir plus sur l’ours dans les Pyrénées : www.ours.ecologie.gouv.fr
|
L'annonce de cette consultation indique au moins que la nouvelle Ministre de l'Ecologie ne renonce pas à la promesse de sa prédécesseuse de lâcher une ourse en Béarn en 2011 et que les services de l'Etat travaille à ce lâcher.
Même si le compte n'y est pas (selon l'ONCFS, il faudrait lâcher 13 individus, dont 10 femelles, dans le noyau occidental pour le sauver de l'extinction. Pour plus d'informations, voir l'actualité du site de FERUS), ce lâcher reste une nécessité car il est clair qu'avec 2 mâles et sans femelle, le noyau occidental était condamné à disparaître à court terme.
D'ores et déjà, il est important que tous les sympathisants pyrénéens de la cause de l'ours - et ils sont majoritaires - prennent le temps de consulter le dossier en mairie et écrivent au préfet des Pyrénées-Atlantiques (l'adresse est indiquée dans l'encadré si dessus) pour exprimer leur soutien à ce lâcher, afin que l'ours ne disparaisse pas des vallées d'Aspe ou d'Ossau, seul secteur des Pyrénées qu'il n'a jamais quitté.
On compte sur vous !
|
Sources :
|
Copyright © 2001-2011 - Mathieu Krammer - Tous droits réservés