Page dernièrement modifiée le Jeudi 24 Octobre 2002

POPULATION DE MEDITERRANEE ORIENTALE

La dernière population méditerranéenne de phoques moines compte entre 100 et 150 individus, localisés en Méditerranée Orientale.

- Variation des effectifs de la population méditerranéenne au fil du temps (Source : Association Mariolos Moines Monachus) :

Le principal noyau de cette population survit entre la Grèce et la Turquie. Les derniers phoques moines fréquentent donc les innombrables îles de la mer Egée, des Sporades du Nord (plus d'une cinquantaine) à la Crête en passant par les Sporades du Sud (Dodécanèse) et les Cyclades, ainsi que les côtes turques. Quelques individus erratiques sont observés de temps à autres plus à l'ouest, sur les côtes d'Afrique du Nord (Lybie, Algérie, Tunisie, Algérie), de l'Adriatique (Croatie, Albanie...) voire en Sardaigne, mais ne forment pas de populations proprement dites.

Les phoques moines sont très rares et ils sont très difficiles à observer. Ces pinnipèdes sont menaçés par le tourisme et la surfréquentation des côtes. Cette surfréquentation oblige les femelles à mettre bas, non plus sur les plages comme avant, mais dans des grottes de falaises rocheuses, ce qui augmente la mortalité des jeunes lors des tempêtes, souvent très violentes. Certains pêcheurs constituent encore une menace pour les phoques, mais la plupart ont maintenant compris que ce mammifère n'est pas un rival. Il suffirait malheureusement d'une marée noire, d'une épidémie comme c'est arrivé récemment en Mauritanie, pour anéantir les quelques survivants. Il faut savoir que cette population est dispersée et ne vit qu'en petits groupes de 2 ou 3, autour des nombreuses îles grecques et le long de la côte turque. En hiver cependant, les groupes observés à Alonnissos se composent de 9 individus environ.

Heureusement, afin de protéger les dernières phoques ainsi que leurs lieux de mise-bas, des parcs marins ont été créés, aussi bien en Turquie qu'en Grèce. D'ailleurs, dans ce dernier pays, il existe un parc national marin, bientôt un deuxième, ainsi que plusieurs zones de protection :

- Naissances de phoques moines dans le Parc National marin des Sporades du Nord (Source : Monachus Guardian - Novembre 2001) :

Un Centre de secours et de réhabilitation des phoques moines, fondé en 1990 à Alonissos (dans le Parc National marin), recueille les jeunes phoques orphelins et inexpérimentés.

Après une période de convalescence, ils sont relâchés en mer avec un surplus de poids leur permettant de jeûner pendant quelques jours. De plus, toutes les grottes des Sporades fréquentées par les phoques sont équipées de caméras infra-rouge, afin d'agir si un bébé est en difficulté. 12 biologistes et 2 bateaux sont ainsi prêts à appareiller en cas de danger. Il semblerait même que, depuis quelques années, les naissances augmentent légèrement.

A noter également que les pêcheurs ne consituent plus une menace pour les phoques et aident au contraire très souvent les biologistes en leur faisant part de leurs observations et en recueillant parfois les orphelins. Ainsi, la sensibilisation des pêcheurs et des plaisanciers semblent porter ses fruits.

Enfin, les derniers phoques moines semblent se réfugier sur les îles désertiques convoités par les grecs et les turcs et où l'accès est totalement interdit à l'homme. Ces deux pays protègent donc, sans le vouloir, les derniers phoques moines de Méditerranée.

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