Page dernièrement modifiée le 5 Octobre 2005

"ASPE OUEST" EST PARTI DU BEARN VERS LES HAUTES-PYRENEES, VIA L'ARAGON - 07/09/2005

Tout d'abord, le 20 juin 2005, vers 8 heures 30 du matin, un ours au pelage sombre est observé dans la zone frontalière de la haute vallée d'Ossau, sur la commune de Laruns. Cette zone se trouve à l'extrême est de la zone à ours béarnaise.

3 jours plus tard, le 23 juin 2005 à 6 heures du matin, un ours, toujours de couleur foncé, est aperçu sur la commune espagnole de Sallent-de-Gallego (Aragon), hors de la zone à ours habituelle des vallées de Roncal, Hecho et Anso.

Deux mois passent puis, le 29 août 2005 vers 19h00, un ours de grande taille au pelage sombre est observé, encore plus à l'est, dans le Parc National d'Ordesa-Mont Perdu, sur la commune de Tella-Sin (Aragon), par une patrouille de la Garde Civile espagnole. Dans cette zone, à mi distance entre les noyaux de populations d'ours des Pyrénées occidentales et des Pyrénées centrales, aucun ours n'avait été observé depuis de nombreuses années. Un échantillon de poil et de crotte de l'animal a été récolté pour analyses génétiques.

Un peu plus d'une semaine plus tard, des indices de présence d'un ours sont retrouvés, à 20 kilomètres de là, plus au nord, dans les Hautes-Pyrénées (en France).

En effet, le 7 septembre 2005, suite à un témoignage, des empreintes d'un ours "de taille moyenne à grande" sont relevées par des gardes-moniteurs du Parc National des Pyrénées. Elles ont été trouvées dans le vallon de Saugué, sur la commune de Gèdre (Hautes-Pyrénées), en vallée de Luz-Saint-Sauveur. D'autres indices ont ensuite été trouvés, les jours suivants, sur les communes de Gèdre et de Luz-Saint-Sauveur. Au total, trois échantillons de crottes sont récoltés par les agents du Parc National des Pyrénées. Par ailleurs, le 9 septembre 2005, 5 brebis ont été retrouvées mortes (dont 4 imputables au plantigrade) sur la rive gauche de la vallée. Quelques jours plus tard, deux autres brebis ont été tuées par l'ours.

Contacté le 12 septembre 2005, Emile Soumbo, sous-préfet d'Argelès-Gazost, a fait le point sur la situation : " La transparence est de rigueur. Il n'y a pas eu de réintroduction d'ours. Les élus du pays toy ont été informés dès le jeudi soir des faits. Si nous avons d'autres informations, nous les communiquerons. Dans cette affaire, le Parc national et la gendarmerie ont été remarquables. Une cellule de veille a été mise en place et tout est fait pour qu'on ne subisse pas ce qui s'est passé les années précédentes. Nous avons retrouvé sept brebis mortes, des traces du plantigrade à proximité et les analyses envoyées au laboratoire de Grenoble nous indiqueront la provenance de l'animal. A l'heure actuelle, aucune prédation n'a été constatée depuis la semaine dernière. "

Ces deux observations, séparées d'une vingtaine de kilomètres, pourraient correspondre au même animal. La comparaison génétique des indices récoltés en Aragon et dans les Hautes-Pyrénées permettra de savoir s'il s'agit du même individu, son origine (ours de souche pyrénéenne ou ours d'origine slovène) et son génotype.

Le résultat ne s'est pas fait attendre...

En effet, les 5 échantillons ont tous été analysés par le laboratoire de l'Université Jospeh-Fourrier de Grenoble. Seul l'échantillon de poils n'a pas put être exploité. Tous les autres échantillons révèlent un ours de souche pyrénéenne. Enfin, sur ces 4 échantillons, seuls ceux récoltés en France ont permis de préciser le sexe et le génotype. Il s'agit d'un ours mâle au génotype identique à celui localisé à Borce en 2000 et Laruns en 2004. Ce mâle, de génotype S1-Pyr4, est communément appelé sous le nom peu enviable de "Aspe ouest". Cet ours avait jusqu'à cette année ses habitudes à l'ouest du gave d'Aspe en Béarn. Très vraisemblablement, c'est le même ours qui a été observé en juin 2005 à Laruns et Sallent-de-Gallego.

Cette information est un coup dur pour la population d'ours des Pyrénées occidentales, qui ne compte désormais plus que 3 ours : Camille (vieil ours autochtone), Néré (ours adulte d'origine slovène) et l'ourson orphelin de Cannelle.

Par contre, c'est plutôt une bonne nouvelle pour la population des Pyrénées centrales, si cet ours venait à la rejoindre ce qui n'est pas encore le cas. En effet, il amènera du sang neuf à ce noyau de population, dont l'ours Pyros est jusque là le seul géniteur

Quoi qu'il en soit, la présence d'un nouvel ours, à mi-distance des Pyrénées occidentales et centrales, est une nouvelle preuve du rapprochement et des échanges entre les deux populations ursines pyrénéennes.

Sources :

  • Actualités Ours de Juin 2005 - ONCFS.
  • La Dépêche du Midi du 13/09/2005.
  • Répondeur de l'Equipe Technique Ours.
  • Dépêche AFP du 10/09/2005.
  • Flash Infos du Réseau Ours Brun - ONCFS du 8 septembre 2005 et du 4 octobre 2005.

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