Page dernièrement modifiée le Vendredi 8 Juin 2007


Jean-Pierre CHOISY est biologiste, chargé de mission "Faune" au Parc Naturel Régional du Vercors.

Il s’exprime ici librement, en tant que biologiste de terrain, participant à la réintroduction du vautour fauve et au suivi des 4 espèces de vautours dans le Diois/Vercors et bien au delà (donc compétent en la matière) et ayant consulté d'autres compétences.

Il n'exprime bien évidemment que son point de vue personnel et scientifique, et non la position officielle du PNR du Vercors.

Je tiens d'ailleurs à le remercier d'avoir accepté que je mette en ligne son texte.

Voici son opinion sur ces "attaques" de vautours :


"ATTAQUES" DE VAUTOURS

- FAITS ET ANALYSE

- FAIRE FACE A LA SITUATION

- PLUS DETAILS : AVIS TECHNIQUEMENTS FONDES, TEMOIGNAGES

De nombreux échanges de courriels avec des personnes compétentes en matière de vautours et des vétérinaires ruraux familiers des vautours permettent d’y voir clair.

  1. Les vautours ne sont pas des prédateurs mais des charognards
  2. Des femelles d'ongulés qui mettent bas n'ont rien à craindre de vautour si elles sont en bonnes conditions
  3. On ne peut jamais totalement exclure un comportement aberrant chez des animaux affamés
  4. Des incidents concernent tous des mises qui se seraient de toute façon mal terminées
  5. Les indicents à vautours lors de mises bas de bétail sont quasiment tous en rapport avec des fautes de conduite de l'élevage
  6. Réactions des éleveurs
  7. Des journalistes jetant de l'huile sur le feu pour dramatiser un incident
  8. D'autres journalistes, eux, font leur travail
  9. Conséquences
  1. Impropriété de terme lourde de conséquences donc à proscrire
  2. Une incertitude à lever
  3. Constats et interprétation par qui en a la compétence
  4. Relativiser et préciser
  5. Une indemnisation systématique serait probablement une faute stratégique majeure
  6. Prévention des incidents
  7. Information sereine des éleveurs, des vétérinaires, des administrations concernées, des journalistes, du public, sur la base de faits et de leur analyse rationnelle
  1. Deux poids, deux mesures ?
  2. Un vétérinaire rural compétent en vautours informe
  3. Fraudes
  4. Réactions des éleveurs et des responsables du suivi des vautours

FAITS ET ANALYSE

 

I. - LES VAUTOURS NE SONT PAS DES PREDATEURS MAIS DES CHAROGNARDS

Un grand nombre d’espèces de Rapaces diurnes (Accipitridés) sont des prédateurs occasionnellement charognards : Buse, Aigle royal, etc.; Quelques-unes peuvent être autant l’un que l’autre, en fonction des disponibilités : Pygargues Milans, etc.; Les vautours d’Eurasie et d’Afrique, eux, sont totalement spécialisés dans le charognage tant par leur "équipement" que leur comportement.

"EQUIPEMENT"

Les vautours ont perdu les armes des Rapaces prédateurs : les serres*. Le bec crochu, impressiant, n’est pas une arme pour tuer mais un outil pour dépecer les proies tuées, à la rigueur contribuant à leur achèvement (ou pour tuer des proies minuscules consommées à l’occasion er ne necessitant le recours aux armes proprement dites). C’est pourquoi :

Lors du dernier lâcher de vautours fauves dans le Diois, pendant l’équipement d’un individu pour radio-pistage, il m’a enfoncé un de ses ongles entre deux doigts de la main en étendant la patte, pour me repousser. Si cela avait un aigle, avec serres aigues se refermant, j’aurai eu la paume transpercée ou déchirée.

* Exception : les pattes du Casseur d’os Gypaetus barbatus sont restées préhensiles, car il les utilise pour transporter les os et les briser en les lâchant sur des rochers.

COMPORTEMENT

Commencer à manger un animal n’ayant pas achevé son agonie ou encore inerte et ne réagissant pas ne peut être considéré comme faisant partie d’un répertoire comportement de prédation. Certes, les prédateurs profitent courrament du handicap d’un animal pour en faire leur proie : économie d’énergie. Mais, sans que la réussite soit assurée, loin de là ils sont aussi capables de s’attaquer à un animal en bonne condition, au prix d’un effort bien plus grand mais possible sans constituer une rareté comportementale

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II. - DES FEMELLES D’ONGULES QUI METTENT BAS N’ONT RIEN A CRAINDRE DE VAUTOUR SI ELLES SONT EN BONNE CONDITION

Dans le Diois :

Les femelles suitées d’Ongulés sauvages, sont encore bien plus aptes que celles d’Ongulés domestiques à discerner les dangers. Exemples parmi bien d’autres :

Or :

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III. - RATIONNELLEMENT, ON NE PEUT JAMAIS TOTALEMENT EXCLURE UN COMPORTEMENT ABERRANT CHEZ ANIMAUX AFFAMES, dans le cas des vautours, par les aberrations récentes de gestion des charognes en Espagne.

TOUTEFOIS DES PREUVES FACTUELLES RESTENT ENCORE A APPORTER DANS LE CAS DES VAUTOURS.

L’intime conviction, la réaction émotionnelle d’un éleveur sous influence télévisuelle, la simple répétition de l’expression de cette conviction ou de cette émotion, ou encore le nombre de ses décibels, rien de tout cela ne saurait constituer une preuve : ni au sens juridique, ni au sens du français général, ni un test d’hypothèse, au sens scientifique.

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IV. - LES INCIDENTS CONCERNENT TOUS (ou presque? précaution méthodologique : je n’ai pas d’information factuelle fiable à se sujet) DES MISES BAS QUI, AVEC OU SANS VAUTOURS, SE SERAIENT MAL TERMINEES, en dehors des hypothétiques aberrations de comportées envisagées ci-dessus ;

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V. - LES INCIDENTS A VAUTOURS LORS DE MISES BAS DE BETAIL SONT QUASIMENT TOUS EN RAPPORT AVEC DES FAUTES DE CONDUITE DE L’ ELEVAGE

Deux fait sont incompatibles avec l’hypothèse de comportement prédateur, au sens exact du terme :

Ceci démontre que l’origine des incidents n’est pas dans un comportement de prédation mais dans la conjonction des caractéristiques propres à certains races domestiques et d’une conduite de l’élevage inappropriée : bovins qui ne devrait jamais être mis en alpage qu’après avoir vêlé, particulièrement chez des races plus productives mais moins rustiques que les races montagnardes, races qui, même en étable, ne doivent pas vêler sans surveillance, prête à se transformer en assistance. C’est d’ailleurs ce que font les éleveurs sérieux qui, heureusement, ne sont pas rares !

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VI. - REACTIONS DES ELEVEURS

Tout existe :

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VII. - DES JOURNALISTES JETANT DE L’ HUILE SUR LE FEU POUR DRAMATISER UN INCIDENT, le rendant bien plus "porteur"...

Télévision comme presse écrite ont commis une faute déontologique (de plus en plus fréquente) : fonctionner en caisse de résonnance de rumeurs sans vérification de la matérialité des faits ou/et de la rationnalité de leur interprétation. Certains sont allé jusqu’au parti-pris mensonger. Par exemple : dans le Sud-Ouest, un article de l’Indépendant du 20/05/07, intitulé "Chasse" et signé "CAL 12" prétend que la loi, de nos jours ne permet plus de laisser les charognes, aux vautours, donc que ceux-ci affamés, s’attaquent au bétail "C’est la loi de la nature que ne connaissent malheureusement par nos écologistes citadins" (sic!) : mensonges + bêtise + pseudo-bon sens = ça fonctionne très bien ! Voilà comment on modèle une fraction de l’opinion publique, qui ne demande qu’à être caressée dans le sens du poil. L’exploitation démagogique et mensongère par des candidats aux prochaines élections permet au moins de se poser des questions relative à la genèse de ce battage médiatique : hic fecit qui prodest?

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VIII - D’AUTRES JOURNALISTES, EUX, FONT LEUR TRAVAIL

Ainsi, en région Rhône-Alpes, le Dauphiné Libéré après avoir publié sur la prétendue attaque dans l’Ardèche, a publié un article de démenti, étayé par un vétérinaire, et même un autre article de portée plus générale : "Vautours, le mauvais procès". Pourtant, pour des journalistes responsables, il y aurait à jouer un rôle de dédramatisation, d’information du public et même d’information préventive auprès des éleveurs (cf. supra pratiques inadaptées à certaines races, mais aussi sur les interprétations erronnées.

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IX. -- CONSEQUENCES

"Vous pouver mentir tout le temps à quelqu’un, ou quelque temps à tout le monde. Mais vous ne pouvez pas mentir tout le temps à tout le monde." Lincoln (enfin, je crois...)

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FAIRE FACE A LA SITUATION

 

I. - IMPROPRIETE DE TERME LOURDE DE CONSEQUENCES DONC A PROSCRIRE

Il est inadmisible d’user du nom "prédation" pour désigner le début de consommation par des charognards d’un animal dont l’agonie n’est pas achevée : incompétence en biologie, ou carence de maîtrise du français ou... gauchissement délibéré du sens des mots dans un but de manipulation de l’opinion ?

On le répétera jamais assez :

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II. - UNE INCERTITUDE A LEVER

Concernant d’ éventuelles attaques d’animaux domestiques non en situation de grave handicap, tel que mise bas difficile, avant tout interprétation il est essentiel qu’on puisse arriver à une certitude au niveau des faits bruts. Il est exclu de se contenter d’une approche théorique du genre : "les aberrations de gestion des charognes au sud des Pyrénées pourraient engendrer des aberrations de comportement des vautours au nord la chaîne". L’intime conviction ou le pifomètre n’ont pas à être pris en considération : il nous faut des faits matériels, des preuves indiscutables. Il ne s’agit plus de faire de la littérature “pour” ou “contre” les vautours et communication dans le “consensus mou” mais de rigueur scientifique :

Si, malgré un réel effort d’étude, on n’arrive à rien de solidement étayé, on devra conclure soit qu’il s’agit de rumeurs sans fondements réels, soit de cas tellement rares qu’ils sont négligeables en matière de gestion.

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III. - CONSTATS ET INTERPRETATION PAR QUI EN A LA COMPETENCE

Lorsqu’on a besoin d’un “diagnostic” de géologie, d’écologie végétale ou animale, on s’adresse à des spécialistes expérimentés de ces disciplines, oui ou non ?

De la même manière, seul un vétérinaire rural, familier du monde des éleveurs, est apte à discerner les causes de la mort d’un animal consommé par des vautours a été tué par eux ou non, s’il était victime d’une pathologie, de mise bas ou autre, telle que, avec ou sans vautours, sa probabilité de survie était des plus minimes, comme à déceler d’éventuels "maquillages".

On même a vu des ornithologues engagés dans des actions de restauration des populations de vautours se demander si tel ou tel animal n’avait pas été attaqué et tué par des vautours, alors que, eux après, un vétérinaire démontrait quasi-immédiatement que l’animal était mort avant que les vautours s’en occupent. Et cela se comprend : la compétence et l’expérience ne s’improvisent pas.

Alors, que dire du grand public ? ou d’éleveurs sous influence des media, voire...espérant une indemnisation financière ! Ce vétérinaire ne doit avoir aucun lien de clientèle avec l’éleveur concerné, pour lui épargner toute pression, ouverte ou implicite. Si, en plus, il a une pratique naturaliste et une compétence éco-éthologique en faune sauvage, la fiabilité sera optimale. NB Si on redoute une inflation des frais, peu vraisemblable vu la raretée des incidents, il y a des manières de la prévenir :

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IV. - RELATIVISER ET PRECISER

Même chez les races bovines les moins aptes à mettre bas seules en montagne, la fréquence des accidents ne dépasse pas 1 à 2% et serait au plus de 0,1% chez les races adaptées à ce mode d’élevage. Nous avons besoin qu’une étude statistique solide donne une base fiable aux évaluations et à l’information à ce sujet.

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V. - UNE INDEMNISATION SYSTEMATIQUE SERAIT PROBABLEMENT UNE FAUTE STRATEGIQUE MAJEURE

L’idée, soutenue par certains, que l'Etat devrait créer une caisse pour les dommages au bétail causés par la faune sauvage en général qui permettrait d'indemniser les éleveurs.

L’indemnisation automatique est peut-être pour des administrations et autres structures officielles un moyen d’acheter la paix à court terme...avec l’argent du contribuable. Elle est lourde d’inconvénients à terme.

Un vétérinaire rural fin connaisseur de ce genre de problème, président de la section "faune sauvage" de la Commission Environnement de la SNGTV, coordinateur du Dossier EGB/EGO à la SNGTV et, à ce titre, correspondant de celle d'Épidémiologie, membre du CA du Réseau Français des Vétérinaires Praticiens de la Faune Sauvage et de la Mission Rapaces de la LPO écrit : "les éleveurs touchent déjà des primes-montagne et devraient ne mettre en estive que des bêtes ayant déjà vêlé, ce que font déjà ceux qui sont sérieux! Ce qu’on propose est donc , objectivement, une "récompense" financière à ceux qui ne le sont pas..."

Si on optait pour cette politique discutable, elle implique une mise en oeuvre honnête des deux parties : à un protocole de constat précis devrait nécessairement s’ajouter des sanctions financières fortes en cas de fraude délibérée avérée. Faute de quoi on aurait enclenché une redoutable "pompe à phynances", sans fin et, ce qui est le pire : sans que cessent les récriminations, moteur de la dite pompe. Des précédents fâcheux, y compris avec d’autres grandes espèces, au moins dans les Pyrénées, justifient les plus grandes craintes à ce sujet...

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VI. - PREVENTION DES INCIDENTS

Action d’information sur la nécessité de ne pas laisser des femelles d’Ongulés domestiques mettre bas en alpage, particulièrement celles de races non rustiques, particulièrement celles sujettes aux mises bas difficiles. Investissement beaucoup plus judicieux que l’indemnisation.

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VII. - INFORMATION SEREINE DES ELEVEURS, DES VETERINAIRES, DES ADMINISTRATIONS CONCERNEES, DES JOURNALISTES, DU PUBLIC, SUR LA BASE DES FAITS ET DE LEUR ANALYSE RATIONNELLE

Nous déplorons à juste titre le battage médiatique excitant les émotions du public au plus niveau. Mais nous aussi, il faut que nous défendions les vautours sans tomber dans le piège d’un mode expression purement émotionnel, prétant le flanc à des critiques faciles. Se garder également du piège des "trucs et ficelles de la communication" sans se préoccuper de la solidité factuelle et rationnelle du message : la forme ne peut tenir lieu de fond.

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VIII. - NE PAS TRAHIR SA MISSION

Doit-on ou non dénoncer des fautes techniques de conduite l'élevage issues d’une recherche de rentabilité ?

Car c’est objectivement le terme qui, en bon français, s’applique à la mise en montagne de races plus productives mais peu rustiques, de vache n’ayant pas encore vêlé sans surveillance adéquate. (Ceci sans vouloir forcément stigmatiser ceux qui seront amenés à le faire par défaut d’information ou/et sous la pression du marché.) La réponse dépend de qui le fait, dans quel contexte.et au service de quels objectifs :

NB Le même organisme peut juger que, en tel lieu et à telle date, il soit tactiquement plus efficace au profit des vautours de ne pas prendre position publiquement sur ce point. Mais, le minimum minimorum, qu’il se doit à lui-même, est de ne pas éluder cette analyse lors de discussions entre spécialistes, organismes publics et/ou associatifs concernés par la conservation et la restauration de la faune. Faute de quoi il sera à "l’encéphalogramme plat" intellectuel et/ou éthique.

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IX. - INFORMATION JURIDIQUE ET POLITIQUE. Source : C. Arthur Parc National des Pyrénées

Extrait d’un arrêt du Conseil d’Etat : " tout particulier doit pouvoir supporter un certain prélèvement sur ses propriétés de la part de la faune sauvage en tant que participation à la sauvegarde d’un patrimoine commun ". Même si notre collègue ajoute, à juste titre que texte laisse à chacun le soin de définir le niveau du “certain prélèvement” , il n’en demeure pas moins que, au niveau des principes et du droit, c’est fondamental

" Pour le moment :

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PLUS DETAILS : AVIS TECHNIQUEMENT FONDES, TEMOIGNAGES

 

DEUX POIDS DEUX MESURES ?

Une vétérinaire rurale des Alpes “à vautours”, par ailleurs naturaliste, m’informe d'un accident connu lors d’une mise bas difficile, avec mort du jeune restant coincé dans le passage par excès de volume : le chien de l’éleveur commence par attaquer le jeune cadavre puis en commence à manger la mère par la vulve ! Cette dernière ne réagit pas du fait d’une insenbilisation temporaire des voies génitales. Mais personne n’en conclut qu'il faille éliminer tous les chiens des élevages, d'autant plus que, même sans cette attaque la femelle resterait très vraisemblablement paraplégique par compression des nerfs obturateurs internes et finirait par succomber.

Evidemment, c’est toujours mal vécu (d'autant que cela révèle un défaut de surveillance) Or, c’est exactement le genre d’accident sur lequel une certaine presse et des démagogues fondent leurs délires anti-vautours !

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UN VETERINAIRE RURAL COMPETENT EN VAUTOURS INFORME

Un autre vétérinaire rural, déjà évoqué plus haut (président de la section "faune sauvage" de la Commission Environnement de la SNGTV, coordinateur EGB/EGO à la SNGTV administrateur du Réseau Français des Vétérinaires Praticiens de la Faune Sauvage et de la Mission Rapaces de la LPO) écrit :

" Les vautours n'attaquent pas des animaux de rente en bonne santé !!! (encore un terme technique. Nous devons le rester, sur un plan professionnel. et surtout quand on entend ces monceaux d'âneries, de tous bords). Une vache "avec un veau coincé aux flancs" n'est PAS une vache en bonne santé : elle a 90% de malchance de rester paraplégique => mort naturelle (plus rapide s'il y a prolapsus utérin après expulsion du veau, SI LE VETERINAIRE N'INTERVIENT PAS !

Il serait intéressant de connaître le % de mortalité "naturelle-pathologique" des animaux d'estive dans les piémonts, hors période de reproduction-accouchement. Celui qui laisse une jument en liberté pouliner a évalué son risque... Du professionnalisme !

Les naturalistes, sur ce point, sont vraiment naïfs ! Leurs interlocuteurs le savent très bien. Laisser faire ou lâcher du lest aboutit à faire demander plus. Quand çà commence, en milieu agri, on n'en connaît plus la fin (cf. Navarre-Aragon ...) : comme l'étoile de mer qui passe un petit tentacule dans les valves entrouvertes de l'huître : elle GAGNERA ! Se faire rouler dans la farine : ce n'est pas la première fois ==> entourez-vous de professionnels. Je sais, quelques "méfiants viscéraux" penseront que je fais du corporatisme. Renseignez-vous parmi les praticiens ...

Les vautours sont donc des BOUCS-EMISSAIRES CONFORTABLES mais en même temps "utiles" pour avoir 190 € de subvention-indemnité-sinistre-attaque-dégât, par brebis gnaquée reconnue morte après attaque ... par des chiens fugueurs, le plus souvent !. Une vache à lait/viande vaut (valeur de carcasse + valeur d'élevage) en moyenne 1200-1500 €, selon la spécialisation et la génétique, une brebis de réforme, elle, .... 12 € !

L'expertise doit être de "non complaisance **" . Bien évidemment. La très grande majorité des consœurs et confrères "en mixte" ( = canine + rurale) ne sont ni des tapissiers ni des maquignons protectionnistes de leurs clients-éleveurs (i.e. clientélistes). Mais la "translocation croisée d'expert" se révélera plus efficace et "honnête". Par contre, UN SEUL expert présente le danger de pressions fortes (les paysans savent "peser là où çà fait mal". Bien plus que les écolos ... Normal.). Autour des années 2000 (cf. au moment des problèmes navarrais et aragonais), j'avais bien insisté sur la nécessité de faire appel -plutôt- à un confrère "légiste" -ou tout du moins expert si l'attaque n'avait pas été mortelle-. TOUJOURS EN VAIN. Ce n'est pas faute de me démener !

L'expertise véto, clinique ou / et nécropsique, "c'est un métier". Le nôtre. La vie, la mort aussi et la détermination de sa(ses) cause(s). Le "multifactoriel” est une notion d'éco-pathologie que nous maîtrisons toutes et tous. Ceux qui nous ont déjà vu réduire un prolapsus utérin (pas grand chose de médical dans le protocole) diront que nous sommes des "manuels". Mes avis sont parfois "à la hache". Mais nous revendiquons aussi un petit (????) volet scientifique dans nos compétences professionnelles. Les vétos-terrain peuvent SERVIR ! Çà en gène certains, apparemment... A St Palais, les vétos locaux, "de la dame" ne sont même pas passés constater le "sinistre" : pas appelés "pour les vautours depuis deux ans...

Les vautours peuvent endommager une vache avec son veau mort né à moitié sorti mais dans l’immense majorité des cas, même sans aucune intervention des vautours, une vache dans cet état serait morte”. Les prolapsus utérins signent, en général, une mauvaise surveillance de l'accouchement et n'ont JAMAIS été pris en compte par les assuranve, sauf clauses couvrant toute mortalité i.e. les assurances-mortalité du bétail ... qui ont une franchise à la deuxième vache,, en général. Mais alors les primes sont extrêmement élevées ".

Je ne vois pas comment on pourrait ne pas tenir compte de cette analyse d’un professionnel non seulement qualifié mais surtout compétent.

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FRAUDES

Un ornithologue ayant travaillé jusqu’à un passé récent au Museum National d’Histoire Naturelle écrit sur de tels problèmes :

" Lorsque l'on pousse plus en avant l'enquête, sur le terrain et après des personnes directement concernées, on découvre beaucoup de négligence de la part des éleveurs, un manque de suivi sanitaire, des aliments fournis au bétail (ensilage) qui sont dangereux à la consommation car mal préparés ou mal conservés, quelques vétérinaires locaux qui, pour satisfaire leur clientèle, établissent des certificats de complaisance, des agents de l'état chargés d'enquêter sur le terrain et qui ne font que valider la rumeur et les fausses accusations et au bout du compte des plaintes portées contre les espèces protégées pour obtenir des indemnisations. Sur le dossier des grands corbeaux (Pays Basque, Cantal, Isère) le système était bien rodé et j'ai eu du mal à y faire la lumière. " Certains crétins pseudo-humanistes, totalement indifférents à l’impact désastreux pour la politique de conservation ou la restauration de la biodiversité, vivent de telles malversations mensongères quasiment comme...de l’action sociale. S’ils sont réellement motivés par la situatuon des éleveurs mais ces “humanistoïdes” paient de leur poche !

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REACTION DES ELEVEURS ET DES RESPONSABLES DU SUIVI DES VAUTOURS

Courriels reçus de responsables de suivis de vautours et/ou gestion de charniers et/ou opérations de réintroduction.

On devrait pouvoir facturer aux journalistes irresponsables le nombre d’heures de travail considérables que des personnels de parcs et d’associations, ainsi que des praticiens vétérinaires motivés, à rattraper leurs délires sur les ondes ou sur le papier.

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