Page mise en ligne le 7 Juin 2008 - Page dernièrement modifiée le Samedi 7 Juin 2008
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POPULATION
DE GYPAETES BARBUS DE L'ILE DE CRÊTE (Grèce)
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Historiquement, le gypaète barbu était présent sur l'ensemble de l'île de Crête, au sud de la Grèce, depuis les collines littorales (aires présentes à 300 mètres d'altitude seulement) jusqu'aux massifs de l'intérieur.
Mais du fait de persécutions directes et de dérangements, les populations déclinèrent rapidement au cours du XXème siècle.
En 1979, 8 couples étaient localisés, dont 4 avec un poussin, par Heredia. En 1981, la population était estimée à 10 couples par Vallianos. Dans les années 1980, Hallmann évaluait la population à 15-25 couples, même s'il n'y avait vraisemblablement plus qu'une douzaine de couples.
A la fin des années 1990, la population était au plus bas et ne comprenait plus que 4 couples territoriaux.
Tous les cas de mortalité enregistrés entre 1991 et 2000 (8 en total) sont attribués à la persecution humaine directe. De plus, la productivité a été basse durant cette période (environ 0,35 jeune/couple/an).
Celle-ci peut être attribuée à plusieurs facteurs, comme la diminution des ressources alimentaires (notamment des populations du seul ongulé sauvage de l'île : la chèvre égagre - Capra aegagrus) ou les dérangements durant la période de reproduction par la création de pistes forestières ou de routes, qui accentuent la fréquentation et la pénétration de massifs autrefois très sauvages et préservés.
Ainsi donc, c'est la combinaison d'une forte mortalité adulte causée par l'homme et d'un faible taux de reproduction qui a mené l'espèce au bord de l'extinction, avec seulement deux couples reproducteurs (pondeurs) sur les quatre présents.
Globalement, à l'instar de la Corse et à la différence d'autres zones comme la Sardaigne ou la Grèce intérieure, si l'espèce a survécu en Crête, c'est surtout liée à l'absence de canidés sauvages (loup, chacal, renard) et donc à l'absence de campagnes d'empoisonnement généralisées.
A cause du risque imminent de disparition, le Musée d'Histoire Naturelle de l'Université de Crète, la Société Ornithologique de Grèce, le Compartiment Forestal de la région de Crète et la Commune de Inachori, appartenant à la Préfecture de Chania, ont préparé deux projet de conservation pour la période 1998-2006. Ces projets, financés par la CE avec un LIFE, ont réussi à stabiliser et augmenter la population.
Ainsi en 2007, la population de gypaète est composée de 6 couples nicheurs (dont 4 ont pondu dans la saison 2005/06). Au total, le nombre d'individus est évalué à une trentaine, dont environ 60% d'adultes. A noter qu'en 2007, les 6 couples ont donné 3 jeunes à l'envol.
Les principales actions mises en œvre par les projets susmentionnés ont été le suivi regulier de la population (comptage de la population, monitoring de l'activité reproductive, radio tracking pour les jeunes de la première année) ; la protection et la gestion de l'habitat (constitution de réserves, construction d'étangs, pose de clôtures autour de zones sensibles, contrôle de l'accès à certaines zones,...) ; le contrôle et la surveillance des aires des couples de gypaète ; le nourrissage artificiel (création de 7 charniers et ravitaillement de 6 tonnes de nourriture par an en moyenne...) et des campagnes de sensibilisation de la population.
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Sources :
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