Page mise en ligne le 26 Octobre 2005 - Page dernièrement modifiée le Mercredi 26 Octobre 2005

POPULATIONS EUROPEENNES DE VAUTOURS FAUVES

Nous étudierons les différentes populations européennes de vautours fauves à travers plusieurs paragraphes :

 


GENERALITES

Il existe 2 sous-espèces de vautour fauve. Chez nous, la sous-espèce nominale fulvus est présente dans de nombreuses régions du Paléarctique, principalement sur le pourtour méditerranéen : Espagne, France (Pyrénées, Grands Causses et Préalpes du Sud), Italie (Sardaigne, Abruzzes et Alpes orientales), Péninsule balkanique (Croatie, Bosnie, Serbie, Grèce, Bulgarie), Turquie, Israël et Afrique du Nord (où les populations sont au bord de l'extinction).

Historiquement, la limite septentrionale absolue du vautour fauve est représentée par la vaste plaine d'Europe moyenne du nord-ouest de la France à la Russie en passant par la plaine germano-polonaise. Ainsi, il nichait ainsi jusqu'au sud-ouest de l'Allemagne au Moyen-Âge et au sud de la Pologne jusqu'en 1914.

Le chiffre de la population mondiale est inconnu mais supérieur à 100 000 individus. L'effectif européen (Russie et Turquie exceptées car absence de données) est estimé presque 30 000 couples dont près de 80% en Espagne.

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ESPAGNE

L'Espagne compterait 20 à 25 000 couples de vautours fauves.

Le vautour fauve est présent quasiment partout dans les pays, excepté en Galice (nord-ouest du pays).

Les principales régions occupées sont, par ordre décroissant d'abondance, les communautées autonomes de Castilla y Léon (nord-ouest du pays), de Navarre, d'Aragon (nord), d'Andalousie (sud) et d'Extramadure (sud-ouest), mais aussi de Rioja (nord), de Castilla La Mancha (centre), de Catalogne (nord-est), de Valence (est), du Pays-Basque (nord), des Asturies, de Cantabrie (nord-ouest) et de Madrid (centre).

Dans le massif pyrénéen, l'espèce est bien implantée dans la communauté autonome de Navarre avec 2000 couples nicheurs pour 63 colonies ; dans la province de Huesca (communauté autonome d'Aragon) avec 1670 couples pour 69 colonies ; ainsi que dans la communauté autonome de Catalogne. (Source : Pyrénées Magazine n°70 - Juillet-Août 2000)

Justement, en Catalogne, le vautour fauve est en extension avec par exemple la conquête de l'Emporda.

Mais la bonne santé de cette population s'amenuise. L'usage du poison est toujours d'actualité et une nouvelle législation espagnole impose la fermeture des charniers utilisés par les éleveurs et la destruction des animaux jusque là abandonnés.

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ITALIE

En Italie, l'unique population résiduelle se localise en Sardaigne. 20 couples nicheurs étaient recensés en 1986, pour une population en diminution. Heureusement, une campagne de sensibilisation et des mesures de protection, associéee à des lâchers entre 1987 et 1989, ont permis de faire remonter l'effectif à 40 couples en 1994.

Dans les Alpes orientales italiennes, la réintroduction de l'espèce a débuté dans les Alpes du Frioul, plus précisément dans la commune de Forgaria nel Friulidès, dans la province d'Udine. Les premiers lâchers ont eu lieu en 1992.

A l'instar des sites de réintroductions des Préalpes occidentales (Préalpes de la Drôme et Gorges du Verdon), le choix de ce site de réintroduction a été très pertinent. En effet, il reçoit la visite de vautours exogènes de populations orientales (Croatie, Grèce, Israël), mais aussi occidentales (Gorges des Causses, Gorges du Verdon).

Dans la chaîne centrale italienne des Apennins, la réintroduction du vautour fauve a débuté en 1994 dans les Abruzzes (Italie péninsulaire). Excentré par rapport à l'axe alpin, aucun individu des Préalpes françaises n'y a été observé. Par contre, au moins deux individus lâchés dans les Abruzzes ont été observés ces dernières années dans les Préalpes de la Drôme et les Gorges du Verdon.

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BALKANS

Dans la vaste péninsule balkanique (Croatie, Serbie, Bosnie, Macédoine, Albanie, Bulgarie, Grèce et Roumaine), la population de vautours fauves est estimée à environ 300 couples, très clairsemés.

La moitié de l'effectif occupe l'île de la Crète, au sud de la Grèce. (Source : L'oiseau magazine n°78 - Premier trimestre 2005).

Mais en Grèce continentale, l'espèce est également présente dans certaines zones localisées, en petites colonies de faible abondante. Le vautour fauve niche ainsi en Sterea Elada (au centre est du pays, côtier à la Mer Egée), en Thessalie (au centre est du pays, côtier à la Mer Egée), en Ipeiros (au nord-ouest du pays, côtier à la Mer adriatique), en Thrace (à l'extrémité nord-est de la Grèce, limitrophe à la Bulgarie et à la Turquie d'Europe) dans le Parc National de Dadia ... Pour l'anecdote, un vautour fauve, né en liberté dans les Gorges des Causses en 2004 et présent ici jusqu'au 19 mai 2005, a été vu les 21 et 22 septembre 2005 dans ce Parc National (qui abrite une des derniers colonies de vautours fauves des Balkans), à plus de 1800 kilomètres de son lieu de naissance !

Le principal pays de l'ex-Yougoslavie occupé par l'espèce est la Croatie. Les 90 derniers couples du pays sont installés sur les îles de l'archipel Kvarner au large du littoral de Dalmatie (principalement sur les îles de Crès, de Losinj, de Krk et Prvic), ainsi que dans les zones montagneuses d'Istrie. (Source : L'oiseau magazine n°78 - Premier trimestre 2005). Malheureusement, on constate toujours une diminution de l'espèce en Croatie, certainement à cause du poison toujours utilisé. (Source : L'oiseau magazine n°80 - Troisième trimestre 2005). Enfin, à signaler qu'une partie de la population croate (une centaine d'individus) estive dans les Alpes orientales autrichiennes, notamment dans le Parc National des Hohe Tauern.

Au contraire, la Serbie est le seul pays des Balkans à avoir réussi à maintenir et même à légèrement augmenter ses effectifs.

En 1996, un comptage effectué sur 3 colonies révèlait la présence de 36 à 42 couples reproducteurs. Ils étaient 59 à 66 en 2005. Ce résultat positif est dû aux protecteurs et acteurs locaux très dynamiques et soucieux de préserver les vautours, à la sensibilisation auprès d'un large public, à la limitation des causes directes de destructions (tirs et poison) et à l'assurance d'une nourriture suffisante. Ces résultats sont néanmoins fragiles car le poison est toujours utilisé en Grèce et Macédoine. (Source : L'oiseau magazine n°80 - Troisième trimestre 2005).

Enfin, l'espèce semble avoir disparu en tant qu'espèce reproductrice de Bosnie. (Source : L'oiseau magazine n°80 - Troisième trimestre 2005).

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CONCLUSION ET PERSPECTIVES

Jusqu'aux réintroductions françaises de ces dernières années ayant conduit à l'implantation de colonies dans le sud du Massif Central et dans les Alpes du Sud, un énorme hiatus artificiel de plus de 1000 kilomètres, centré sur l'arc alpin, séparait la population pyrénéo-ibérique de la population balkanique.

Les réintroductions effectuées dans les Préalpes françaises du Sud (Alpes occidentales) et dans le Frioul italien (Alpes orientales) ont permis de réduire à 700 km ce vide.

Les Alpes françaises (Alpes occidentales) reçoivent chaque année l'arrivée de dizaines d'immatures venant de l'ouest : Grands Causses, Pyrénées et Espagne. Certains repartent alors que d'autres s'installent dans les noyaux de population des Alpes du Sud. Dans le même temps, quelques oiseaux prevenant de l'est (Croatie et Abruzzes essentiellement pour l'instant) sont observés chaque année.

Deux opérations de réintroduction sur le versant sud des Alpes centrales italiennes, coupant ainsi en trois trançons les 700 km entre les noyaux des Préalpes françaises et des Alpes d'Udine, pourraient conduire ce flux d'individus ibériques jusqu'aux Balkans !

Certaines zones du Piémont et de la Lombardie s'y prêteraient à merveille.

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