Page dernièrement modifiée le Jeudi 23 Décembre 2004

VIE ET BIOLOGIE DU VAUTOUR PERCNOPTERE

Nous parlerons donc de la vie et de la biologie du vautour fauve, à travers plusieurs paragraphes :

 


DESCRIPTION

Le vautour percnoptère est le plus petit vautour d'Europe.

Il mesure de 60 à 75 cm, pour une envergure de 160 à 180 cm et un poids compris entre 1,6 à 2,5 kg.

Adulte, l'oiseau est blanc avec le bord de fuite de l'aile noir. Sa tête, paraissant petite et pointue, est jaune-orange. Son bec est jaune et se termine en une pointe noire fortement recourbée. Tout comme le gypaète, sa queue est cunéiforme et ses ailes sont larges avec les extrémités étroites. La femelle est légèrement plus grande que le mâle. De loin et en vol, on pourrait le confondre avec une cigogne blanche.

Contrairement à l'adulte, le jeune possède un plumage sombre à l'exception de la tête et de la queue qui sont plus claires (brun-gris). Ses gros yeux ont des paupières bleues-violacées. Le bec, déjà bien acéré, est épais et de couleur grisâtre. Avec l'âge, le plumage s'éclaircit et à 4 ans, le jeune aura sa livrée adulte.

La longévité du vautour percnoptère est estimée à une trentaine d'années dans la nature.

Retour vers le haut de la page


BIOTOPE ET DOMAINE VITAL

Le percnoptère est peu exigeant en ce qui concerne son territoire : il lui faut juste des milieux rupestres et des zones ouvertes.

Un des adultes du couple de vautours percnoptères des gorges du Verdon.

Photo : © Carole Bourdiaux & Mathieu Krammer - 11 avril 2008 - Gorges du Verdon.

Les milieux rupestres qu'affectionnent le vautour percnoptère sont des promontoires, des escarpements et des enclaves rocheuses, qu'il retrouve dans les falaises ou les gorges, principalement calcaires. Ces sites servent de sites de nidification. Pour la recherche de nourriture par contre, le vautour percnoptère fréquente les espaces ouverts, tels que les zones steppes, les garrigues, les landes, les collines rocailleuses, mais surtout les prairies et pâturages, ainsi que localement les bancs de graviers, les plages et les îlots fluviaux.

Son territoire de prédilection correspond aux parcours de bétail (ovins, caprins voire bovins) à proximité de zones rocheuses escarpées.

En France, il vit dans des milieux allant des régions de plaine (littoral méditerranéen) à des sites de haute-montagne (Pyrénées Occidentales), en passant par des régions de moyenne montagne (Lubéron, Causses ...). Les sites de reproduction se situent de 130 à 950 mètres d'altitude en Provence (405 mètres en moyenne) et entre 400 et 1300 mètres dans les Pyrénées françaises. Le vautour percnoptère a appris à vivre près de l'homme en fréquentant les décharges, les dépotoirs et les abattoirs.

Le domaine vital du vautour percnoptère varie en fonction de la densité de ses populations, de la disponibilité des ressources en nourriture et des possibilités de gîtes. Son domaine vital comprend son aire de reproduction et son territoire de chasse. Ce dernier peut varier de façon importante selon les ressources trophiques du milieu : environ 1000 km² en Provence contre 75 km² dans les Pyrénées. Mais le territoire de reproduction, défendu de façon active par le couple, est en moyenne de 14 km² seulement (3,3 à 31,2 km²). Enfin, jusqu'à une distance d'un kilomètre, le site de reproduction est défendu par le couple contre toute intrusion de congénères, sauf cas exceptionnel (voir en fin de paragraphe). La distance minimale moyenne entre deux nids occupés varie entre 800 et 1800 mètres.

La densité des couples est très variable : en moyenne 1,35 couples / 100 km² sur l'ensemble des Pyrénées.

Retour vers le haut de la page


NOURRITURE

Le vautour percnoptère est, comme tous les vautours, un charognard. Il se nourrit donc d'animaux morts, que ce soit de petits animaux (lapins...) ou de grands animaux (ongulés sauvages et domestiques).

Etant muni d'un bec fin et effilé, ne lui permettant pas de d'inciser le cuir des gros mammifères, il se rabat sur les parties molles ou les débris de viande restés sur les carcasses et surtout sur les cadavres de petites proies. Son régime alimentaire étant plus large que celui des autres vautours, il peut capturer de petites proies vivantes (reptiles, amphibiens, poissons, insectes, micromammifères, lapins et petits oiseaux) ou se nourrir de déchets organiques (excréments). Par ailleurs, le vautour percnoptère raffole d'oeufs : en Afrique, il utilise des pierres pour casser les oeufs d'autruches, trop gros pour lui ; lors du baguage d'un jeune né dans les Alpilles en juillet 2001, 8 balles de golf ont été découvertes, probablement confondues avec des oeufs ! Enfin, il déparasite les vaches en extirpant les tiques de leur peau lorsqu'elles sont couchées et leur débarrassant les excréments collés aux membres postérieurs.

Opportuniste, il fréquente volontier les décharges et les dépôts d'ordures, mais reste étroitement lié au maintien d'activités pastorales et à l'existence de cadavres ou de déchets animaux (excréments, placenta...). Plus que les autres vautours, ce rapace est un véritable éboueur naturel.

Il recherche sa nourriture tôt le matin et vers la fin de l’après-midi, en prospectant son territoire en volant à basse altitude ou en observant le comportement d'autres charognards (vautours ou corvidés) depuis une altitude plus élevée. Il peut aussi explorer un terrain, en marchant au sol, ou bien encore en rester posté à l’affût sur un reposoir.

Retour vers le haut de la page


REPRODUCTION

La parade nuptiale a lieu en mars-avril, dès les premières semaines du retour de migration.

Les vols de parades sont caractérisés par des acrobaties en couple avec préhension des serres. Le vautour percnopère est fidèle et le couple reste généralement uni pour la vie, mais si quelques rares cas de bigamie ont été signalés. Le couple est donc déjà formé à l'arrivée de la migration. Les individus solitaires s'apparient entre fin mars et avril.

Le nid, fabriqué par les deux partenaires, est établi dans une cavité, une anfractuosité de falaises ou dans des rochers escarpés, bien protégé des intempéries : 1% seulement des aires pyrénéennes ne sont pas abritées par des surplombs. Dans 80% des cas, les aires pyrénéennes se situent dans des falaises exposées au sud et au nord-est. En moyenne, chaque couple possède 2 nids, distants de 5 à 1800 mètres. 68% des aires sont occupées une année sur l'autre. Le nid est fait de branches, de chiffons, de laine de mouton, de déchets divers (plastiques, papiers, chaussures...). Mais pendant et après l'incubation, la coupe de l'aire sera régulièrement rechargée.

L'accouplement a lieu sur les sites rupestres, proches de l'aire, à terre.

La ponte a généralement lieu lors de la seconde quizaine d'avril. La femelle pond 2 oeufs en moyenne, avec un intervalle approximatif de 3-4 jours. L'incubation dure 39 à 45 jours (en moyenne) et les parents se succèdent au nid au moins une fois par jour.

Les poussins voient généralement le jour à la fin du mois de mai, disposant de toutes leurs facultés optiques et auditives. Les premiers jours de la naissance, la femelle reste avec le jeune pour le protéger et le réchauffer, tandis que le mâle apporte de la nourriture. Les parents leur donne sous la forme de proies régurgitées jusqu'à l'âge de 35 jours, date à laquelle les jeunes sont capables de se nourrir de proies dépecées et distribuées en morceaux.

Les poussin reste deux mois et demi au nid et tente leur premier vol fin juillet ou début août. Cependant, les parents continuent le nourrissage pendant 35 jours environ et le cesse peu avant la migration postnuptiale. Lors du départ en migration, les jeunes sont observés avec ou sans leurs parents. Ils semblent restés dans la région où ils sont nés. Pour anecdote, dans le Lubéron, deux cas de prédations par le Hibou Grand-Duc ont été signalés.

En Provence, la productivité moyenne est de 1,1 jeunes par couple reproducteur (soit 0,9 jeune par couple contrôlé). Dans les Pyrénées, sur 191 nidifications renseignées pour la période 1999-2002, le succès de la reproduction est plus faible : 0,87 jeune par couple reproducteur.

Le percnoptère devient adulte à l'âge de 5 ans. Si les couples sont unis pour la vie, des cas de polyandrie ont été constatés : trois adultes sans comportement agressif sur le même site de reproduction, deux mâles s'accouplant successivement avec la même femelle, un trio élevant un jeune avec succès chaque année.

Le percnoptère manifeste parfois des comportements grégaires. Ainsi, des couples nicheurs peuvent s'installer sunr une même falaise : 300 mètres entre deux nids en Ariège. Egalement, il peut utiliser des dortoirs en période de reproduction : en 2001, l'un de ces dortoirs regroupés 33 oiseaux, en majorité des adultes. Ce comportement grégaire peut s'expliquer par l'abondance de ressources alimentaire des sites où se trouvent ces dortoirs communs.

Retour vers le haut de la page


MIGRATION

De fin août à début septembre, le percnoptère quitte la région méditerranéenne pour prendre ses quartiers d'hiver au sud du Sahara. Des balises Argos posées sur des jeunes du Luberon ont ainsi permis de connaître avec précision leur lieu d’hivernage. Celui-ci est situé à la frontière de la Mauritanie et du Mali.

La migration postnuptiale, plus longue, dure de fin janvier à début avril. Il semble que les jeunes restent leurs premières années en Afrique.

Les vautours percnoptères migrent généralement en groupe. Lors de ces migrations (pré et postnuptiale), les oiseaux français et espagnols survolent le détroit de Gibraltar vers le Maroc, tandis que les oiseaux provenant des Balkans et de l’Italie préfèrent traverser la Méditerranée par le cap Bon en Tunisie. A l’instar des autres rapaces, le vautour percnoptère préfère migrer durant la journée, profitant alors des conditions thermodynamiques nécessaires au vol plané. Par ailleurs, cette espèce montre une certaine hésitation avant de s’élancer pour une traversée de la mer du fait de l'absence de courants ascendants.

Retour vers le haut de la page

Copyright © 2001-2007 - Mathieu Krammer - Tous droits réservés


Retour vers l'index

Retour vers la page d'accueil