Page dernièrement modifiée le Samedi 15 Juin 2002
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COLONIE
DE L'ARCHIPEL DE MOLENE / OUESSANT
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La colonie de phoque gris de l'archipel Molène/Ouessant est celle la plus au sud de l'aire de répartition mondiale de cette espèce.
Si la présence du phoque gris en Bretagne est connue depuis le XVIII° siècle, les premières données ne datent que de la fin des années 1950 et la prermière preuve de reproduction de 1974. Cette colonie se situe en mer d'Iroise, dans l'archipel Molène, entre la pointe du Finistère et l'île d'Ouessant. Cependant certains individus sont observés sur l'île de Sein et sur le continent (presqu'île de Crozon ou cap Sizun). L'archipel est composé de sept îles principales (Banneg, Banaleg, Triélen, Quéménes, Molène, Béniguet ...), de dizaines d'îlots et d'une centaine d'écueils très dangereux pour les embarcations. Cette zone est d'autant plus dangereuse que les courants de marée balaient quotidiennement les îles et que ce secteur de Bretagne est peu profond (moins de 20 mètres en moyenne). Cette zone se situe dans le futur parc national marin de mer d'Iroise, dans le parc naturel régional d'Armorique et trois îles (Banneg, Balaneg et Triélen) se trouvent dans la réserve naturelle d'Iroise.
Cette colonie ne constitue pas un isolat, mais fait partie d'une méta-population qui vit entre les côtes anglaises et bretonnes. Certains individus restent toute l'année et se reproduisent dans l'archipel, d'autres restent toute l'année en Angleterre et s'y reproduisent, tandis que d'autres font des va-et-vient réguliers entre l'Angleterre et l'Iroise et fréquentent, au cours de l'année, les reposoirs de Molène ou ceux d'Angleterre. Le fait que seulement 50 individus, maximum soient observés en même temps sur l'archipel, mais qu'au total plus de 100 individus soient répertoriés sur une année, semble acréditer cette hypothèse. Par ailleurs, on enregistre 3 à 4 naissances annuelles dans l'archipel de Molène et 1 à 2 sur l'île d'Ouessant. Ces naissances sont peu nombreuses, alors que la population augmente régulièrement depuis une dizaine d'années. Ceci peut s'expliquer par la disparition de la plupart des femelles au cours de la période de reproduction (sans doute pour se reproduire ou mettre bas en Angleterre), alors qu'elles sont nombreuses en été!
Cette population est vulnérable du fait du faible nombre d'individus reproducteurs et des dérangements lors de la reproduction qui peuvent provoquer l'abandon du petit par la mère. Comme partout ailleurs, la population pourrait souffrir d'un dégazage sauvage ou d'une marée noire. Ainsi, en janvier 2000, 2 phoques ont été retrouvés mazoutés à cause d'un dégazage sauvage et 4 autres à cause de la marée noire de l'Erika.
Heureusement, la création d'un parc national et les études réalisées par Océanopolis et l'ONCFS vont permettre de préserver et de mieux connaître la population d'Iroise. En plus, Océanopolis a créé une clinique pour phoques, qui reçoit environ 20 pensionnaires chaque année. En effet, de nombreux jeunes phoques, nés dans l'archipel ou en Angleterre, s'échouent en hiver sur les plages, du fait des nombreuses tempêtes hivernales et de leurs manques d'expériences. Après une période de convalescence nécessaire, ceux-ci sont relâchés. L'avenir du phoque gris semble, à priori, assuré.
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