Page dernièrement modifiée le 15 Janvier 2008

VIE ET BIOLOGIE DU VAUTOUR MOINE

Nous parlerons donc de la vie et de la biologie du vautour moine, à travers plusieurs paragraphes :

 


DESCRIPTION

Le vautour moine est le plus grand oiseau français et européen.

Il a une envergure variant de 265 à 295 cm, pour une taille de 100 à 115 cm et un poids de 7 à 12 kg.

Il possède une grosse tête (légèrement plus grosse que celle du vautour fauve), au deux tiers emplumé et de couleur gris claire avec des zones de peau bleutées. Son bec brun-noir est beaucoup plus puissant et tranchant que celui du vautour fauve (on verra pourquoi après) et la cire de ce bec est bleue. Ses serres sont préhensibles, ce qui lui permet de maintenir solidement une proie pour la débiter. Ce vautour gigantesque possède également des ailes très longues et très larges, aux bords parallèles et aux extrémités digitées. Elles sont beaucoup plus longues et larges que celle de son cousin fauve. Sa queue, cunéiforme, est très courte mais légèrement plus grande que celle du fauve. Enfin, son plumage est très sombre, presque noir. C'est d'ailleurs cette caractéristique, ainsi que l'apparente "tonsure" qu'il porte sur le dessus de la tête, qui lui confère son nom.

La longévité du vautour moine est mal connue. Cependant, elle doit être de 30-40 ans.

Vautour moine, d'origine espagnole, observé en juin 2005 dans l'Yonne (Bourgogne).

Photo : © F. Leturmy

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BIOTOPE ET DOMAINE VITAL

Le vautour moine n'est pas un animal grégaire. Il vit en couple ou en colonie lâche sur un domaine vital qui doit s'étendre sur plusieurs dizaines de km² (3500 km² de plateaux steppiques et semi-ouverts, de gorges et de vallon boisés, dans les Grands Causses, pour une quarantaine d'oiseaux). En fait, chaque couple défend activement son propre territoire (secteur de dimension variable autour du nid), mais tous les individus partagent le même domaine vital (secteur où ils recherchent leur nourriture). Ce domaine doit comprendre :

En France et en Espagne, il apprécie les reliefs de gorges où les vautours moines aiment se reposer sur les rochers et les corniches en compagnie des vautours fauves.

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NOURRITURE

Dans les Grands Causses, le vautour moine se nourrit surtout de cadavres d'animaux domestiques mais également d'animaux sauvages.

Le vautour moine recherche donc principalement ses cadavres aux dessus des vastes espaces où se pratiquent l'élevage ovins, caprins, mais aussi bovins et équins. Lorsque le vautour moine a repéré un cadavre, il est dominant par rapport aux autres vautours. Cependant, dans la plupart des cas, il préfère attendre le passage des vautours fauves, pour se nourrir des parties dures laissées par les fauves, qui ne peuvent pas s'en nourrir. Tendons, lambeaux de peaux, cartilages font la joie de notre rapace. Ceci explique pourquoi le vautour moine a la tête emplumée (car il n'a pas besoin de rentrée sa tête dans les entrailles des animaux comme le font les vautours fauves) et un bec puissant qui lui permet de déchirer la peau, même la plus coriace, des cadavres.

Cependant, bien plus que le vautour fauve, le vautour moine peut tirer profit de la mortalité des abondantes populations d'ongulés sauvages. Ainsi, cerfs, chevreuils, sangliers, renards et même chamois, bouquetins et mouflons en montagne, sont au menu de ce vautour. Enfin, il est le seul vautour européen à pouvoir trouver des animaux morts de petites tailles (renards, lapins, lièvres, marmottes, mustélidés) et à s'en nourrir.

Enfin, lorsque les proies manquent et la famine se fait sentir, il s'oriente sur de petites proies vivantes comme les lézards, les tortues, les écureuils ou les lapins. Mais ceci reste tout à fait exceptionnel.

Comme on la vu plus haut, il reste dominant par rapport aux autres espèces de vautours (fauve et percnoptère) et il n'accepte également pas la présence des congénaires de son espèce lors de la curée.

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REPRODUCTION

Dès le mois de décembre, on peut observer les très spectaculaires parades nuptiales. Celles-ci, qui peuvent durer jusqu'au mois de mars, ont lieu en même temps que la contruction du nid.

Le vautour moine est le seul vautour européen qui niche dans les arbres et c'est le plus grand oiseau arboricole du monde. C'est la raison pour laquelle il a besoin d'une extrême tranquilité lors de la reproduction. Le nid est édifié sur un arbre (pin sylvestre uniquement, dans les Grands Causses), à une hauteur comprise entre 3 et 15 mètres. La plupart du temps, l'arbre porteur du nid fait parti d'un vaste peuplement forestier, beaucoup plus rarement il est isolé. Les deux partenaires construisent le nid avec de grosses branches. Ces aires, énormes, peuvent atteindre 2 mètres de diamètre. Les aires sont rarement utilisées plus de 3 années consécutives. Chaque territoire comprend 1 à 4 nids. Les couples, très territoriaux, défendent un large périmètre d'an moins 100 mètres autour du nid, contre toutes intrusions d'autres vautours. Si la distance moyenne entre deux nids occupés une même année est de 1750 mètres dans les Gorges des Causses, elle est descendue à moins de 250 mètres durant 3 années consécutives. D'ailleurs, dans les Grands Causses actuellement, la tendance est au regroupement en colonie lâche. En 2002, le domaine de la population caussenarde de vautours moines, comprenant les sites de nidification et les dortoirs, est estimé à 3600 ha, soit une densité de 2,2 couples reproducteurs pour 1000 ha.

L'accouplement proprement dit a lieu dans le nid ou aux abords immédiats.

De début février à début avril, la femelle pond un oeuf (exceptionnellement 2), qu'elle incube en alternance avec le mâle pendant 52 à 55 jours.

L'oeuf unique éclot donc de début avril à fin mai. A la naissance, le poussin pèse 170 g. Il est nu, recouvert d'un fin duvet clairsemé et très fragile : pour survivre, il est obligé d'être chauffé par ses parents sans interruption, durant les premières semaines. Le petit est nourri d'une bouillie prédigérée et régurgitée par les parents. Le jeune reste au nid environ 110 à 120 jours (4 mois environ). L'envol a donc lieu dans le courant du mois d'août et jusqu'à mi-septembre.

Son premier vol intervient entre août et septembre. Le juvénile reste toutefois nourri et protégé par ses parents pendant quelques semaines, avant de s'émanciper. Bien qu'attachés à leur lieu de naissance, les jeunes errent plusieurs mois voire plusieurs années, avant de se sédentariser sur un site (souvent le lieu de leur naissance, parfois un autre). Certains effectuent même de véritables migrations à l'automne jusqu'au sud de l'Espagne, pour ne revenir qu'au printemps.

A partir de 2 ans, les couples commencent à se former, à occuper un territoire et à construire un nid. Mais ce n'est qu'à l'âge de 4 ans que les oiseaux commencent à se reproduire.

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DEPLACEMENT AERIEN

Le vautour moine est un très grand voilier et seul le mauvais temps l'empêche de voler.

Son vol est silencieux, seulement troublé par le sifflement de l'air glissant dans leurs ailes. Pour planer, ils utilisent : les courants des pentes (c'est-à-dire les courants qui se forment lorsque le vent bute contre les falaises les ascendances thermiques) et les ascendances thermiques. C'est pour cette raison que les vautours attendent les heures les plus chaudes de la journée (10 à 12 heures) pour s'élancer, à moins que le vent ne leur permettent de voler plus tôt. La vitesse moyenne du vautour moine est de 25 à 50 km/h, mais en pointe, il peut dépasser les 100 km/h. Le vautour moine est plus agile que le vautour fauve dans les airs. Il peut planer des heures entières sans s'arrêter et il est incapable de pratiquer un vol battu sur de longues distances.

En vol, on reconnaît le vautour moine (par rapport au vautour fauve), aux caractéristiques vues dans Description et à ses ailes tenues horizontalement avec les rémiges primaires légèrement retroussées vers le haut.

Généralement, le vautour moine parcourt seul les immensités de son territoire, mais aussi en couple ou accompagné de vautours fauves et/ou percnoptères.

Vautour moine des Grands Causses.

Photo : © B. Berthemy

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Sources :

  • Oiseaux menacés et à surveiller en France - LPO et SEOF.
  • Les Oiseaux de France - Jean-Claude Chantelat (Guide vert SOLAR).
  • Rapaces nicheurs de France - Distribution, effectifs et conservation - Jean-Marc Thiollay et Vincent Bretagnolle (Résultats de l'Enquête Rapaces 2000).

Copyright © 2001-2010 - Mathieu Krammer - Tous droits réservés


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