Page dernièrement modifiée le 7 Janvier 2011

VIE ET BIOLOGIE DE L'OURS BRUN

Nous parlerons donc de la vie et de la biologie de l'ours brun des Pyrénées, à travers plusieurs paragraphes :


"Quand une aiguille de pin tombe sur le sol, l'aigle la voit, le cerf l'entend et l'ours la sent... " Proverbe amérindien


DESCRIPTION

L’ours brun des Pyrénées n'est pas un ours très grand comparé à ses cousins d'Amérique du Nord et d’Alaska. Malgré cela, c’est un animal puissant doté d’une grande force et capable d’accélération très rapide.

Un mâle pyrénéen adulte pèse entre 80 à 230 kg (le record pyrénéen est de 350 kg pour l'ours Dominique tué en 1848), tandis qu'une femelle adulte pèse entre 65 à 170 kg (le record est de 220 kg).

Ours brun d'Europe.

Photo : © Jean-Michel Lenoir - www.vie-sauvage.com

Cependant, le poids varie beaucoup en fonction :

Debout sur ses pattes arrières, l’ours pyrénéen ne dépasse pas 1, 70 à 2 mètres de hauteur, tandis qu'il mesure 0,90 à 1,20 mètres au garrot.

L'épaisse fourrure de l'ours brun le protège des variations de température avec ses trois épaisseurs : la "bourre" (poils de duvet), les poils intermédiaires et les poils de jarre. Son pelage varie du beige clair au brun, marron ou noir selon les individus, la saison et l’âge. Mais un même individu peut avoir un pelage plus ou moins clair, avant et après la mue. Pour les jeunes, la fourrure est marron gris avec un collier clair qui disparaît, alors que chez les vieux ours, elle devient grisâtre. La mue intervient une fois par an, en été.

La vue de l'ours semble médiocre : il ne verrait nettement qu'à quelques dizaines de mètres. Par contre, son ouïe et surtout son odorat sont très développés. L'ours est ainsi capable de flairer une odeur à plusieurs kilomètres de distance.

Un ours vit dans la nature jusqu'à 25-30 ans. L'ours mâle autochtone Papillon était âgé de 29 ans lorsqu'il est mort en juillet 2004. Actuellement, les plus vieux ours des Pyrénées sont Pyros (mâle d'origine slovène âgée de 18 ans en 2006) et Camille (mâle autochtone âgé de 15-20 ans en 2006).

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MODE DE VIE

L’ours est un animal solitaire. Cependant, à certaines périodes de l'année, il lui arrive de fréquenter d'autres ours.

Ours brun d'Europe.

Photo : © Vincent Munier - www.vincentmunier.com

Ce comportement grégaire a deux raisons principales : la recherche de nourriture et le rut. Au printemps, ce comportement est observé en avril, mai et juin (c'est-à-dire avant et pendant le rut) et peut être expliqué par les premices du rut et l'exploitation de sites à fortes productivité alimentaire. Mais la présence de plusieurs individus simultanément sur des sources de nourriture est également possible à d'autres époques de l'année : en été, avec la consommation de charognes de bétail (cheval, vache surtout) ou la fréquentation de sites particuliers à myrtilles ou framboises ; au printemps avec la fréquentation de décharges ; en automne avec la fréquentation de hêtraies ou de chênaies productives lors des années de pénurie alimentaire.

Lors de ces rassemblements, qui regroupent 2 à 3 ours dans les Pyrénées mais parfois plus ailleurs, une hiérarchie précise régit les rapports entre les ours et la source de nourriture : d'abord le plus gros mâle, puis une femelle suitée et enfin les autres ours (en fonction de leur sexe, leur âge, leur poids...). Cette hiérarchie permet d'éviter beaucoup de combats. De plus, si une rencontre a lieu, l'ours dispose à l'instar d'autres espèces de codes gestuels marquant la soumission ou l'intimidation.

L'ours des Pyrénées est un animal principalement nocturne. En effet, on observe un premier pic d'activité entre 17 heures et 23 heures et un second pic, moins marqué, à l'aube entre 5 et 8 heures (Sources : Roth, 1983 ; Roth H. U. & Huber D., 1986 ; Rauer, 2000 ; Equipe Technique Ours). Cependant, le rythme journalier varie en fonction de plusieurs paramètres :

L'ours passe la journée dans une couche. Les couches sont des emplacements de repos aménagés par l’ours. Il peut y passer quelques heures, une journée, plusieurs jours s’il est tranquille et proche d’une source de nourriture. De forme ovale et de dimensions comprises entre 1 et 0,60 mètre pour les adultes et 0,5 à 0,4 mètre pour les jeunes, elles sont généralement creusées sous un arbre, lorsqu'elles se trouvent en milieu forestier, mais parfois sur des pâturages. L’altitude de ces couches varie de 1000 à 1650 m dans les Pyrénées Occidentales, dont 12 entre 1200 et 1400 mètres. Ces zones de repos diurnes se situent généralement dans des secteurs à végétation arbustive dense, à proximité d'un cours d'eau ou d'une zone d'alimentation. Il peut s'agir de bordures de couloirs à avalanches ou de lisières forestières sur pente forte (Sources : Camarra, 1983 ; Parde, 1984). Enfin, en été, les couches sont plutôt utilisées sur les versants nords, plus frais. La découverte d'une couche d'ours permet d'affirmer que le secteur est une zone refuge pour l'ours (voir : Biotope et domaine vital).

Deux sortes de déplacements sont identifiés :

En moyenne, d'une journée à l'autre, les ours suivis par télémétrie dans les Pyrénées effectuent des déplacements de trois kilomètres en moyenne, avec une variation comprise entre aucun kilomètre parcouru et 18,5 kilomètres parcourus.

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BIOTOPE ET DOMAINE VITAL

L’ours brun des Pyrénées fréquente divers habitats dans les vallées pyrénéennes, mais il semble préfèrer surtout les zones les plus tempérés (forêts) de son domaine vital, car elles lui offrent nourriture et protection (thermique mais aussi sécuritaire) tout au long de l'année. Il utilise différents milieux, depuis les fonds de vallées à 600 mètres d'altitude, jusqu'aux cols et pâturages situés à plus de 2000 mètres. En avril 2008, un ours de grande taille (vraisemblablement Cannelito, le fils de Cannelle) franchit un col à plus de 2600 mètres dans les Hautes-Pyrénées (Source : ONCFS - ETO, 2009).

Dans le Béarn, on s'aperçoit que 92% des indices sont relevés entre 1200 et 1800 mètres d'altitude, avec un maximum entre 1350 et 1400 m. (Source : Camarra, 1980). Avant leur disparition à la fin des années 1980, les derniers ours des Pyrénées centrales et orientales vivaient préférentiellement entre 1000 et 1800 mètres d'altitude (84,62% des données), avec un maximum entre 1400 et 1600 mètres. (Source : Camarra et Parde, 1992). L'analyse de la sélection de l'habitat sur les 3 ours réintroduits en 1996 et suivis par télémétrie dans les Pyrénées centrales montre qu'ils adoptent le même comportement que les derniers ours autochtones, la tranche altitudinale la plus utilisée se situe entre 1300 et 1800 mètres d'altitude (Source : Quenette, 2000). Par contre, l'orientation des versants n'a pas d'influence sur le choix des habitats de l'ours.

Hêtraie-sapinière dans le Haut-Béarn, en pleine "zone à ours".

Photo : © P.P.

Globalement, tous les milieux utilisés par l'ours au cours de l'année sont divisés en 3 étages principaux :

Enfin, toujours dans le cadre des 3 principaux étages pyrénéens utilisés par l'ours, il faut signaler que les lisières entre ces trois étages (entre les prairies de basse altitude et la forêt, ainsi qu'entre la forêt et les pâturages supra-forestiers) sont beaucoup utilisées par l'ours car dans les lisières se confondent les deux milieux (forêt et pâturage), ce qui permet à la faune et la flore d'être beaucoup plus riches donc la nourriture y est plus abondante.

Au printemps, l'ours suit la montée altitudinale de la végétation.

L'ourse Hvala et ses deux oursonnes d'un an, photographiées à leur sortie d'hibernation en février 2008.

Photo : © Jean Frédéric ITTEL - ETO/ONCFS - http://www.jeanfredericittel.net/

Le domaine vital des ours est défini comme l'aire que l'animal parcourt pour ses activités alimentaires, de repos, de reproduction, de refuge... Il existe une variabilité extrême des dimensions des territoires selon les populations, les données propres à l'individus (âge, sexe, poids...) mais aussi selon la densité de l'espèce, les conditions trophiques, la qualité de l'habitat (tranquilité, disponibilité...). Par ailleurs, la taille de ce domaine varie sensiblement d'une année à l'autre en fonction de la place hiérarchique de l'animal et des conditions climatiques.

Les mâles, très mobiles durant le rut, exploitent des superficies bien plus vastes que les femelles. Globalement, dans les Pyrénées, le territoire d'un mâle varie entre 200 et 1000 km² (au printemps 1998, le mâle Pyros a même occupé un territoire de 1300 km²).

Le territoire d'une femelle adulte est généralement beaucoup plus restreint et varie entre 70 à 300 km². Ce domaine peut être encore plus petit lorsque les ourses sont accompagnées de leurs oursons Dans les Pyrénées centrales, les femelles suitées d'oursons de l'année (Ziva et Mellba en 1997) ont réduit considérablement leur domaine vital annuel (90 à 160 km²).

Différentes études montrent que le domaine vital de l'ours brun peut être divisé en 4 zones :

Ainsi, l’ours n'occupe pas les même parties de son territoire selon les saisons. De même, la taille du territoire des ours peut fortement varier au cours d'une année : lors du rut, les mâles peuvent agrandir considérablement leur domaine vital pour aller à la rencontre des femelles.

Les femelles utilisent, au sein de leur domaine vital, une zone d'élevage des jeunes, de dimension généralement restreinte mais qui va en s'agrandissant à mesure de la croissance des oursons. Cette zone doit être très tranquille, présenter de la nourriture diversifiée et abondante ainsi que de l'eau (sous forme de ruisseaux généralement). Ces secteurs correspondent souvent aux profondes hêtraies-sapinières situées sur de fortes pentes. On note l'utilisation régulière des mêmes secteurs par les femelles suitées. Ainsi, trois vallons des vallées d'Aspe et d'Ossau (Béarn) concentrent les 2/3 des oursons nés entre 1968 et 1985.

Si les domaines vitaux de plusieurs individus peuvent se recouper (notamment sur les sites à forte productivité alimentaire), les centres d'activités des ours adultes de même rang social et de même sexe (ourse en particulier) ne se recouvrent pas (Source : Mc Lellan 1981). Par contre, lorsque la nourriture se fait rare, l'ours défend son accès. Les subordonnés sont alors obligés d'exploiter des sites moins productifs (Source : Wielgus, 1986) ou n'y accèdent que lors des moments d'inactivité des dominants, à savoir pendant la journée. Enfin, les femelles suitées évitent la proximité des autres adultes et s'isolent (Sources : Stelmock, Knight et al., 1986).

Au sein d'une population d'ours, les femelles sont fortement phylopatriques puisque les domaines vitaux des femelles subadultes chevauchent fortement ceux de leurs mères (Miller 1984, Wielgus1986).

Au contraire, les jeunes mâles entre deux et trois ans quittent le domaine maternel et se dispersent en parcourant de grandes distances. C'est l'agressivité des adultes des deux sexes à l'encontre des mâles subadultes, lors des prémices du rut, qui contraint les jeunes mâles à s'installer loin du domaine vital de leur mère, dans 70 à 80 % des cas. (Sources : Knight et al. 1984, Miller 1984).

Cette dispersion a l'avantage de réduire les risques de consanguinité. Dans les Pyrénées, deux jeunes mâles nés dans les Pyrénées centrales en 1997 (Boutxy et Kouki) se sont dispersés en 1999 vers l'est de la chaîne pour s'établir à environ 100 km de leur lieu de naissance. En 2000, un jeune mâle né lui aussi dans les Pyrénées centrales en 1997 (Néré) s'est déplacé dans les Pyrénées occidentales quant à lui, en parcourant une distance d'environ 110 km de son site de naissance.

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NOURRITURE DE L'OURS

L’ours brun des Pyrénées est un omnivore opportuniste à nette dominante végétivore, qui choisit ces aliments en fonction des ressources du milieu, des saisons, des individus et des opportunités.. L'étude de son régime montre sa polyphagie et son goût pour les aliments riches en énergie. D'une manière générale, au printemps, sa ration protéique est satisfaite par la consommation de végétaux herbacés, plus occasionnellement par celle de cadavres. Les racines lui procurent les oligo-éléments. En été, l'ours s'intéresse aux fruits charnus (myrtilles, bourdaines, framboises, etc.), puis en automne aux fruits secs (glands, faines, châtaignes, etc.). Il consomme pendant la période estivale également des protéines d'origine animale que lui procurent notamment les ongulés domestiques ou sauvages.

L'ours brun des Pyrénées autochtone est surtout végétarien (75 à 80 %). La plus grande part revient aux fruits charnus, suivis par les végétaux herbacés, les tubercules, les glands et les faines. Les aliments d’origine animale (20 à 25 %) sont des mammifères domestiques : brebis, chèvres (6 à 8 %), mais aussi sauvages : sangliers, isards, chevreuils, faons (6 à 7 %), des insectes (7 à 9 %) et des micro mammifères (moins de 1 %). (Source : Berducou C., Faliu C. et Barrat S., 1982. Le régime alimentaire de l'ours brun des Pyrénées d'après les laissées récoltées en 1977-1978 et 1979 - Bulletin mensuel de l'ONC n°54 : 34-44).

Les ours bruns de souche slovène réintroduits dans les Pyrénées centrales ont un comportement alimentaire semblable à celui des ours autochtones. La part des végétaux constituant leur régime alimentaire est toutefois plus faible puisqu'elle représente 66 % des composants des fèces au profit des composants animales et notamment des insectes qui représentent au moins 20% des aliments consommés. La fraction animale issue des mammifères est quant à elle à peu près équivalente (environ 14%). La taille de l'échantillon d'étude des matières fécales est de seulement 44 fèces analysés. Il convient donc de rester prudents dans l'interprétation des résultats. (Source : Griess et Rech, 1999).

La recherche de nourriture est la principale activité de l'ours et, en dehors des grands déplacements de mâles liés par le rut, c'est l'activité qui motive la plus grande quantité de déplacements. En effet, des fruits tels que les myrtilles, les faînes ou les glands, ne sont disponibles qu'au cours d'une période limitée dans le temps et dans des lieux précis, sous forme de petite superficie dans les Pyrénées. La disponibilité de ces fruits en un moment donné et sur une très courte période est importante. Heureusement, connaissant parfaitement son domaine vital, l'ours brun peut effectuer des déplacements (parfois importants) entre des unités alimentaires abondantes. L'ours se fixe sur ces unités le temps de les exploiter pendant quelques jours à quelques semaines, puis se déplace vers une autre unité.

Ainsi, le régime alimentaire est composé d'une série de "menus" saisonniers que l'on retrouve d'une année à l'autre. On observe que les excréments à un moment donné contiennent très peu d'espèces, en général 60 % des fèces ne contiennent pas plus de 2 types d'aliments avec une diversité minimale au printemps (Source : Brana et al.,1988). Les ours sélectionnent les éléments nutritifs les plus riches disponibles aisément à un moment donné.

La prédation sur la faune sauvage n'est pas un comportement systématique. A ce jour, aucun impact significatif de la prédation sur les ongulés sauvages en Europe n'a été mis en évidence. Etant dépourvus des aptitudes prédatrices des canidés (loup) et des félidés (lynx) sauvages, les ours attaquent généralement les individus vulnérables. Concernant le comportement d'attaque sur le cheptel domestique, il semble être appris (Source : Johnson et Griffel, 1982) voire se renforce avec l'âge. C'est pourquoi, il demeure souvent le fait d'individus spécialisés, plus généralement des mâles subadultes ou âgés. A l'inverse, il est fréquent de rencontrer des individus peu prédateurs pourtant quotidiennement confrontés à la présence de troupeaux domestiques. Dans les Pyrénées, plus de 90 % des dommages concernent les ovins, parfois les caprins, exceptionnellement les équins et bovins. Un ours tue en moyenne entre 1,5 et 1,6 moutons par attaque (Sources : Nédelec, 1995 ; Quenette, 2000), qu'il soit autochtone ou d'origine slovène.

Essayons d'étudier désormais les activités alimentaires de l'ours au fil des saisons :

Ours bruns d'Europe.

Photo : © Jean-Michel Lenoir - www.vie-sauvage.com

A la sortie de son sommeil hivernal (mars - avril), l'ours va vivre une période difficile car la nourriture est peu abondante, la neige recouvre encore la montagne (sauf à basse altitude) et les précitations de pluie ou de neige sont encore présentes.

A cette période, l'ours consomme beaucoup de larves et d'insectes xylophages dans des troncs d'abres morts tombés au sol ou des souches. Les arbres sont alors déchiquetés par l'ours lors de cette recherche. L'ours consomme cette nourriture jusqu'à 1400 mètres d'altitude en début de printemps, puis jusqu'à la limite supérieure de la forêt en mai-juin.

C'est également à cette époque que l'ours pille les fourmilières à dôme, en milieu forestier ou en lisière, d'abord jusqu'à 1400 mètres d'altitude, puis en mai jusqu'à 1600 mètres. Toujours à la recherche de fourmis, il retourne également de grosses pierres dans les clairières et les pâturages de moyenne altitude en en limite supérieure de forêt, jusqu'à 1600 mètres.

Les grattées de pelouses à la recherche de tubercules de muguette sont des indices de fin de printemps à juin qui se retrouvent entre 1400 et 1600 mètres d'altitude, sur des pâturages de moyenne altitude ou dans les clairières.

Enfin, au printemps toujours, le pillage des nids de mulots en forêt, entre 800 et 1200 mètres est plus couramment observé que le pillage des nids de campagnols sur des pâturages ou dans une clairière forestière.

Cependant, la principale source de protéine pour l'ours et l'herbe tendre, qui lui permet de reprendre rapidement du poids.

La consommation de batraciens est également observée dans les Pyrénées centrales, de même que celle de charognes de mammifères sauvages tués au cours de l'hiver (avalanche...).

L'ours utilise donc tous les milieux disponibles, du fond des vallées aux premières zones enneigées.

En été, de juillet à septembre, l'ours dispose d'une nourriture particulièrement abondante et a donc besoin de moins se déplacer pour accéder aux divers sites d'alimentation. Il reste généralement à couvert dans la forêt et utilise moins souvent les sentiers. Cette période est néanmoins importante puisque c'est le moment de commencer à prendre du poids afin de reconstituer ses réserves de graisses.

Il semble que les fruits charnus (myrtilles surtout, framboises, mûres) soient la principale source de nourriture, ainsi que les fruits secs (faînes), les végétaux herbacés (graminées, luzule) et les d'animaux (bétail, faune sauvage, insectes). Mais comme au printemps, les arbres déchiquetés, les fourmilières éventrées, les grattées de pelouse à muguette et les pierres retournées sont des indices fréquents en été.

L'ensemble de ces indices sont récoltés entre 800 et 2200 mètres d'altitude, dont 72% entre 1200 et 1800 mètres. Enfin, 60% sont recoltés en forêt mixte et 40% sur des pâturages.

L'automne est certainement la saison la plus importante et la plus critique pour l'ours brun. En effet, l'ours doit absorber une nourriture riche en calories pour reconstituer ses réserves de graisses qui lui permettront de survivre pendant l'hiver. Ceci est très important pour les femelles qui doivent mettre bas et allaiter leurs petits jusqu'au printemps sans se nourrir. Cette alimentation automnale conditionne aussi les chances de survie des jeunes oursons de l'année. Heureusement, en règle générale, les automnes dans les Pyrénées sont cléments et l'enneigement vraiment important n'apparait qu'en décembre ou janvier. Ainsi, si l'ours n'est pas dérangé par les activités humaines (chasse, loisirs...), il peut jouir de conditions climatiques favorables à l'exploitation des ressources alimentaires de son domaine.

A cette période de l'année, les principales ressources disponibles sont les fruits secs. Or, leur disponibilité est cyclique : alors que les glands (fruits des chênes) et les faînes (fruits des hêtres) sont les fruits les plus recherchés par le plantigrade avant l'hibernation du fait de leur grande valeur nutritive, ceux-ci ne sont pas abondants tous les ans. De plus, les chênaies et les chataîgneraies sont peu abondantes dans les vallées françaises des Pyrénées. Les fruits secs (faînes, glands et dans une moindre mesure noisettes) et charnus (myrtilles, mûres, fruits de prunellier, églantier et aubépine) représentent près de 70% du régime alimentaire, suivis par les végétaux herbacés et les animaux (insectes et mammifères).

L'activité alimentaire de l'ours en automne se situe essentiellement entre 1000 et 1800 mètres d'altitude, à 70% en forêt (forêts mixtes ou de feuillus) et 30% sur des pâturages en limite supérieure de la forêt. Il semble en fait que l'ours reste dans les pâturages à myrtilles, framboises et sorbiers jusqu'aux premières neiges, qui le dirige alors vers les hêtraies et les hêtraies-sapinières (faînes) puis les chênaies de basse altitude (glands). Pour terminer, les chênaies étant peu nombreuses dans les Pyrénées françaises, l'ours se retrouve en concurrence directe avec le sanglier dans celles-ci. Pour disposer des fruits le premier, l'ours grimpe de plus en plus dans les arbres pour secouer les branches et faire tomber les glands. Il repète cette technique plusieurs fois. Par ailleurs, les femelles suitées cassent et jettent des branches à terre pour que les petits apprennent à cueillir ce fruit.

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REPRODUCTION

Le rut a lieu de fin avril à mi juin dans les Pyrénées.

Ourse d'Europe allaitant ses deux oursons.

Photo : © Francisco Marquez - Revue Images Doc - Sur la piste de l'ours brun

Il semblerait que ce soient les conditions météorologiques qui détermineraient le déclenchement des chaleurs de la femelle. Il se traduit par d'importants déplacements des mâles à la recherche de femelles. Lors de cette période, la femelle cohabite avec le mâle durant quelques semaines. Mâles et femelles s'accouplent généralement avec plusieurs partenaires. Ainsi, une ourse peut avoir, au sein d'une même portée, des oursons issus de mâles différents. Ainsi, l'ourse Ziva a donné naissance à deux oursons en 1997 : l'un était fils de Pyros (Kouki), l'autre d'un ours slovène différent de Pyros (Néré). Des combats ont parfois lieu entre les mâles rivaux qui sont alors très intolérants (Source : Clévenger et Purroy, 1991). Mais dans les régions où la densité d'ours brun est faible, les couples sont plus durables.

Les copulations provoquent l'ovulation (on appelle cela l'ovulation induite). L'ours brun possède une gestation à nidation différée. C'est-à-dire que deux à trois jours après la fécondation, il y a blocage du phénomène de segmentation de l'œuf. L'ovoimplantation et la reprise de la segmentation de l'oeuf ne reprennent que plusieurs mois plus tard, vers novembre, après l'entrée en hibernation (Source : Pearson, 1975). La durée de gestation est donc très courte.

Après 8 à 10 semaines de gestation, la femelle met bas de 1 à 3 oursons qui naissent à la mi-janvier durant l’hibernation. En Europe, des naissances de quadruplés ont été observées très exceptionnellement, dans 1,15 % des cas. Ce phénomène n'a jamais été observé dans les Pyrénées. De ce fait, à leur naissance, les oursons sont minuscules puisqu'ils pèsent 350 grammes ! Disposant de 3 paires de mamelles, la mère les allaite dans la tanière pendant 3-4 mois, sur ses réserves de graisse. L'ourse les réchauffe également, grâce à son pelage, car les oursons naissent sans poils.

La famille sort de la tanière généralement entre la fin du mois d'avril et le début du mois de mai. Comme ils ne peuvent effectuer de grands déplacements au cours des premières semaines de sortie, ils vivent aux alentours de la tanière. Les oursons pèsent alors 5 à 6 kg.

Ils sont sevrés à 5 mois et sont alors initiés à leur vie d’ours par leur mère.

Ils restent jusqu'à 2 ans avec leur mère, parfois même jusqu’à 3 ans. Cependant, moins de 50 % des oursons atteignent l'âge adulte. En effet, la mortalité est très importante les deux premières années de la vie de l'ourson. Intempéries, faibles ressources alimentaires, prédations sont les principales causes de mortalité de l'ourson de mois de 2 ans. Les prédateurs de l'ourson sont peu nombreux : essentiellement le loup (lorsqu'il est présent) et l'aigle royal. En 2003, un ourson de l'année a été victime de l'aigle royal dans les Alpes italiennes du Trentin. Cependant, si la mère veille, les oursons n'ont rien à craindre.

L’ourse peut se reproduire à partir de 3 ans, même si la première portée n'intervient qu'à l'âge de 5-6 ans en moyenne. Toutefois, dans les Pyrénées centrales, la femelle Caramelles (née en 1997) a eu sa première portée à l'âge de 4 ans (en 2001) ; et surtout la femelle Bambou (née en 2007) a eu sa première portée de 2 oursons à l'âge de 3 ans seulement (en 2010). Un autre cas a été recensé dans les Alpes italiennes du Trentin. Le mâle ne serait potentiellement reproducteur qu'à partir de 6 ans.

La femelle porte tous les 3 ou 5 ans, jusqu’à la fin de sa vie. Il semblerait que les femelles les mieux nourries se reproduiraient plus tôt et plus souvent. Mais avec l'âge, une diminution de la production de jeunes est toutefois observée.

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SOMMEIL HIVERNAL

Il vaut mieux parler de sommeil hivernal que d’hibernation en ce qui concerne l’ours brun.

Avant l'entrée en tanière, on note un comportement dit de "pré-hibernation". Ce dernier se traduit par une réduction des déplacements et le choix du site de tanière. Les ours occupent le site de tanière pendant plusieurs jours en effectuant de petits déplacements, généralement inférieurs à un kilomètre. Cette période de pré-hibernation peut varier entre 3 et 17 jours (Sources : Van Daele et al., 1990 ; Mace et Waller, 1997 ; Friebe et al., 2001). Dans les Pyrénées centrales, des résultats similaires (4 à 20 jours) ont été observés sur les ours équipés d'émetteur (Ziva, Mellba, Pyros et Boutxy).

Bien qu'il ne mange pas, ne défèque pas et n'urine pendant cette période, l’ours peut se réveiller durant l'hiver et effectuer de court déplacement autour de sa tanière contrairement aux vrais hibernants comme la marmotte. Ainsi, au cours de l'hiver 2000/2001, Boutxy a été régulièrement observé à plusieurs centaines de mètres de sa tanière. Certains ours peuvent même avoir plusieurs tanières dans l'hiver (Source : Huber et Roth 1996). Ce fut par exemple le cas de l'ours Pyros dans les Pyrénées centrales pendant l'hiver 1998/1999. Dans certains cas, il se peut que des individus, des mâles essentiellement, n'hibernent pas du tout : au cours de l'hiver 2001/2002, le mâle Pyros (encore lui !) est resté tout l'hiver dans les environs de sa tanière. Certains grands mâles autochtones n'hibernent pas non plus (Source : Camarra, 1989). La température de l’ours ne s’abaisse que de 4 à 7° alors que chez les vrais hibernants elle s'abaisse jusqu’à la température ambiante. L’ours réduit son rythme cardiaque, respiratoire et consomme moins d’oxygène. Il s'alimente peu, n’urine pas et ne défèque pas. Un bouchon fécal obture son intestin. L’ours brun vit sur ses réserves de graisse et perd beaucoup de poids au cours de l’hibernation, mais pas la totalité puisqu'il doit encore s'en servir au début de printemps lorsque les dépenses énergétiques seront importantes (rut, déplacements, nourriture peu abondante...).

La durée de la période d'hibernation varie beaucoup selon l'individu (sexe, âge et statut reproducteur), la région, la rigueur hivernale et la disponibilité de fruits secs conservés sous la neige depuis l'automne (Source : Friebe et al., 2001). Ainsi, un mâle adulte reste le moins de temps possible en tanière, tandis qu'une femelle ayant mis bas pendant l'hiver en tanière la quitte tardivement. Selon ces critères, la durée du repos hivernal varie entre 1 et 7 mois.

Le début du repos hivernal dépend également de facteurs externes, tels que les conditions météorologiques ou l'abondance de la nourriture. Les facteurs véritablement déclenchant semblent être les fortes chutes de neige et les froids intenses. Généralement, la dormance hivernale débute en novembre pour les femelles pleines et en décembre pour les mâles. Mais lors d'hivers cléments, sans neige en montagne, des indices d'activité de l'ours peuvent encore être observés dans la première moitié du mois de janvier.

Dans les Pyrénées, les premiers signes d'activités sont observés entre la fin mars pour les mâles et la fin avril pour les femelles suitées. Sur le versant navarrais des Pyrénées, exposé au sud, les premiers indices apparaissent régulièrement dès la mi-février. Au contraire, la sortie de tanière la plus tardive observée dans le Béarn (versant nord des Pyrénées occidentales) fait suite à un hiver très enneigé et s'est déroulée le 28 avril 1978.

- Chronique et durée de la dormance hivernale des ours suivis pas télémétrie dans les Pyrénées entre 1996 et 2008 (Source : Bilan scientifique et technique de la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées centrales - Synthèse des données 1996-2000 - Equipe de Suivi, Diren, Life - Juin 2000 et les annexes du rapport Eléments techniques sur la réalisation du plan de restauration et de conservation de l'Ours brun dans les Pyrénées françaises (2006-2009) Point au 1er trimestre 2008) :

Date d'entrée

Date de sortie

Durée (en jours)
Altitude
Type de tanière
Ziva + oursons

27 novembre 1996

17 avril 1997
140
1600 m
Galerie de mine

24 novembre 1997

21 mars 1998

118

1980 m
Cavité rocheuse naturelle
Mellba + oursons

22 novembre 1996

4 avril 1997

132

850 m
Cavité rocheuse naturelle
Oursons de Mellba *

10 décembre 1997

13 mars 1998

92

Emplacement de la tanière non connue
Pyros *

12 décembre 1997

20 février 1998
70
Emplacement de la tanière non connue

11 décembre 1998

24 février 1999

74

1550 m
Sous un gros sapin
Boutxy

19 décembre 1999

19 février 2000

62

1350 m
?
3 novembre 20003 mars 2001
119
1900 m
Cavité rocheuse naturelle
8 novembre 200112 mars 2002
123
1950 m
Cavité rocheuse naturelle
Franska12 décembre 2006 15 mars 2007
93
960 m
Cavité rocheuse naturelle
Balou10 décembre 2006 28 février 2007
80
2080 m
Cavité rocheuse naturelle
Hvala + oursons27 décembre 2006 17 avril 2007
140
1600 m
Cavité rocheuse naturelle
Balou3 novembre 200721 février 2008
110
1700 m
En attente
Hvala8 novembre 200724 février 2008
108
?
En attente
Sarousse3 décembre 20075 avril 2008
124
2000 - 2500 m
En attente

* Pour le mâle Pyros et les oursons de Mellba, la chronologie a été estimée à partir des derniers indices observés en 1997 et des premiers observés en 1998. Ceci surestime vraisemblablement la durée réelle de la dormance hivernale.

Pendant l’hiver, l’ours s’abrite dans une tanière. Dans les Pyrénées, il existe 3 types de tanières :

Mais toutes ont des caractéristiques communes : les dimensions restreintes de l’abri, la tranquillité du site très difficile d’accès et son camouflage.

Les 11 tanières trouvées par Jean-Jacques Camarra dans les Pyrénées françaises se répartissent de la façon suivante : 4 cavernes, 3 cavités aggrandies et 4 terriers. Situées entre 1190 m et 1740 m d’altitude, elles se trouvaient toutes en terrain accidenté, en milieu forestier ou arbustif dense (chênaies, hêtraies, sapinières ou ceintures arbustives à sorbiers) et en lisière, au niveau de l'étage montagnard ou subalpin inférieur. Il semblerait que les femelles gestantes occuperaient surtout des cavernes, exposées sur des versants sud de l'étage montagnard. Les individus solitaires utiliseraient de préférence des terriers creusés sur des versants nord de l'étage montagnard ou subalpin.

Dans les Pyrénées centrales, 3 tanières (celles de Ziva lors des hivers 1996/1997 et 1997/1998 et une de Mellba lors de l'hiver 1996/1997) ont pu être identifiées grâce à la télémétrie. Deux des trois tanières découvertes correspondaient à des cavités rocheuses naturelles (cavernes). Mais la troisième tanière (celle de Ziva lors de hiver 1996/1997) était installée au fond d’une galerie d’une ancienne mine utilisée au début du siècle pour l’extraction de minéraux.

La tanière de Ziva lors de l'hiver 1996/1997 était à 1730 m d’altitude à la limite supérieure d’une forêt de sapin et de bouleau. La tanière de cette femelle lors de l'hiver suivant se localisait dans une forêt de pin à crochet. Ces deux tûtes étaient difficiles d’accès et éloignées de toute activité humaine (dans les deux cas à plus de 3,5 km du premier village et plus de 1,75 km de la route la plus proche). La tanière de Mellba était à 880 m d’altitude dans une forêt dominée par le hêtre, avec un sous-bois très dense constitué de buis. A la différence de celles de Ziva, la tanière de Mellba se trouvait à 600 m au-dessus d’une route départementale et de quelques habitations humaines et à 200 m au dessous d’une piste forestière. (Source : Bilan scientifique et technique de la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées centrales - Synthèse des données 1996-2000 - Equipe de Suivi, Diren, Life - Juin 2000).

Lors de l'hiver 2006/2007, les tanières hivernales des 4 ours bruns lâchés en 2006 et équipés d'émetteur ont pu être localisées. Elles se trouvaient dans des types d’habitats variables :

Franska se trouvait dans une hêtraie d'un versant nord, dans un ravin rocheux non ensoleillé de moyenne altitude (960 mètres). Balou a quant à lui hiberné en lisière supra-forestière d'une pinède à crochets très clairsemée avec rhododendrons, sur un versant ubac très escarpé, à une altitude relativement élevée (2080 mètres). Enfin, ce même hiver, Hvala a mis bas dans une tanière située dans une sapinière, exposée sud-ouest, où la pente est forte. Il est difficile d’affirmer que Sarousse ait réellement hiberné. Elle a en effet montré des signes d'activité durant tout l’hiver, même si elle est restée cantonnée sur un site très restreint au sud-ouest du Val d’Aran.

Comme souvent, les sites de tanière utilisés durant l’hiver 2007/2008 par les ours bruns équipés ne sont pas les mêmes qu’en 2006/2007. La seconde tanière occupée par Hvala se situe à environ 4 km de du site de l’année précédente, toujours dans le Haut-Comminges, alors que celle de Balou se trouve à 40 km de la précédente, dans le sud de l'Ariège. Sarousse se trouve en tanière dans le Luchonnais, à environ 10 km du site où elle était restée cantonnée durant l’hiver précédent. (Source : Annexes du rapport Eléments techniques sur la réalisation du plan de restauration et de conservation de l'Ours brun dans les Pyrénées françaises (2006-2009) Point au 1er trimestre 2008)

A l’intérieur de sa "tute", l’ours s’enroule sur une litière épaisse et isolante, généralement située à plusieurs mètres de l’ouverture de la tanière. Même si l’entrée est recouverte par la neige, elle est parfois dissimulée de branchages. La température y est constante et plus élevée qu’à l’extérieur. C’est la fonte du bouchon neigeux de l’entrée qui va provoquer une montée de la température à l’intérieur et réveiller l’ours.

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COMMUNICATION ENTRE LES INDIVIDUS

Dans les Pyrénées, nous pouvons observer deux types d’indices sur les arbres qui sont généralement considérés comme des signes de marquages : les griffades et les poils sur les arbres.

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COMPORTEMENT VIS-A-VIS DE L'HOMME

Dans les Pyrénées, les rencontres entre l'homme et l'ours sont rarissimes car l’ours brun a généralement peur de l’homme. Pour autant, elles ne sont pas impossibles. Comme tout animal sauvage d’une certaine taille (sangliers, cerfs...), ses capacités physiques peuvent le rendre dangereux. Cinq situations à risque sont décrites :

Dans les Pyrénées centrales, 60 rencontres "homme / ours" ont été comptabilisées par l'Equipe Technique Ours, entre le 18 mai 1996 et le 19 juin 2000. Elles concernent des randonneurs, des chasseurs et des membres de l'Equipe de suivi essentiellement. L’ours évite généralement l’homme (il est très rare de voir un ours). Il est donc important de souligner que les pourcentages suivants ne comptabilisent pas les cas où l’ours a évité l’homme, sans que ce dernier ne le voit.

- Réaction de l'ours lors d'une rencontre avec l'homme (Source : Bilan scientifique et technique de la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées centrales - Synthèse des données 1996-2000 - Equipe de Suivi, Diren, Life - Juin 2000) :

Comportement de l'ours
Nombre d'observations
%
s'enfuit
34
56,67
s'éloigne en marchant sans être menaçant
13
21,67
reste sans manifester de comportement agressif
10
16,67
s'approche de l'observateur sans être menaçant
1
1,67
intimidation et charge de l'observateur
2
3,33

On constate que dans 78 % des cas l’animal évite l'homme, en s'enfuyant ou en s'éloignant en marchant. Dans 19% des cas, il adopte un comportement indifférent sans être agressif. Dans 3% des cas, l'animal a chargé. Dans les 2 cas, il s’agissait de femelles suitées de leurs oursons : Ziva en 1998 charge deux agents de l'Equipe Technique Ours pour les intimider et les dissuader d'approcher ; tandis qu'en 1997, Mellba charge un chasseur qui, paniqué, la tue.

Ces résultats sont tout à fait comparables aux enquêtes récentes réalisées dans d’autres pays européens (Sources : Suède, Swenson et al. ; Autriche, N. Gerstel).

Pour plus d'informations sur les comportements à adopter en cas de rencontre avec un ours, voir : Que faire en cas de rencontre avec un ours ?

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Sources :

  • Camarra J.-J., Touchet P. & ONCFS - ETO, 2009. Suivi de l'espèce ours brun dans les Pyrénées françaises. Rapport annuel Année 2008. ONCFS / ETO / Réseau Ours Brun.
  • Caussimont G., 1996. L'ours brun des Pyrénées. Ed. FIEP et Loubatières.
  • DIREN, LIFE, ETO, 2000. Bilan scientifique et technique de la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées centrales - Synthèse des données 1996-2000. Juin 2000.
  • Ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement Durable et de l'Aménagement du Territoire, 2008. Annexes du rapport Eléments techniques sur la réalisation du plan de restauration et de conservation de l'Ours brun dans les Pyrénées françaises (2006-2009) Point au 1er trimestre 2008. Mai 2008.
  • Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable, 2006. Plan de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées françaises 2006-2009.
  • Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable, 2005. Opérations de capture, de transport et de relâcher d'ours bruns dans le cadre du projet de restauration de la population ursine pyrénéenne. Dossier présenté au CNPN. Juin 2005.
  • Site internet de l'Etat sur le programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées.

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