Page dernièrement modifiée le Samedi 14 Juin 2008
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TECHNIQUE
ET HISTORIQUE DES LACHERS DE GYPAETES DANS LES ALPES
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Pendant la phase de préparation de la réintroduction, entre 1978 et 1986, on a debattu longuement sur les modalités de relâcher.
Deux méthodes étaient en discussion : on pouvait relâcher des individus immatures (de 3-4 ans) ou des individus juvéniles (de 3 mois) dans des aires artificielles (technique du taquet).
La première méthode aurait eu l'avantage de réduir au minimum les pertes d'individus. En effet on supposait que la mortalité avant l'age adulte pouvait atteindre le 90-95%. Il n'existait pas d'études spécifiques et la seule hypothèse était celle formulée par Hiraldo sur la base des données de C. Brown, collectées en Afrique du Sud.
Mais le principal risque de cette méthode était le possible trouble du comportement des individus, qui auraient dû être tenus en volière pour longtemps et se seraient inévitablement accoutumés à l'homme.
Les scientifiques participant à la réintroduction ont jugé la technique du "taquet", la plus favorable.
Cette méthode consiste à lâcher, de mai à juin, de jeunes gypaètes d'environ 3 mois (ne sachant donc pas voler) dans des aires artificielles (niches, cavités...) spécialement aménagées.
Ils sont alors nourris de muscles coupés, grâce à un tuyau afin qu'il n'y ait pas de contacts avec l'homme, toutes les 2 ou 3 nuits. Après 20 à 30 jours restés dans la grotte, les jeunes gypaètes entreprennent leur premier vol, c'est-à-dire fin juin à début juillet généralement. Ils ont alors une moyenne de 116 jours. Comme avant l'émancipation ils n'ont plus de contacts avec les parents, on relâche au minimum deux gypaètes sur un même site, pour remédier aux manques de liens sociaux.
Après l'envol, les gypaètes restent un certain temps sur le site, puis s'en éloignent de plus en plus, jusqu'au jour où ils le quittent définitivement. En août, ils sont capables de trouver des charognes et de se nourrir seul. Comme pour eux, il s'agit de leur lieu de naissance, il arrive que certains oiseaux reviennent visiter de façon temporaire le site.
Pour reconnaître les oiseaux en vol, les spécialistes leur décolorent certaines rémiges ou certaines plumes de la queue, en plus des traditionnelles bagues colorées. Les marques restent environ deux ans, jusqu'à la première mue. Malheureusement, à l'âge adulte, on ne peut plus identifier les oiseaux adultes (même les experts ne peuvent pratiquement plus identifier les individus). Heureusement, la génétique a permis de résoudre le problème. Avant chaque lâcher, un prélèvement sanguin est pratiqué sur l'oiseau, permettant ainsi de déterminer son sexe et de procéder à une analyse génétique. Ainsi, on peut déterminer à quel individu appartiennent des plumes perdues ou des crottes. De plus, chaque jeune lâché est marqué à l'aile à l'aide de bagues numérotées. Elles sont invisibles à l'oeil nu mais observables sur un individu mort.
Des lâchers à l'émancipation totale de l'oiseau, des bénévoles suivent attentivement chaque déplacement de l'oiseau et le surveillent dans sa grotte contre d'éventuelles attaques de prédateurs (En 1994, en Haute-Savoie, un jeune s'est fait dévorer par un renard dans la niche de réintroduction).
De 1986 à 2008, 156 oiseaux ont été relâchés dans l'ensemble des Alpes : 39 en Haute-Savoie, 33 dans le massif de l'Argentera-Mercantour, 37 entre l'Engadine et le Stelvio (26 en Suisse et 11 en Italie) et 47 en Autriche.
Tableau récapitulatif et détaillé du nombre de jeunes lâchés chaque année dans les différents sites de l'arc alpin depuis 1986:
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86
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87
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88
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89
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90
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91
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92
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93
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94
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95
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96
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97
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98
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99
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00
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01
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02
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03
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04
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05
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06
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07
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08
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Total
sites
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Autriche
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4
(3)
|
2
|
3
|
4
|
2
(1)
|
2
|
2
|
2
|
2
|
-
|
2
|
-
|
2
|
2
|
2
|
2
|
2
|
2
|
2
|
2
|
2
|
2
|
2
|
47
(45)
|
|
Haute-Savoie
(F)
|
3
|
2
|
5
|
2
|
3
|
2
|
2
|
2
|
-
|
2
|
-
|
2
|
2
|
2
|
2
|
2
|
2
|
2
|
2
|
Fin
réintroduction
|
39
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|||
|
Engadine
(CH)
|
3
|
2
|
2
|
2
|
-
|
2
|
2
|
2
|
2
|
2
|
2
|
-
|
1
|
-
|
2
|
-
|
2
|
-
|
26
|
|||||
|
Stelvio
(I)
|
2
|
-
|
2
|
-
|
2
|
-
|
3
|
-
|
2
|
11
|
||||||||||||||
|
Mercantour
(F)
|
3
|
-
|
2
(1)
|
-
|
2
|
-
|
2
|
-
|
2
|
-
|
2
|
-
|
2
|
-
|
2
|
-
|
17
(16)
|
|||||||
|
Alpi
Marittime (I)
|
2
|
-
|
2
|
-
|
2
|
-
|
2
|
-
|
2
|
-
|
2
|
-
|
2
|
-
|
2
|
16
|
||||||||
|
Total
année
|
4
(3)
|
5
|
5
|
9
|
4
(3)
|
8
|
6
|
9
|
8
|
2
(1)
|
8
|
4
|
8
|
8
|
10
|
8
|
8
|
7
|
8
|
8
|
7
|
6
|
6
|
156
(153)
|
|
Total
cumulé
|
4
(3)
|
9
(8)
|
14
(13)
|
23
(22)
|
27
(25)
|
35
(33)
|
41
(39)
|
50
(48)
|
58
(56)
|
100
(57)
|
68
(65)
|
72
(69)
|
80
(77)
|
88
(85)
|
98
(95)
|
106
(103)
|
114
(111)
|
121
(118)
|
129
(126)
|
137
(134)
|
144
(141)
|
150
(147)
|
156
(153)
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PS : Le nombre non entre parenthèse tient compte du nombre réel d'oiseaux qui se sont envolés, tandis que le nombre entre parenthèse comprend également les oiseaux qui ont du être repris car trop imprégnés
En 2007, la Fondation pour la conservation du gypaète barbu (FCBV), suite à l'augmentation du nombre de couples en nature et au relatif succès de la reproduction (le nombre de jeunes nés en nature chaque année atteint voire dépasse le nombre de jeunes relâchés chaque année), a décidé de réduir progressivement les relâchers dans les Alpes, jusqu'à les cesser définitivement en quelques années.
Déjà, depuis 2006, la réintroduction est terminée en Haute-Savoie.
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Sources :
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