Page dernièrement modifiée le 8 Décembre 2004
|
LE CHASSEUR AYANT ABATTU CANNELLE A ETE MIS EN EXAMEN - 07/12/2004 |
Le
chasseur qui a tué l'ourse Cannelle a été mis en examen,
mardi 7 décembre 2004, au palais de justice de Pau pour destruction d'espèce
protégée.
René Marquèze, 62 ans, avait été convoqué
mardi matin par le juge d'instruction Jean-Luc Puyo, avec qui il s'est entretenu
pendant près de deux heures et demi. Laissé libre sans contrôle
judiciaire, il s'est refusé à tout commentaire à la sortie
du cabinet du juge d'instruction.
Cannelle, qui a été abattue lors d'une battue aux sangliers entre
les communes d'Urdos et d'Etsaut (haute vallée d'Aspe), s'est trouvé
sur le chemin du chasseur, alors qu'elle se trouvait avec son ourson de l'année
près d'une falaise.
"Elle a bondi en grondant à une vitesse effroyable,
comme un cheval au galop. Je me suis retourné, j'ai tiré à
la hanche, je n'avais pas d'autre issue, c'était elle ou moi", a-t-il
raconté dans un entretien publié par le quotidien régional
"La République des Pyrénées".
"Je n'ai pas voulu la tuer, c'est au moment où je prenais la fuite
qu'elle a surgi par derrière, je serais curieux de savoir ce que tous
ceux qui m'ont traité d'assassin auraient fait à ma place",
a-t-il ajouté.
Son avocat, Me Thierry Sagardytho, a souligné pour sa part qu'avant le
coup de feu fatal, son client avait cherché par trois fois à éviter
la confrontation. Il est sorti très affecté d'une "épreuve
traumatisante", après avoir "vu la mort en face", avoir
dû tirer pour défendre sa vie et avoir entendu l'ourson hurler
après la mort de sa mère, selon lui. Toujours selon son avocat,
"Il est abattu par ce qui s'est passé ce jour là et il n'en
tire aucune gloire", annonçant son intention de plaider la légitime
défense ou "l'état de nécessité" pour obtenir
un non-lieu.
Une reconstitution est également prévue pour déterminer
les circonstances exactes du drame et compléter les éléments
obtenus avec l'autopsie de l'animal et les expertises balistiques, toujours
en cours à Toulouse.
Reste cependant que la partie de chasse a été organisée
dans une zone montagneuse et boisée où la présence de l'ourse
et de son ourson avait été signalée. Au lendemain de l'accident,
le président de la Fédération départementale des
chasseurs, Bernard Placé, avait lui-même reconnu que les chasseurs
n'auraient jamais dû se trouver là.
|
Sources :
|
Copyright © 2001-2007 - Mathieu Krammer - Tous droits réservés