Page mise en ligne le 20 Octobre 2005
|
L'IPHB
SIGNE LA MORT DE L'OURS DANS LES PYRENEES OCCIDENTALES -
19/10/2005
|
Le mercredi 19 octobre 2005 restera une date tristement "historique" pour tous les amoureux de l'ours : celle de la décision de laisser s'éteindre l'ours dans les Pyrénées occidentales.
En effet, ce 19 octobre 2005, le conseil de gestion de l'Institution Patrimoniale du Haut-Béarn (IPHB) a rouvert le dossier du renforcement en Béarn et rejeté le plan de renforcement proposé par la Ministre de l'Ecologie.
Un mois plus tôt, Nelly Olin avait profité de son passage à Arbas, le 25 septembre, pour annoncer la réintroduction de 5 femelles en 2006 dont deux ont même été "réservés" pour le Béarn. Elle avait alors indiqué : "Il faut que l'IPHB joue son rôle et se positionne clairement. On ne peut pas un être un jour pour [NDLR : l'arrivée de deux femelles] et le lendemain contre. Et je lui demande de se prononcer d'ici le 15 décembre".
En présence du préfet des Pyrénées-Atlantiques Marc Cabane, les membres du conseil se sont donc prononcés et ont rejetté en bloc le plan de renforcement.
A travers son long exposé, le président Jean Lassalle a déclaré : "Il faut que la ministre retire totalement son programme. Pour l'instant, c'est non. Il ne faut pas apparaître comme des traîtres vis-à-vis du reste des Pyrénées. Il est important aussi de respecter ceux qui ont rempli les mairies cet hiver en exprimant leur opposition. Si la ministre maintient son plan, je les encouragerais à combattre. Depuis le malheureux coup de fusil contre Cannelle, on assiste à une folie totale jusqu'au plus haut niveau de l'Etat. Notre institution fonctionnait. Aujourd'hui, tout le monde est embêté. On a perdu le contrôle de la situation. Il faut trouver une solution chez nous. Dans l'état actuel des choses, comment voulez-vous qu'on se prononce ?".
Le maire du village de Borce (vallée d'Aspe), René Rose, a expliqué au préfet à quel point l'annonce de Serge Lepeltier avait agité les montagnes en souhaitant doubler la population d'ours en trois ans. "Tous les efforts pédagogiques mis en oeuvre ces dernières années sur le terrain ont été anéantis. La confiance n'est plus là".
Bernard Placé, le président de la fédération départementale des chasseurs des Pyrénées-Atlantiques, abonde dans le même sens : "Les vallées ne sont pas prêtes. Nous ne voulons pas d'ours nous non plus".
Jean-Marc-Prim, de la chambre d'agriculture, est lui aussi opposé au renforcement : "Nous ne sommes pas allés jusqu'au fond du problème. La présence d'ours ne sera pas maîtrisée. Cette logique videra les montagnes".
Ainsi donc, c'en est fini de l'ours en Béarn ... La mort de Cannelle n'aura donc servi à rien.
Une énième fois, l'IPHB par l'intermédiaire de son président Jean Lassalle refuse la main tendue par l'Etat. Comment peut-on encore croire que cette institution cherche à protéger l'ours ?
Avec une population réduite à 3 mâles : un vieillard autochtone Camille, un adulte d'origine slovène Néré et un ourson d'origine pyrénéo-slovène ; cette pseudo-population est condamnée à disparaître à très court terme sans l'arrivée de nouvelles femelles.
Après la disparition de Papillon et Cannelle en 2004, voici qu'un des deux derniers ours de souche et un des 4 derniers représentants de la population occidentale, le dénommé "Aspe ouest", quitte le Haut-Béarn pendant l'été. Sa dernière localisation date du mois de septembre dans les Hautes-Pyrénées, à mi-distance entre le Béarn et les Pyrénées centrales.
Il est à craindre (ou à souhaiter, c'est selon) que les derniers ours béarnais partent sur ses traces en l'absence de femelles ...
|
Sources :
|
Copyright © 2001-2007 - Mathieu Krammer - Tous droits réservés