Page dernièrement modifiée le 9 Avril 2011

TERRITOIRES FREQUENTES PAR L'OURS DANS LES PYRENEES CENTRALES ET ORIENTALES

Nous parlerons des territoires fréquentés par le noyau de population d'ours des Pyrénées centrales et orientales et de leur présentation, à travers trois paragraphes :

 


PRESENTATION GENERALE

Le noyau de population d'ours des Pyrénées centrales et orientales est divisé en deux sous-unités : la plus grande (plus de 2000 km²) s'étend des vallées de Louron (Hautes-Pyrénées) et de Benasque (Aragon) à l'ouest, jusqu'à celles d'Aulus (Ariège) et de Noguera de Cardos (Catalogne) à l'est, en passant par le Luchonnais, le Haut-Comminges (Haute-Garonne) et le Haut-Couserans (Ariège) ; le second, de près de 1500 km² (variant selon les années), est centré sur la Haute-Ariège (depuis le Vicdessos jusqu'aux secteurs d'Orlu et de Mijanès) et déborde sur l'Andorre, le massif du Carlit (Pyrénées Orientales) et l'extrême sud-ouest du département de l'Aude.

C'est dans le Haut Comminges, au sud de la Haute-Garonne, qu'ont été réintroduits 3 ours en 1996-1997 (les femelles Ziva, Mellba et le mâle Pyros) et 4 des 5 ours relâchés en 2006 (les femelles Palouma, Hvala, Sarousse et le mâle Balou).

Au total, le noyau centro-oriental, quasiment continu de l'est du département des Hautes-Pyrénées à l'ouest du département des Pyrénées-Orientales, occupe une superficie de près de 3600 km² sur le versant français, variant selon les années.


TERRITOIRES FREQUENTES DANS LES PYRENEES CENTRALES ET ORIENTALES

Essayons de décrypter un peu plus précisément la présence ursine dans les Pyrénées centrales et orientales :

 

Les vallées du Louron, le massif de la Barousse et le Luchonnais étaient, jusqu'au début des années 2000, parcourus par le grand mâle Pyros, à l'automne ou au printemps. Un hiver, sa tanière d'hibernation se situait d'ailleurs dans la vallée de Louron. Très mobile, Pyros s'est déplacé en 2003 à l'extrémité nord-ouest de son domaine, à Tilhouse (Hautes-Pyrénées). Mais depuis, ses traces ne sont plus repérées dans ce secteur, ce qui ne signifie pas qu'il n'y passe pas de temps à autre.

Toujours jusqu'au début des années 2000, l'ourse Ziva y effectuait aussi quelques excursions à l'occasion, généralement à l'époque du rut (en Barousse et dans la vallée de Luchon en mai-juin 2001 par exemple).

Au début du mois de juin 2002, un ours de taille moyenne a été vu dans le secteur de Lançon, en vallée de Louron (Hautes-Pyrénées). Fin mai 2002, il avait été vu en Bas-Comminges (voir plus bas). Il s'agit très certainement d'un des deux ours nés de Ziva en 2000, alors en quête de territoire.

Hormis ces cas, il faut attendre le renforcement de 2006 pour voir ces vallées être fréquentées par l'ours.

De fin avril à fin août 2006, l'ourse Palouma, lâchée à Burgalays le 25 avril 2006, s'était installée dans le Luchonnais (Haute-Garonne), entre le massif du Burat, la vallée de la Pique et la vallée d'Oô. Malheureusement, elle a été retrouvée morte dans la vallée du Louron (Hautes-Pyrénées), sur la commune de Loudenveille, victime d'une chute.

Une autre femelle, l'ourse Sarousse - relâchée à Arbas le 22 août 2006 - fut recapturée en Ariège et relâchée sur la commune de Marignac, à l'entrée de la vallée de Luchon, le 7 novembre 2006. La rive droite de la vallée de la Pique (Luchonnais), notamment le massif du Burat, faisait partie de son domaine vital. Lors de l'hiver 2007/2008 toutefois, elle a hiberné dans la vallée d'Oô, en limite ouest de son domaine, qu'elle n'a plus fréquenté par la suite. Depuis, cette ourse fréquente exclusivement le versant espagnol, entre le Val d'Aran (Catalogne) et la vallée de Benasque (Aragon).

L'ourse Hvala quant à elle n'y est que de passage. Ce fut le cas en mai 2008, avec plusieurs incursions sur Bagnères-de-Luchon.

Début, seuls quelques indices épisodiques font état du passage d'individu(s) indéterminé(s), sans doute depuis le Val d'Aran : 1 observation visuelle en mai 2009 sur Luchon ; des dégâts en août 2010 sur Luchon toujours, dans les deux cas sans indice antérieur et ultérieur.

A ce jour, les vallées du Louron, le massif de la Barousse (Hautes-Pyrénées) et le Luchonnais (Haute-Garonne) ne constituent qu'une zone de présence occasionnelle de l'ours.

 

Les trois premiers ours relâchés en 1996-1997 des Pyrénées centrales (Mellba, Ziva et Pyros) l'ont été sur la commune de Melles (Haute-Garonne) dans le Haut Comminges.

On distinguera 2 zones dans le Haut Comminges : les massifs de moyenne montagne de Gar-Cagire et de Paloumères et le massif - plus en altitude - de Melles, frontalier avec le Val d'Aran.

Ces massifs du piémont étaient le coeur du territoire de l'ourse Mellba avant d'être abattue en septembre 1997.

A la fin du mois de mai 2002, un ours de taille moyenne et de sexe indéterminé, sans doute né de Ziva en 2000, est vu en Bas Comminges (communes de Miramont, Figarol et Sauveterre-de-Comminges), puis vraisemblablement en Hautes-Pyrénées au début du mois de juin 2002. Un an plus tard, en mars-avril 2003, un ours indéterminé est repéré sur les massifs de Car-Cagire-Paloumère et de Melles (Haute-Garonne). Il s'agit vraisemblablement du même ours compte tenu des dimensions des empreintes et des secteurs utilisés.

En mai 2004, une femelle suitée d'un ourson aurait été observée par un pêcheur dans le massif de Cagire-Paloumère. S'agissait-il de l'ourse Ziva ou de cet individu qui serait alors une femelle ?

Depuis cette date, aucun indice ne laisse penser qu'un ours est installé en permanence dans les massifs de moyenne montagne de Gar-Cagire et de Paloumères. Malgré le renforcement de 2006 avec le lâcher de 3 ours au pied du massif de Paloumères (commune d'Arbas), aucun individu ne s'y est installé.

Historiquement, dès la réintroduction de 1996-1997, le massif de Melles est fréquentée de temps à autre par Ziva, bien que le coeur de son territoire soit le Val d'Aran. Elle y fut encore identifiée avec certitude (analyses génétiques) durant l'été 2007, le printemps et l'été 2008.

L'ours Pyros se rend également dans le massif de Melles lors de la période de rut, pour peu qu'une femelle y soit présente.

Suite au renforcement de 2006, une ourse s'est installée définitivement dans le Haut Comminges, entre Melles et le Val d'Aran. Il s'agit de l'ourse Hvala, relâchée mai en 2006 à Arbas. Elle s'est cantonnée entre le Haut Comminges (communes de Fos, de Melles et de Boutx), les vallées du Biros (communes de Sentein, d'Antras et de Saint-Lary) et le nord du Val d'Aran dès son lâcher. Elle a d'ailleurs hiberné et donné naissance à deux oursons, sur la commune de Melles, lors de l'hiver 2006/2007. En 2009, après avoir mis bas deux nouveaux ours dans le Val d'Aran, elle a fréquenté cette zone une partie de l'année, tout comme une ou les deux ourses nées en 2007.

Depuis, les 4 oursons nés de Hvala en 2007 (les ourses Pollen et Bambou) et 2009 (Nheu et Noisette, de sexe indéterminé) sont également installées entre Haut Comminges et Val d'Aran. D'ailleurs, en 2010, l'ourse Bambou a été filmée avec ses 2 oursons de l'année sur la commune de Saint-Lary (Ariège), dans le Biros. La famille avait préalablement été repéré au cours de l'été dans le Val d'Aran.

Depuis 2007, le massif de Melles et les vallées du Biros constituent un des principaux foyers de présence de l'ours dans les Pyrénées centrales, avec la présence de plusieurs femelles reproductrices.

 

Plusieurs individus sont présents dans le Val d'Aran espagnol (Catalogne), ainsi que les vallées adjacentes de Benasque et de Ghistain (Aragon).

Ces dernières années, au moins deux mâles adultes ont été recensés :

Plusieurs femelles adutes y sont également présentes :

Evidemment, on doit y ajouter les oursonnes Pollen et Bambou (nées en 2007 de Hvala) et les deux ours subadultes Nheu et Noisette (nés de Hvala en 2009), installés entre Val d'Aran et Haut Comminges. La plupart des ours identifiés évolue à la fois versant français (Haut Comminges, Biros, Luchonnais) et espagnol (Val d'Aran). Toutefois, il n'est pas exclu que certains ours n'évoluent que dans le Val d'Aran.

Plus au sud, à noter qu'en avril 2004, des indices ont été relevés bien plus au sud du Val d'Aran, sur la commune catalane de Sarroca-de-Bellera, sans doute le fait d'un subadulte erratique en quête de territoire. Depuis, plus aucun indice ne parvient de cette zone.

Depuis le début de la réintroduction dans les Pyrénées centrales en 1996, le Val d'Aran constitue un des principaux foyers de présence de l'ours dans les Pyrénées centrales, avec la présence de plusieurs femelles.

Plus à l'ouest, une ourse et son ourson d'un an (donc né en 2005) auraient été aperçus durant l'été 2006 par un berger au sud du massif de la Maladetta (Aragon), entre vallée de Benasque et Val d'Aran. Cette information confirmerait la naissance d'un ourson en 2005, jusque là non comptabilisé. C'est la première fois qu'une ourse est reperée si loin de la frontière. Jusque là, ce territoire excentré n'était connu pour n'être fréquenté que par l' ours Pyros - et de manière occasionnelle de surcroit.

Qu'il s'agisse ou non du même animal, une piste a été relevée en mai 2009 dans le même secteur, sur la commune de Laspaulès (Aragon) entre la vallée de Benasque et la vallée de Noguera Ribagorçana.

Depuis 2010, c'est l'ourse Sarousse qui s'est installée dans ce secteur. A noter que cette ourse ne s'est toujours pas reproduite depuis son arrivée dans les Pyrénées, alors même qu'elle a participé à plusieurs saisons de rut, en présence du mâle Pyros notamment.

 

  • L'ourse Caramelles et ses deux oursons photographiés le 17 juillet 2010 sur la commune d'Alt Aneu, dans le Pallars Sobira.

    Photo : © Generalitat de Catalunya - Departament de Medi Ambient i Habitatge

    Haut Couserans (Ariège) et Pallars Sobira (Catalogne)

Le Haut Couserans se trouve en Ariège, entre les vallées du Biros à l'ouest et le Vicdessos à l'est. Les vallées espagnoles de Montgarri, Noguera Pallaresa et Noguera de Cardos (formant le Pallars Sobira) se trouvent au sud-est du Haut-Couserans, au sud-ouest du Vicdessos, à l'ouest d'Andorre et à l'est du Val d'Aran. Ces vallées font donc la jonction avec le pseudo-noyau oriental.

Depuis 1999, le secteur du Mont Valier et des vallées de Seix et de Couflens, ainsi que la vallée de Montgarri sont le territoire de l'ourse Caramelles, fille de Mellba et Pyros née en 1997. Elle y mettra bas au moins un ourson au cours de l'hiver 2000/2001 (ce jeune mâle sera malheureusement retrouvé mort), deux oursonnes en 2002 (toutes deux identifiées par la génétique en 2003, dont une le sera de nouveau en 2009) et 2 oursons mâles en 2004 (un retrouvé mort et l'autre identifié par la génétique en 2004). A noter également qu'un ours présent en Haute-Ariège depuis 2005 et identifié génétiquement pour la première fois en 2009 s'est avéré être un fils de Caramelles.

En 2006, une ourse et son ourson de l'année ont été observés dans la vallée de Montgarri (commune d'Alt-Aneu) ; tandis qu'une ourse et ses deux oursons de l'année ont fréquenté en 2010 la vallée de Couflens et celle de Montgarri. En 2010, l'ourse en question était Caramelles.

Si le massif du Mont Valier et la vallée de Couflens semblent être le coeur du territoire des ours présent dans le Haut-Couserans, des indices sont aussi recueillis dans l'ouest du Haut-Couserans, dans les vallées de Bellongue et de Bethmale. S'agit-il du (ou des) mêmes animaux que ceux du secteur de Seix-Conflens-Ustou ?

Outre ces individus sédentarisées entre le Haut-Couserans et le Pallars Sobira, l'ours Pyros - qui a un domaine vital extrêmement vaste - occupe également ces vallées, notamment à l'occasion du rut mais pas seulement.

Enfin, au sud de la vallée de Noguera de Pallaresa, à plusieurs dizaines de kilomètres de la frontière française, des indices sont relevés depuis plusieurs années. Déjà, en septembre 2004, des indices (dégâts, griffades, crotte) ont été relevés sur les communes de Lladore et Alins. En mars 2006, une piste est relevée sur la commune de Soriguera et en avril 2006 sur celle de Tirvia. En octobre 2008, de nouveaux indices sont relevés sur Ferrara. Il ne peut s'agir ni de Boutxy, ni de Balou, ni de Caramelles. Au moins deux ours "anonymes" sont installés depuis quelques années dans ce secteur des Pyrénées espagnoles, puisque les analyses génétiques effectuées par un laboratoire espagnol ont identifié 2 individus, jamais identifiés génétiquement jusque là que ce soit côté français ou côté espagnol.

Depuis 1999, le Haut Couserans (Ariège) - principalement les vallées de Seix et de Couflens - et le Pallars Sobira (Catalogne) constituent un des principaux foyers de présence de l'ours dans les Pyrénées centrales, avec la présence de plusieurs femelles.

 

  • Secteur d'Aulus-les-Bains (Ariège)

Cette zone, à mi-distance du noyau central et du noyau oriental, n'avait jamais été fréquentée par l'ours depuis la réintroduction de 1996. Depuis 2005, quelques données ponctuelles sont signalées :

A ce jour, cette zone semble d'avantage être un lieu de passage printanier plutôt qu'un secteur occupé en permance par un ou plusieurs ours.

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TERRITOIRES FREQUENTES DANS LES PYRENEES ORIENTALES

Il s'agit d'une vaste zone comprise entre la haute vallée de l'Ariège (est de l'Ariège), le massif du Carlit (Pyrénées-Orientales), le plateau de Sault et le massif des Corbières (Aude) et Andorre. Jusqu'en 2009, cette zone était actuellement occupée par trois ours mâles : Boutxy, Balou et Moonboots. Historiquement, ce territoire était aussi le domaine d'un ours mâle du même âge que Boutxy : Kouki (fils de Ziva).

Historiquement :

Tout commence au printemps 1998 : Boutxy (fils de Mellba et Pyros né en 1997) et Kouki (fils de Ziva et Pyros né en 1997) sont d'abord repérés dans le Couserans (ouest du département de l'Ariège), plus particulièrement dans la réserve du Mont Valier, où ils causent des dégâts sur les troupeaux de brebis. Puis, ils continuent leur progression vers l'est pour atteindre la Haute Ariège, à la limite entre l'Ariège, l'Aude et les Pyrénées-Orientales au printemps 1999.

Boutxy, équipé d'un émetteur à l'automne 1999 et suivi par télémétrie jusqu'au printemps 2002, s'est cantonné en Haute-Ariège. Sa tanière se situe, depuis l'automne 1999, dans les montagnes du Donezan. Lors de son suivi, Boutxy est surtout localisé dans le département de l'Ariège (massifs d'Aston, d'Orlu-Orgeix et de Mijanès).

Lors du suivi télémétrique de Boutxy, Kouki (non équipé d'un émetteur) était davantage localisé dans les Pyrénées Orientales, sur le massif du Carlit (communes de Formiguères, de Fontrabiouse ou des Angles notamment) ou dans le département de l'Aude, dans le secteur de Sault (communes de Campagna-de-Sault et de Niort-de-Sault par exemple). Au cours de l'été 2003, cet ours pousse même une incursion au sud de son aire de répartition connu puisqu'il est repéré pour la première fois sur les communes de Targassonne, Font-Romeu (sud du massif du Carlit) et d'Eyne (massif du Cerdagne). Jusqu'en 2003, Boutxy et Kouki avaient un territoire commun de 650 km² et se rencontraient parfois. Mais depuis 2003, il n'a plus été relevé de localisations simultanées permettant de confirmer la présence effective de ces deux individus sur ce secteur. Kouki a vraisemblablement disparu de la zone. Est-il mort ? (dans ce cas : accident ? braconnage ?) A-t-il basculé côté espagnol dans une des nombreuses zones qui échappent au suivi ? Mystère...

Jusqu'en 2009 :

Depuis juin 2009 toutefois, Boutxy a disparu de la circulation, victime d'un acte de braconnage selon la rumeur. Ce noyau ne serait donc plus représenté que par 2 mâles adultes. En 2010, sans doute du fait de la disparition de Boutxy, l'aire occupée par les ours dans le noyau oriental s'est limité à la haute vallée de l'Ariège (rive droite et gauche) et au secteur des gorges de la Frau. A noter toutefois, au printemps, l'excursion de Balou jusqu'en Basses Corbières.

En terme de territoires occupés, ce noyau est centré depuis 2000 sur la rive gauche de l'Ariège, depuis Aulus les Bains (Ariège) à l’ouest jusqu’au Massif des Corbières (Aude) à l’est, en passant par le massif du Plantaurel au Nord et la Cerdagne catalane au Sud (environ 100 km est-ouest et 70 km nord-sud).

Au sud-est, le massif du Carlit fait toujours l'objet d'incursion ponctuelle. Vers l'ouest, dès 2005, on note une expansion de ce noyau vers le Vicdessos, avec des indices d'ours relevés sur les communes de Gestiès, Siguer, Goulier ou Auzat. De même, au sud, des indices sont épisodiquement relevés depuis 2004, au printemps et en été, en Andorre (aucun indice en 2008, mais une observation de nouveau en juin 2009). Cette extension s'est matérialisée par le doublement de l'aire occupée, passant de 650 km² environ jusqu'en 2003, à 1250 km² en 2006 (du Vicdessos jusqu’au Pyrénées-Orientales). En 2007, ce noyau s'est encore étendu vers l'ouest du Vicdessos, d’une superficie d’environ 1620 km² en 2007, du fait d'une incursion de Balou lors de la période de rut dans une zone encore non fréquentée jusque là. En 2008, la surface occupée sur le versant français par les ours non équipés du noyau s'étend sur 1180 km² ; Balou quant à lui a fréquenté un domaine de près de 2705 km², au nord de la zone fréquentée dans ce noyau par les ours non équipés.

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PRESENTATION DE CES TERRITOIRES

Les Pyrénées centrales et orientales (Luchonnais, Benasque, Comminges, Val d'Aran, Couserans, Pallars Sobira et Haute-Ariège) sont des secteurs relativement sauvages, à l'instar du Béarn.

Toutes les vallées sont recouvertes de vastes forêts, principalement domaniales : forêt domaniale de Luchon, forêt domaniale de Biros (7000 ha d'emprise domaniale pour 4200 ha de forêt), forêt domaniale de Seix, forêt domaniale de Bethmale, forêt domaniale de Bordes, forêt domaniale de Bonac, forêt domaniale de Bellongue... Pour peu que les versants de certaines vallées soient très pentues, certaines forêts inaccessibles à l'homme ne sont plus exploitées depuis près de 50 ans : un vrai paradis pour le coq de bruyère et l'ours brun ! Comme sur la majeure partie du versant nord pyrénéen, ces forêts sont principalement des hêtraies-sapinières, parsemées localement de pins montagnards autochtones ou introduits, d'épicéas, de mélèzes (tous deux introduits), de sorbiers, de houx...

Superbe paysage des environs de Seix au beau milieu de l'automne. Ce massif du Couserans est le territoire de la femelle Caramelles.

Photo : © Daniel Keff - www.photos-couserans.com

De plus, en France mais surtout en Espagne, il existe quelques espaces protégés où les activités humaines sont réglementées :

Dans les Pyrénées françaises, les Réserves Biologiques Domaniales sont très peu nombreuses. Trois petites réserves seulement ont été créées par l'ONF sur des territoires fréquentés, au moins temporairement, par l'ours brun. Deux l'ont été, difficilement, sous la pression d'Artus, afin de protéger quelques biotopes à ours en Haute-Garonne ; l'autre, en Ariège, a été créée afin de protéger un complexe de tourbières actives mais abrite occasionnellement l'ours brun. Il s'agit respectivement de :

Toujours en Ariège, une superbe Réserve domaniale n'a pas encore le statut officiel de "Réserve Biologique". Il s'agit de la Réserve cynégétique domaniale du Mont Valier, créé par l'ONF. Ce magnifique espace, d'une superficie de 9037 ha, est constitué de cinq vallées : Angouls, Estours, Bethmale, Ribérot et Orle. Gérée par l'ONF en temps que réserve de chasse, la réserve du Mont Valier est composée de quatre forêts domaniales (forêts domaniales de Seix, de Bethmale, de Bordes et de Bonac). En tout, la forêt (hêtraie sapinière principalement) couvre le tiers des surfaces de la réserve, alors que les milieux ouverts (pelouses, landes et rochers d'altitude) occupent les deux derniers tiers. Ce massif est composé de milieux variés et culmine à 2838 mètres d'altitude au Mont Valier. Le fleuron de la faune du massif est l'isard : il y est ici très abondant, avec un cheptel de près de 2000 individus. Mais d'autres animaux peuplent le massif : le cerf élaphe, la marmotte, l'aigle royal (secteur du massif pyrénéen où il est le plus abondant), le gypaète barbu, le vautour fauve (non nicheur mais relativement abondant l'été) le grand tétras ... et l'ours ! Dans cette réserve de chasse, relativement tranquille, seule une chasse à l'isard accompagnée d'un garde de l'ONF y est pratiquée. Cette réserve a servi de refuge pour les ours dérangés lors des premières années d'installation : c'est ici que Ziva s'est réfugié en 1998, après la capture d'un de ses oursons (Néré) en Espagne ; c'est également ici que les oursons orphelins de Mellba ont été vus plusieurs fois. Depuis, plusieurs ours s'y sont installés, notamment l'ourse Caramelles.

Sur le versant espagnol, il existe tout un réseau de réserves, bien plus vastes et grandes qu'en France, où la chasse est très réglementée :

Dans ces immenses réserves, la chasse est strictement contrôlée et soumise à autorisation. Comme pour la réserve du Mont Valier, ces espaces protégés ont servie de refuge pour Ziva lorsqu'elle est suitée, ainsi qu'à Mellba lors de ses deux premières (et seules) années de présence. Doit-on s'étonner que les plusieurs ourses suitées l'ont été dans ou à proximité immédiate d'une de ces réserves ?

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Sources :

  • ONCFS - Equipe Technique Ours - Réseau Ours brun. "Actualités Ours" et "Flash Info" des années 2004, 2005, 2006, 2007 et 2008.
  • Camarra J.-J. & Sentilles J. (2011). Suivi de l'ours brun dans les Pyrénées françaises. Rapport annuel Année 2010. ONCFS Equipe Ours.
  • Camarra J.-J. & Sentilles J. (2010). Suivi de l'ours brun dans les Pyrénées françaises. Rapport annuel Année 2009. ONCFS Equipe Ours.
  • Camarra J.-J. & Touchet P. (2009). Suivi de l'espèce ours brun dans les Pyrénées françaises. Rapport annuel Année 2008. ONCFS / ETO / Réseau Ours Brun.
  • Camarra J.-J. & Touchet P. (2008). Suivi de l'espèce ours brun dans les Pyrénées françaises. Rapport annuel Année 2007. ONCFS / ETO / Réseau Ours Brun.
  • Ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement Durable et de l'Aménagement du Territoire, 2008. Rapport "Eléments techniques sur la réalisation du plan de restauration et de conservation de l'Ours brun dans les Pyrénées françaises (2006-2009) Point au 1er trimestre 2008". Mai 2008
  • DIREN Midi-Pyrénées, 2003. Rapport 2002 du "Programme de restauration et de conservation de l'ours dans les Pyrénées".
  • FERUS, 2003. La Gazette des Grands Prédateurs n°7-février 2003.
  • FERUS, 2002. La Gazette des Grands Prédateurs n°5-août 2002.
  • FIEP, 2004. Les Nouvelles Ours n°63-février 2004 et 64-mai 2004.
  • FIEP, 2003. Les Nouvelles Ours n°59-février 2003.
  • FIEP, 2002. Les Nouvelles Ours n°57-août 2002.
  • CAP Ours, 2002. Le journal de CAP Ours n°2-juillet 2002.
  • CAP Ours, 2002. Le journal de CAP Ours n°4-mai 2004.
  • Pays de l'Ours-Adet, 2002. L'Echo du Pays de l'Ours n°4 et n°5.
  • Artus, 2000. Ours et Nature n° 17-hiver 1999.
  • Equipe Technique Ours, com.pers. 2007, 2008 et 2009.
  • Site internet du Pays de l'Ours-ADET.
  • Site internet de FERUS.
  • Site internet de l'Etat sur le programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées.

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