Page mise en ligne le 26 Novembre 2004

LE DEBAT SUR LA REINTRODUCTION PROGRESSE EN BEARN ET PYRENEES CENTRALES - 26/11/2004

Le ministre doit prochainement rendre sa décision concernant la réintroduction de nouveaux ours dans les Pyrénées.

Déjà, des contacts ont été pris avec la Slovénie via les ambassades, pour la réintroduction de deux ourses en Béarn en 2005, même si Jean Lassalle préfèrerait des ours espagnols...

Cependant, ces questionnements sur l'origine des ours à réintroduire prouvent que de nouveaux lâchers sont inévitables dans les Pyrénées, après la réintroduction de Ziva, Mellba et Pyros en 1996 et 1997. D'ailleurs, 8 ans après les premiers lâchers, il ne resterait plus que 2 ours dans les Pyrénées sans eux...

Un rapport scientifique de l'ONCFS, intitulé Analyse de la viabilité de la population d'ours dans les Pyrénées indique que "l'installation durable de l'espèce requiert l'apport extérieur de cinq individus en Pyrénées Centrales, sept en Béarn" où les derniers individus sont tous des mâles. En effet, bien que l'on parle de la réintroduction de deux ourses en Béarn, il est nécessaire de relâcher des individus en Pyrénées Centrales, comme l'explique Alain Reynes de l'ADET : "De nouvelles bêtes sont indispensables compte tenu du déséquilibre entre mâles et femelles, et du risque de consanguinité". Tous les ours bruns nés dans les Pyrénées Centrales ont Pyros comme père !

Avant de parler de la réintroduction, il convient de rétablir certaines vérités concernant les ours de Slovénie :

En Ariège justement, où vit la majeure partie de la population pyrénéenne et où les troupeaux sont globalement moins gardées qu'en Béarn, une partie des éleveurs est ouvertement opposée à toute réintroduction. Ils sont suivis par Augustin Bonrepaux, président du Conseil Général, qui, invité au Ministère de l'Ecologie lundi prochain, a déclaré : "j'y expliquerai que les montagnards ariégeois sont opposés à toute réintroduction. Nous demandons que le Comité de massifs soit saisi et que toute décision ne soit prise qu'après sa consultation".

Mais certains autres éleveurs, en Couserans notamment (ouest de l'Ariège, où sont concentrés la plus grande partie des ours ariégeois), demandent quant à eux clairement "que la réintroduction annoncée pour 2005 de deux ourses ne se fasse ni dans le Béarn, ni dans la Haute-Garonne, mais bel et bien ici, parceque c'est là qu'il est en plus grand nombre".

Pour en finir avec le département de l'Ariège, le préfet de l'Ariège déclare "ne pas avoir à ce jour d'éléments particuliers à communiquer sur le sujet" et attendre la décision officielle du ministre de l'Ecologie, qui devrait intervenir début décembre.

En conclusion, de nouvelles réintroductions étant inévitables dans les Pyrénées, il faudrait que le dialogue et la réflexion s'installent entre adversaires et défenseurs de l'ours dans les Pyrénées après tant d'années de querelles stériles.

Source :

  • Articles de La Dépêche du Midi des 24 et 25/11/2004.

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