Page mise en ligne le 1er Février 2008 - Page dernièrement modifiée le Vendredi 1er Février 2008

LE GYPAETE BARBU BRACONNE EN VALLEE D'ASPE EST MORT - 01/02/2008

Le 11 janvier 2008, un gypaète barbu était retrouvé blessé sur le bord d'une route dans la vallée d'Aspe, après avoir été lâchement plombé par un braconnier. Très affaibli, il a immédiatement été transféré, après sa découverte, au centre de soin d'Hegalaldia (Pays Basque). Pour plus d'informations, voir : Un gypaète barbu tiré dans la vallée d'Aspe.

Malheureusement, son état de santé s'est aggravé et il est mort le 25 janvier.

Pour plus d'informations, voir les communiqués de presse de la LPO et des associations ornithologiques et de protection de la nature du Sud-Ouest de la France :

Un gypaète barbu, récupéré blessé le 11 janvier dans la Vallée d’Aspe, après avoir été touché par deux plombs de chasse, est finalement mort le 25 janvier. La LPO a porté plainte contre X pour destruction d’espèce protégée auprès du Tribunal de Grande Instance de Pau et s’est constituée partie civile dans cette affaire, afin de dénoncer ce geste irresponsable.

Le 11 janvier, un gypaète barbu a été récupéré par les agents du Parc national des Pyrénées de la Vallée d’Aspe suite à un choc avec un véhicule. La radiographie a montré qu’il avait été touché par deux plombs de chasse : un dans le muscle pectoral et un autre dans la patte. Depuis, les spécialistes du centre de soins Hegalaldia (Pays basque) où il avait été accueilli, fortement amaigri, ont tenté de sauver le rapace. Le 25 janvier, son état de santé s’est fortement dégradé et il est mort dans la nuit. Les conclusions de l'autopsie sont sans appel. «Le tir a provoqué la chute de l’oiseau et une hémorragie pulmonaire. La plaie du thorax, avec une atteinte du muscle pectoral, a handicapé l’oiseau. N’ayant pu décoller, il est resté sur place 4 à 5 jours, sans manger ni boire, ce qui a déclenché des lésions rénales. Le plomb trouvé dans sa patte a, quant à lui, provoqué une lésion vasculaire qui a engendré une nécrose progressive de la patte et une lésion d’arthrite secondaire sur la patte opposée. En conclusion : le tir et la chute qui s’en est suivie sont responsables de la mort de l’oiseau ».

Le 15 janvier, la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) a porté plainte contre X pour destruction d’espèce protégée auprès du Tribunal de Grande Instance de Pau et s’est constituée partie civile dans cette affaire, afin de dénoncer ce geste irresponsable. Cette espèce est protégée au niveau international et en France par la loi du 10 juillet 1976 et par l’arrêté du 17 avril 1981. Depuis 1994, le gypaète fait l’objet de divers programmes de préservation en Europe. Dans les Pyrénées, il bénéfice d’un Plan national de restauration initié par l’Etat en 1997 et animé par la LPO, avec une cinquantaine de partenaires qui s’investissent au quotidien pour préserver ce joyau emblématique de la biodiversité des Pyrénées.

Avec moins de 150 couples nicheurs, dont la majorité vivent dans les Pyrénées (28 couples sur le versant nord), le gypaète barbu est le rapace le plus rare et le plus menacé d’Europe. Ce nécrophage, de la même envergure que le vautour fauve, a un très faible taux de reproduction : un seul jeune par couple parvient jusqu’à l’envol, tous les trois ans en moyenne. Quant aux chances de survie des jeunes, elles sont maigres : un sur trois seulement atteint l’âge adulte. D’années en années, la partie occidentale des Pyrénées accueille de moins en moins de gypaètes, les couples ayant de plus en plus de mal à trouver un lieu à l’abri des dérangements.

Les campagnes récentes contre le vautour fauve, espèce elle aussi protégée, faisant suite à quelques dégâts sur le bétail, ont pris récemment une autre envergure. Elles ont été amplifiées par certains élus locaux qui ne seraient pas désormais hostiles à une gestion du problème par les armes. Ce tir sur ce gypaète serait-il une conséquence directe de ces propos ?

En tout état de cause, avec des effectifs aussi faibles, la perte d’un seul individu peut mettre à mal la dynamique de population de l’espèce. L’oiseau qui vient de mourir, avait atteint l’âge adulte. Il aurait donc pu permettre à quelques jeunes de parvenir à l’envol et de concourir ainsi à l’avenir de cette espèce dans les Pyrénées-Atlantiques.

Si, aux causes naturelles de mortalité et aux dérangements en période de nidification, s’ajoute le tir délibéré de certains individus irresponsables, quel sera l’avenir du gypaète dans les Pyrénées ?

Ce communiqué de presse est commun à la LPO, la LPO Aquitaine, l’OCL (Organbidexka Col Libre), l’association Saiak et le centre de soins Hegalaldia

Contacts

Claire LUX, Attachée de presse LPO 01 53 58 58 34 06 34 12 50 69
Philippe SERRE, Coordination générale du programme Pyrénées, LPO Mission Rapaces 05 59 21 65 53
Martine RAZIN, Coordination du programme de suivi Pyrénées, LPO Mission Rapaces 05 59 41 99 90

 

C’est une bien triste nouvelle pour les Pyrénéens et les protecteurs de la nature : le Gypaète barbu, retrouvé gravement blessé par des plombs de chasse, le 11 janvier 2008 à Sarrance en vallée d’Aspe, est mort au bout de quinze jours au centre de soins Hegalaldia à Ustaritz.

On sait que l’aire de répartition pyrénéenne de ce rapace s’étend sur l’ensemble de la chaîne mais que ses faibles effectifs en font une espèce menacée de disparition, ce qui rend un tel tir encore plus intolérable. Les ornithologues des Pyrénées-Atlantiques condamnent fermement cette énième agression envers la faune sauvage, une nouvelle fois victime d’un comportement irresponsable, d’une grande lâcheté, et hors-la-loi. Nous condamnons vigoureusement le climat délétère qui règne depuis plusieurs années et provoqué par une médiatisation outrancière des soit disant attaques de vautours en Béarn et Pays Basque ; un climat également anti-prédateurs (anti-ours, anti-loup), et finalement anti-tout.

Nous soupçonnons que ce gypaète a fait les frais des graves déclarations d’élus ou responsables de syndicats agricoles. Pour mémoire, monsieur Louis Althapé, maire de Lanne- en-Barétous, et ancien sénateur, déclarait le 10 décembre 2007 dans la presse régionale : « Les vautours sont un vrai problème ! Il va falloir autoriser à les canarder ! » A croire qu’il y a surenchère entre MM. Bonrepaux, Baylaucq, Lassalle, Prim, et Althapé, tous prompts à faire ressurgir les archaïsmes et à alimenter la peur dans l’esprit des gens dès lors qu’il s’agit d’animaux autres que domestiques ou chassables.

Allons mesdames et messieurs les candidats aux municipales, affichez vos positions en défense de la nature et de la biodiversité. Aux élus respectueux du patrimoine pyrénéen, nous demandons de prendre une position courageuse en dénonçant clairement et fermement le tir mortel de ce gypaète barbu et plus généralement tous les actes de malveillance envers la faune sauvage.

Pour le Groupe d’études ornithologiques béarnais (G.E.O.B.), son président, Michel Chalvet
Pour le Groupe ornithologique des Pyrénées et de l’Adour (G.O.PA.), son président, Stéphan Carbonnaux
Pour l’association Saiak, sa présidente, Isabelle Rebours
Pour la S.E.P.A.N.S.O.-Béarn, son président, Jacques Mauhourat

 

Sources :

  • Communiqué de presse de la LPO du 28/01/2008.
  • Communiqué de presse commun du GEOB, du GOPA, de Saiak et de la SEPANSO Béarn du 28/01/2008.

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