Page mise en ligne le 29 Avril 2006
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LACHER
MOUVEMENTE D'UNE PREMIERE OURSE SLOVENE, PALOUMA, A BURGALAYS (HAUTE-GARONNE)
- 25/04/2006
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Palouma, jeune ourse slovène d'environ 4 ans et pesant 83 kg, a été capturée sur le site de Jelen en Slovénie. L'animal a été fléchée par une équipe slovène postée en affût avec un fusil à seringue hypodermique, le 24 avril vers 18 heures. L'ourse a été marquée à l'oreille et équipée d'un émetteur intra-abominal et d'un collier émetteur. Palouma signifie "colombe" en occitan et fait également référence au massif de Paloumères, sur la commune d'Arbas, où l'ourse devait être lâchée. L'ourse était en chaleur et accompagnée d'un mâle lors de sa capture.
Après son transport sur 1500 kilomètres par la route, dans un camion à conteneur cylindrique (pour éviter toute blessure) spécialement conçu (avec réserve d’eau, climatisation et caméras vidéos), la femelle devait être relâchée le 25 avril 2006, entre 18h00 et 21h00, sur la commune d'Arbas (Haute-Garonne). Cependant, le lieu exact et l’heure de son lâcher ont été tenus secret. Pendant ce temps, en Haute-Garonne, des dizaines de personnes préparent le site de lâcher : aménagement du couloir de lâcher, préparation du sol pour relever les empreintes, pose d'appareils-photo et de caméras, contact des invités. En effet la capture de Palouma en Slovénie a été annoncée par le ministère de l'Ecologie dès le milieu de la journée. Son lâcher devait être suivi par près de 130 personnes depuis 3 autocars installés autour du site : des personnalités (notamment le chanteur Renaud et sa compagne Romane, parrain et marraine de cette ourse), la presse et des habitants notamment des enfants des écoles du Comminges. La ministre de l'Ecologie, Nelly Olin, a quant à elle été accueillie vers 15 heures par le préfet de Haute-Garonne et deux escadrons de gendarmerie.
Cependant, une manifestation de quelques dizaines d'anti-ours a eu lieu à Arbas. Les manifestants attendaient en fin d'après-midi l'arrivée de l'ourse. Ils semblaient bien décidés à empêcher le lâcher de Palouma, première ourse slovène du plan de renforcement de la population d'ours des Pyrénées. Les opposants à la réintroduction de l'ours n'ont cependant pas pu avoir accès au village d'Arbas, quadrillé par la gendarmerie, mais étaient décidés à faire beaucoup de bruit. Certains, parmi lesquels le député Augustin Bonrepaux (PS), ont barré un pont où devait passer le convoi, à un kilomètre avant le village. "Il faudra nous passer sur le corps", déclarait Augustin Bonrepaux, deputé (PS) et président du conseil général de l’Ariège à la tête d’une dizaine de militants anti-ours. Ils ont été fermement évacués par les forces de l’ordre, et le convoi a pu arriver sur le site du lâcher à 19h20.
Mais une cinquantaine d’autres manifestants, parcourant la montagne dans la zone des crêtes (vers lesquelles l’ourse devrait se diriger), ont tenté de perturber le lâcher. L'important dispositif de sécurité (300 gendarmes en motos vertes et hélicoptères) n'ont pu arrêter les anti-ours, venus en majorité du Couserans (massif de l'ouest de l'Ariège, limitrophe à la Haute-Garonne)
Vers 19h30, alors que le lâcher se préparait, quelques dizaines d'opposants, cachés en lisière de forêts à quelques dizaines de mètres du couloir aménagé pour diriger l’ourse vers la montagne à sa sortie du camion, ont commencé à manifester bruyamment, en criant, agitant des clochettes et fesant exploser des pétards.
Sur le site, Nelly Olin avait vainement tenté d’obtenir l’arrêt de la manifestation auprès d’un porte-parole des anti-ours, Philippe Lacube, de l’association de sauvegarde du patrimoine Ariège-Pyrénées (ASPAP). La ministre lui a indiqué que "sa porte" était ouverte. Finalement, pour ne prendre aucun risque, la ministre de l'Ecologie a décidé de suspendre le lâcher de l’ourse slovène Palouma : "Je ne prends pas le risque qu'il y ait des blessés et que l'ourse soit tuée par ces gens" explique-t-elle. Elle a alors déclaré : "J’ai honte de cette manifestation indigne, de ces gens qui se comportent comme des ânes, des imbéciles, nous devons suspendre l’opération mais cet ours sera lâché et nous ne renoncerons pas à notre plan de renforcement raisonné (5 ours au lieu de 15) et raisonnable pour sauver l'espèce" et fait état de "plusieurs interpellations". Son entourage précise qu' "on va la mettre en sécurité pour un moment". Le maire d’Arbas, François Arcangeli (PS) a quant à lui déclaré : "il y a un plan B, l’ourse devrait être lâchée ailleurs dans les minutes ou les heures qui viennent". Vers 20h25, le véhicule était reparti vers une destination alors inconnue. Le cortège retourne au village d'Arbas. Pierre-Yves Quenette, responsable du suivi, indique que Palouma "a bien supporté le voyage même si elle a cassé sa caméra de surveillance et a bougé lors des arrêts ; mais au delà de 24 heures, on ne peut pas la laissé sans boire dans la cage".
Finalement, l'ourse Palouma a été relâchée mardi 25 avril 2006, à 22h40, sur la commune de Burgalays (Haute-Garonne), plus précisément au lieu-dit l'Artigue, sur le massif du Burat. Selon une porte-parole du ministère, "l’ourse était en pleine forme et a couru vers la forêt". Alain Reynes, directeur de l’association Pays de l’Ours-Adet (association pour le développement économique et touristique des Pyrénées), a fait part de sa joie suite à ce lâcher. "Je suis ravi, il y a une ourse de plus dans les Pyrénées. Le but de la journée est atteint, je n’ai aucun regret".
Au lendemain de cette journée mouvementée, à l'issue du conseil des ministres, Mme Olin a déclaré que "les manifestants continueront à manifester, mais je pense qu’ils n’ont pas bien compris la détermination du gouvernement". "Cela a été plus difficile que prévu", mais "l’ours se porte bien et a été lâché dans de très bonnes conditions", selon la ministre. "Aujourd’hui, il faut que la raison l’emporte sur la passion", a-t-elle souhaité. "La chose importante, c’est qu’il n’y ait pas eu de bousculade" mardi soir, "qu’il n’y ait pas eu de panique et que la bête ait pu partir ailleurs tranquillement".
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Sources :
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