Page dernièrement modifiée le 7 Juillet 2005

DEROCHAGE DE 65 AGNEAUX EN HAUTE VALLEE D'OSSAU, AUCUNE TRACE D'OURS : AUCUNE BREBIS ATTAQUEE MAIS PRESENCE D'UN OURS DANS UN VALLON PERIPHERIQUE - 04/07/2005

65 agneaux ont chuté lundi 4 juillet 2005 au soir, dans une barre rocheuse du massif du pic d'Ossau. 48 d'entre-eux ont péri, deux ont été euthanasiés dans la journée et " les 15 autres bêtes sont actuellement descendues par hélitreuillage ". Seules 65 bêtes, principalement des agnelles, sur les 248 que comptait le troupeau, se sont précipitées dans la barre rocheuse de l'estive de l'Aule située sur la commune de Laruns (Pyrénées-Atlantiques).

Malgré les déclarations prématurées de Didier Hervé (directeur de l'Institution Patrimoniale du Haut-Béarn - IPHB), aucune présence d'ours n'a été décelée pour l'instant sur l'estive, selon des sources concordantes. Didier Hervé a expliqué que "les expertises sont en cours" et qu' "on ne peut pas encore conclure sur ce qui a effectivement effrayé ces brebis". "Le troupeau s'est soudainement affolé au moment où le berger ramenait le troupeau dans son estive", a indiqué le directeur de l'IPHB qui avait dans un premier temps rapporté que le berger pensait qu'un plantigrade était à l'origine de la panique des animaux.

"On ne peut rien dire, ni dans un sens ni dans l'autre" a précisé hier Claude Gobin, sous-préfet d'Oloron Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques), en évoquant l'origine du drame. " Le troupeau qui s'est jeté dans le ravin a été apeuré par quelque chose. Toutefois, aucune présence n'a été vue ou entendue. A ce stade, il n'a été constaté aucune trace particulière sur les animaux décédés. De plus, aucun indice d'ours n'a été décelé ". Par ailleurs, il a ajouté : " le berger l'a dit : il a vu son troupeau apeuré. Mais il n'a vu aucune ombre ou quoi ce ce soit ".

Le préfet, Philippe Grégoire, a également insisté sur la nécessité de ne tirer aucune conclusion hâtive. " N'allons pas fantasmer sur une hypothèse qui n'a pas de corps; que rien n'établit. Nous n'avons aucun élément qui établit l'origine de ce malheur. Incriminer l'ours a priori n'a pas de fondement. On n'a pas de trace d'ours, ni d'autres animaux. Si on en découvre par la suite, on le dira en toute transparence, et on en tirera les conclusions ".

Des agents de l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS), de l'Institution Patrimoniale du Haut-Béarn (IPHB) et du Parc National des Pyrénées se sont aussitôt rendus sur les lieux. Ces agents devraient être à nouveau présents sur le terrain le lendemain. "Je leur ai demandé demandé un rapport au jour le jour", indique le sous-préfet.

Mercredi 6 juillet, des agents de l'ONCFS ont poursuivi leurs investigations destinées à vérifier si le troupeau avait pu être effrayé par la présence d'un prédateur. Si aucun indice n'a été trouvé dans le vallon où le troupeau se trouvait, des empreintes d'ours ont été découvertes dans le vallon d'Aàs de Bielle, situé au sud de l'estive d'Aule. Les empreintes remonteraient entre 12 et 36 heures et se trouvaient à 700 mètres de la zone de dérochage, mais de l'autre côté de la crête de Las Becquettes.

Ces informations ont été annoncées mercredi 6 juillet par les services de la préfecture, qui se montrent très prudents. " Des empreintes ont été relevées dans le secteur. Mais rien n'établit que le troupeau de brebis et l'animal se sont croisés " a déclaré le préfet, Philippe Grégoire. Il a de nouveau rappelé qu'aucune brebis retrouvée morte ou blessée à proximité de la cabane d'Aule ne portait de blessures dues à une attaque et qu'aucune empreinte d'ours n'a été découverte à l'endroit où se trouvait le troupeau.

Enfin, il semblerait que les traces relevées par les techniciens de l'ONCFS dans le vallon périphérique soient celles de l'ourson de Cannelle. En effet, le préfet a ajouté que " ce sont des traces de petite ou de moyenne taille ". Le jeune animal, "qui ne sait pas encore chasser, ni prélever discrètement une brebis en bordure d'un troupeau ", a pu s'approcher du troupeau sans parvenir à ses fins, mais en provoquant par son odeur un stress des animaux, qui se sont ensuite en partie jetés dans le vide. Le fait que les 5-6 empreintes retrouvées se trouvent dans l'unique passage reliant le vallon d'Aés de Bielle et la crête de Las Becquettes semble accréditer cette hypothèse.

La réaction de Gérard Caussimont, président du Fond d'Intervention Eco-Pastoral, ne s'est pas faite attendre. Dès le lendemain de l'accident, il a déclaré :

" Encore une fois on accuse l'ours sans preuves pour l'instant. En effet, il y a eu dérochement de 48 brebis tuées et 17 blessées à l'estive d'Aule (Ossau), mais les agents du parc National et de l'ONCFS n'ont trouvé aucun indice d'ours sur le site et rien ne permet d'attribuer à l'ours cet accident. La Sous-Préfecture d'Oloron a fait ce jour un communiqué en ce sens. Si par la suite il y avait d'autres éléments probants on verrait. Je tiens à préciser que le 28 août 2002 un chien d'un berger séjournant sur cette estive avait précipité dans le vide une cinquantaine de brebis de l'estive voisine d'Er. Cet hiver, à côté d'Oloron, un éleveur de la vallée d'Aspe a eu une cinquantaine de brebis tuées par des chiens et la presse n'en a pas fait...un fromage. "

L'association FERUS a également réagi dans un communiqué de presse paru le 6 juillet 2005. Elle note que " le dernier dérochement de brebis pour lequel l’ours a été tenu responsable remonte à 10 ans. FERUS constate qu’il y a 10 ans, un programme de réintroduction d’ours dans les Pyrénées était déjà sur le point d’aboutir " et qu' " aujourd’hui, alors qu’un nouveau programme de renforcement de la population d’ours sur tout le massif pyrénéen a été annoncé, on veut nous faire croire qu’en une semaine, deux dérochements de brebis sont imputables à l’ours ... ". Enfin, l'association rappelle que dans les deux accidents survenus ces derniers jours dans les Pyrénées (voir : Dérochage de 158 ovins en Ariège), aucun indice ne permet d'attribuer les dérochages à l'ours et qu'aucune brebis n'a été attaquée ou consommée par le plantigrade.

Pour plus d'infos, voir le communiqué de presse de FERUS

Sources :

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