Page dernièrement modifiée le Lundi 30 Octobre 2006

VIE ET BIOLOGIE DU VAUTOUR FAUVE

Nous parlerons donc de la vie et de la biologie du vautour fauve, à travers plusieurs paragraphes :

 


DESCRIPTION

Le vautour fauve est l'un des plus grands rapaces français. Il a une envergure variant de 240 à 270 cm, pour une taille de 95 à 110 cm et un poids de 6 à 8 kg.

Vautour des Gorges du Verdon.

Photo : © Mathieu Krammer - 28 octobre 2005 - gorges du Verdon (Alpes-de-Haute-Provence).

On le reconnait à ses grandes et larges ailes, sa courte queue et à sa petite tête dont le cou est entouré d'une collerette blanche chez l'adulte et brune chez le jeune. Le plumage est brun-fauve tandis que les rémiges et la queue sont brun foncé.

Sa tête et son cou sont déplumés pour qu'il ne se souille pas lorsqu'il fouille les entrailles des animaux.

Il possède des griffes peu puissantes puisqu'elles ne lui servent pas.

Leur vue est très perçante : des études ont prouvé que le vautour peut apercevoir un objet de 30 cm, à plus de 3000 mètres de distance !

Dans la nature, le vautour fauve peut vivre jusqu'à 40 ans.

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BIOTOPE ET DOMAINE VITAL

Trois conditions sont indispensables pour la nidification du vautour fauve : sites rocheux, nourritures et conditions aérologiques.

Les parois rocheuses riches en cavités, vires et corniches sont nécessaires pour la reproduction de cette espèce nichant en colonie, de 2 à plus de 100 couples, avec une organisation sociale complexe. Ces sites correspondent surtout à des falaises calcaires ou dolomitiques à faible altitude : entre 300 et 1 200 m, environ (dans le Diois, les 2 couples reproducteurs sont installés à 1350 mètres d'altitude). En effet, contrairement à ce que l'on peut croire le vautour ne niche pas en haute-montagne car sa reproduction étant précoce, le nid serait recouvert de neige et la survie du jeune compromise.

Le vautour fauve cherche des territoires où vivent des troupeaux de moutons, chèvres ou vaches car il est dépendant de charognes de ces animaux. Le domaine vital de la colonie doit être, en grande partie, situé en dessous de la haute montagne.

Enfin le territoire doit être parcouru de nombreux ascendants thermiques chauds car c'est un planeur hors pair. Généralement ces zones se situent dans des régions de moyennes montagnes, découpées en profondes gorges.

En conclusion, les vautours fauves peuvent utiliser (lorsque cela est possible) les alpages de haute montagne en été, mais ne se reproduisent que dans les vallées à basse ou moyenne altitude. Ainsi le domaine vital du vautour est très étendu (dans les Baronnies, le territoire hivernal est de l'ordre de 350 km² alors que le domaine estival est de l'ordre de 2500 km²).

Adulte, le vautour fauve est un animal sédentaire. Mais même en période de reproduction, des individus sont aperçus très loin du nid, certainement à la recherche de nourritures : le 23 avril 2002, une femelle établie dans les Gorges du Verdon a été vu dans le Diois, à 150 km de distance, alors que son partenaire couvait. Le précédent record n'était "que" de 70 km.

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NOURRITURE

Le vautour fauve se nourrit surtout de cadavres d'animaux domestiques (moutons, chèvres, vaches ...) dont il est entièrement dépendant. Dans les Pyrénées principalement, mais aussi dans les Causses, les Hauts-Plateaux du Vercors, le Haut-Verdon et le Haut-Var, beaucoup de curées naturelles ont été observées par les bergers. Mais à l'occasion, il peut se nourrir de cadavres d'animaux sauvages (cerfs, sangliers, chevreuils, chamois ...). Ainsi, dans le Vercors - Diois, des curées ont été observées sur des charognes d'un cerf, de chamois et d'un bouquetin.

Voici ce qu'il reste d'une brebis morte, après le passage des vautours fauves, moines et percnoptères : le squelette et un tas de laine !

Photo : © Mathieu Krammer - 30 juillet 2002 - causse Méjéan (Lozère).

Les vautours fauves parcourent inlassablement leur domaine vital à la recherche de charognes, en petits groupes lâches et éloignés les uns des autres. Ainsi, ils prospectent un rayon plus important. Ils découvrent les cadavres grâce à leur vue perçante et à la présence d'oiseaux charognards près des bêtes mortes (milans, percnoptère, corbeaux, corneille ...). Ils jettent un oeil sur leur territoire et l'autre sur leur congénères afin de voir si des signes permettent de penser s'ils ont trouvé pitance !

Le cadavre découvert, les vautours observent pendant des heures les environs (pour vérifier que le lieu soit bien tranquille), avant de s'approcher de la charogne. Dès qu'ils arrivent celle-çi, ils ne se battent pas comme on le croit, mais respectent un ordre hiérarchique particulier : le plus affamé mange en premier, avant d'être délogé par un autre affamé. On assiste alors à des manoeuvres d'intimidations, des querelles ... Les vautours se nourrissent en groupe, pouvant atteindre plus d'une centaine d'individus : à Hures-la-Parade, dans les Grands Causses, 115 vautours ont été vus autour d'une carcasse de brebis ! (Source : Faune Sauvage de Lozère - Association Lozérienne pour l'Etude et la Protection de l'Environnement).

La carcasse d'un ovin est dévorée en moins de 15 minutes, alors que celle d'un bovin ou un équin peut durer 5 à 6 jours. Après le passage des fauves, il ne reste plus que la peau, les poils, les os, le cuir et les gros tendons.

Le vautour fauve est capable d'avaler plus d'un kilo de viande d'un seul tenant. Dans ce cas là, il est capable de jêuner pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines.

Comme le vautour rentre le cou et la tête dans les entrailles des cadavres, il se salit. De ce fait, apèrs chaque repas, le vautour fauve se baigne dans une flaque ou une petite mare.

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REPRODUCTION

Dès le mois de novembre, on peut observer le très spectaculaire vol nuptial : le couple tournoie haut dans le ciel et vole un au dessus de l'autre, les ailes déployées et rigides. On pourrait croire qu'ils sont reliés par un fil invisible. Ainsi le vol tandem à deux ou six vautours est une signification nuptiale.

Dès la mi-décembre, le nid est construit par le mâle et la femelle sur une vire ou une corniche, à proximité d'autres couples.

Petit groupe de vautours fauves sur une vire des Gorges du Verdon.

Photo : © Mathieu Krammer - 28 octobre 2005 - gorges du Verdon (Alpes-de-Haute-Provence).

Généralement, le nid est construit à proximité immédiate des reposoirs utilisés le reste de l'année. De loin, on reconnait la présence du nid à la couleur blanche de la paroi en dessous de l'aire. Cette couleur est dûe aux fientes laissées par les parents et l'oisillon. L'extérieur du nid est composé de branches, tandis que la coupelle intérieure est garnie de branchettes, de feuilles, de mousses, d'herbes et de laine. L'aire a un diamètre d'un mètre environ

La ponte a lieu de la mi janvier à début février, plus rarement de fin décembre (pour les colonies les plus anciennes) à début avril (pour les colonies nouvellement crées) : dans les Baronnies, des pontes ont été notées jusqu'au 9 avril. La femelle pond un oeuf, qu'elle incube en alternance avec le mâle pendant 55 à 58 jours.

Une ponte de remplacement peut avoir lieu, le mois suivant, si la destruction de l'oeuf a lieu en début d'incubation.

L'oeuf unique éclot donc de mi mars à début avril (jusqu'à mi-mai pour les pontes ayant eu lieu fin mars). A la naissance, le poussin pèse 170 g. Il est nu, recouvert d'un fin duvet clairsemé et très fragile : pour survivre, il est obligé d'être chauffé par ses parents sans interruption, durant les premières semaines. Le petit est nourri d'une bouillie prédigérée et régurgitée par les parents. Les premiers battements d'ailes interviennent au bout de 2 mois, mais le jeune reste au nid environ 4 mois.

Son premier vol intervient entre fin juillet à début septembre. Le juvénile reste toutefois nourri et protégé par ses parents jusqu'à la fin de l'automne, avant de s'émanciper. Bien qu'attachés à leur lieu de naissance, les jeunes errent jusqu'à l'âge de 4-5 ans, date à laquelle ils se fixent sur un territoire.

Certains effectuent même des migrations à l'automne en Espagne, en Afrique du Nord (Maroc par exemple), en Afrique de l'Ouest (Sénégal par exemple) ou encore en Europe de l'Est, pour ne revenir qu'au printemps. Ainsi, récemment, un jeune vautour fauve né et bagué dans les Grands Causses en 2004 a été identifié les 21 et 22 septembre 2005... dans le Parc National de Dadia, dans les Balkans, en Grèce, soit à plus de 1800 kilomètres de son lieu de naissance ! (Source : J.-P. Choisy - PNR du Vercors). Mais le record semble détenu par un oiseau né en 2004 sur l'île de Cres (Croatie) qui a été vu en Israël en mai 2005 (dans le Parc national de Gamla), puis dans les gorges des Causses en novembre 2005 ! Ce déplacement représente un déplacement linéaire de plus de 3000 km et au moins de 3500 s’il est passé au-dessus des terres ! (Source : J.-P. Choisy - PNR du Vercors).

Généralement, les premières reproductions interviennent à l'âge de 5-6 ans, mais dans les colonies nouvellement créées, l'âge de première reproduction peut s'abaisser à 3-4 ans. Le succès de la reproduction est par contre très faible à cet âge là (inexpérience du jeune couple).

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DEPLACEMENT AERIEN

Le vautour est un très grand voilier. Seul le mauvais temps l'empêche de voler.

Vautour des Gorges du Verdon.

Photo : © Mathieu Krammer - 28 octobre 2005 - gorges du Verdon (Alpes-de-Haute-Provence).

Son vol est silencieux, seulement troublé par le sifflement de l'air glissant dans leurs ailes. Pour planer, ils utilisent :

C'est pour cette raison que les vautours attendent les heures les plus chaudes de la journée (10 à 13 heures) pour s'élancer, à moins que le vent ne leur permettent de voler plus tôt. Dans ce cas, ils peuvent s'envoler dès l'aube.

La vitesse moyenne du vautour fauve varie de 25 à 50 km/h, mais en pointe, il peut dépasser les 100 km/h.

Il peut planer des heures entières sans s'arrêter et il est incapable de pratiquer un vol battu sur de longues distances.

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