Page dernièrement modifiée le Mercredi 9 Avril 2008

CAUSES ET HISTORIQUE DE SA REGRESSION DANS LES PYRENEES

Nous parlerons des causes et de l'historique de la régression de l'ours brun dans les Pyrénées, du Moyen-Age à maintenant, à travers trois paragraphes :

 


CAUSES DE LA REGRESSION DE L'OURS

Deux causes sont à l'origine de la régression de l'ours :

Le déclin de la population pyrénéenne d'ours brun s'est amorcé dès le XVIII° siècle. Pendant près de 3 siècles, les ours ont été victimes de campagnes d'extermination : organisation de battues, utilisation de poison (strychnine par exemple), primes versées à chaque abattage d'ours... Par exemple, Bouchet indique que deux ours sont tués chaque année, en vallée d'Ossau, au cours du XIXème siècle.

L'ours fut réellement protégé en 1972, les quelques populations restantes ont été victimes de braconnage. :

Sachant que 50% des oursons meurent dans leurs premières années, on peut légitimement penser que la natalité ne compenserait plus la mortalité, naturelle ou non, d'où le dramatique déclin de la population (voir le paragraphe : Régression du nombre d'ours).

De plus en plus, la pénétration humaine dans les habitats montagnards occupés par l'ours s'accentue. La création de routes, de pistes forestières, d'activités de loisir (4X4, VTT, stations de ski...) perturbe la tranquilité de l'ours dans ses zones refuges, indispensables pour se nourrir, se reposer, se reproduire, élever ses jeunes... Cette perte d'habitat et cette fréquentation diminuent la sécurité de l'ours, qui devient de plus en plus erratique et qui développe des comportements inhabituels, mettant sa vie en danger ainsi que celle du bétail.

Il faut savoir que c'est ces mêmes causes qui sont à l'origine de la disparition de l'ours dans les principaux massifs montagneux, en particulier le massif alpin. Si l'ours a disparu des Alpes, alors qu'il se maintient encore péniblement et pour quelques décennies seulement dans les Pyrénées, c'est que la dernière cause évoquée fut plus importante que dans les Pyrénées.

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REGRESSION DE L'ESPACE OCCUPE

Au Moyen-Age : l'ours était présent sur toute la chaîne des Pyrénées et constituait une même population avec les Monts cantabriques espagnols (prolongement vers l'ouest).

Au XIX° siècle : l'ours vit dans toutes les Pyrénées, du Pays Basque et de la Navarre aux Pyrénées-Orientales et à la Catalogne. Certaines zones du piémont français et des pré-Pyrénées espagnoles comptent encore de petites populations très restreintes dans la première moitié du siècle.

Au début du XX° siècle : l'ours est présent en France, du Pays Basque aux Pyrénées-Orientales, en Andorre et en Espagne, de la Navarre au Val d'Aran. L'ours, qui disparaît des pré-Pyrénées espagnoles, ne se maintient que dans les hautes vallées. Cette répartition perdure jusqu'au début de la seconde guerre mondiale.

De 1940 à 1960 : c'est l'éclatement. D'abord, l'aire de présence se rétrécie par l'ouest (une partie du Pays Basque et de la Navarre) et par l'est (Pyrénées-Orientales, une partie de l'Ariège et d'Andorre). La population se divise en deux noyaux : un occidental entre la Bigorre, le Béarn, le Pays Basque (pour la France), l'Aragon et la Navarre (pour l'Espagne) et un central-oriental entre l'Ariège, la Haute-Garonne (pour la France), Andorre, le Val d'Aran, la Noguera Pallaresa et la Benasque (pour l'Espagne).

De 1960 à 1984 : les deux noyaux se rétrécissent encore. Dans les Pyrénées occidentales, l'ours devient occasionnel en Bigorre et disparaît du reste des Hautes-Pyrénées. La régression est très importante en limite avec le Pays Basque : Haute-Soule, Barétous ; ainsi que sur le versant espagol.

Dans les Pyrénées centrales et orientales, on note la disparition du noyau oriental (nord-ouest d'Andorre, Haute-Ariège, Aude et Pyrénées-Orientales). Seuls quelques incursions d'individus venant de Haute-Garonne sont notées dans certaines vallées (Haut-Salat, Vicdessos). La régression est également visible à l'ouest, où l'espèce disparaît de la vallée d'Aure (seules quelques incursions sont encore enregistrées). Il devient occasionnel dans le Haut-Couserans (ouest de l'Ariège) et dans une grande partie de la Haute-Garonne. Seul le Luchonnais (Haute-Garonne), la Benasque (Aragon) et le Val d'Aran (Catalogne) sont encore régulièrement fréquentés par les derniers individus. Au début des années 1980, l'aire de répartition dans les Pyrénées centro-orientales est estimée par Parde (1992) à 1325 km².

De 1984 à 1992 : le noyau central disparaît et ne subsiste plus que sous la forme d'un ou deux individus isolés et très difficiles à localiser. Les derniers indices et la dernière observation date de 1988, dans le Luchonnais.

Le noyau occidental se rétrécit par l'ouest : le Pays Basque, le Barétous (pour la France) et la Navarre (pour l'Espagne) deviennent des zones des présence occasionnelle. L'ours n'est présent de façon permanente que dans les vallées d'Aspe et d'Ossau (pour la France) et en Aragon (pour l'Espagne).

Depuis 1996 : suite à une réintroduction dans les Pyrénées centrales, création d'un nouveau noyau central-oriental. Le Luchonnais, le Comminges, la Barousse, la vallée de Louron, le Haut-Couserans, la Haute-Ariège (pour la France) et le Val d'Aran (pour l'Espagne) sont régulièrement fréquentés par l'ours. L'Aude, les Pyrénées Orientales (pour la France), le Pallars Soubira et la vallée de Benasque (pour l'Espagne) deviennent des zones de présence occasionnelle. Dans les Pyrénées occidentales, la situation reste indique mais la Bigorre devient, à nouveau, une zone de présence permanente depuis 2001 (sédentarisation d'un ours autochtone sur ce secteur qui mourut en 2004).

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REGRESSION DU NOMBRE D'OURS

Suite à une réintroduction dans les Pyrénées Centrales, le nombre d'ours augmente. Cependant, la situation reste très critique.

ANALYSE GLOBALE

ANALYSE PAR SECTEURS GEOGRAPHIQUES

ANALYSE GLOBALE

17 portées ont été enregistrées de 1970 à 1983, soit 17-19 oursons.

ANALYSE PAR SECTEURS GEOGRAPHIQUES

A partir de la réintroduction de 1997, 11 portées ont été enregistrées de 1997 à 2007 (2 en 1997, 1 en 2000, 1 en 2001, 2 en 2002, 2 en 2004, 1 en 2005, 1 en 2006 et 1 en 2007), totalisant 17 à 19 oursons.

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Sources :

  • Camarra J.-J., Coreau D., Touchet P., septembre 2007. Statut de l'ours brun dans les Pyrénées françaises - Historique, évolution, perspectives. Faune Sauvage n°277 / septembre 2007 (bulletin mensuel de l'ONCFS).
  • Avec le naturaliste, sur les pas de L'OURS BRUN DES PYRENEES - Gérard Caussimont - FIEP et Loubatières.
  • L'ours brun dans les Alpes françaises - Faisabilité de sa réintroduction - Georges Erome et Jean-Louis Michelot - 1990.

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