Informations aux randonneurs et autres pratiquants de la montagne pastorale

Mercredi 4 mai 2005

Les régions de montagne ont depuis toujours une vocation pastorale forte. Les terrains d’altitude représentent de formidables pâturages, que les troupeaux, bovins ovins et caprins, parcourent durant la période d’estive, de juin à octobre. Les paysages que vous découvrirez sont en grande partie façonnés par des siècles d’élevage. Aujourd’hui encore, l’activité pastorale participe à la vie sociale, culturelle et économique de nombreuses vallées.

L’évolution de notre société, l’émergence des activités de loisirs de plein air, la préservation de l’environnement, conduisent à une nouvelle « utilisation » des espaces naturels. Plusieurs acteurs, aux aspirations et intérêts parfois différents doivent se partager des territoires autrefois peu fréquentés.

NOUS NOUS DEVONS TOUS DE RESPECTER LE MILIEU NATUREL ET SES DIFFERENTS USAGERS.

EN ALPAGE ET EN TOUTE ZONE DE PATURAGE, IL EST IMPORTANT DE TENIR COMPTE DU TRAVAIL DES ELEVEURS ET BERGERS ET RESPECTER LA QUIETUDE DES TROUPEAUX A FORTIORI EN ZONE DE PRESENCE DE GRANDS PREDATEURS TEL QUE LE LOUP

Le loup, jadis éradiqué en France, recolonise depuis plus de dix ans les régions alpines. Issu de la population italienne en expansion, on le retrouve aujourd’hui des Alpes du sud aux premiers contreforts du Jura et les premiers individus ont atteint les Pyrénées. Le Loup, super-prédateur « opportuniste », se nourrit principalement d’ongulés sauvages (chamois, sangliers, mouflons ...) Cependant, dans les régions d’élevage, ce carnivore s’en prend régulièrement aux ongulés domestiques comme les moutons ou les chèvres. En moyenne chaque année, en France, quelque 2000 animaux d’élevage sont victimes d’une prédation attribuée au loup.

Pour faire face aux risques de prédation sur leur cheptel, éleveurs et bergers mettent en place différentes méthodes de protection, qui sont principalement : la surveillance permanente, les chiens de protection, le regroupement des animaux en enclos de pâturage et parcs de nuit La combinaison de ces différents moyens ajoutée à l’adaptation globale du système d’élevage, permet de réduire les dommages sur les troupeaux. Ces évolutions représentent néanmoins un surcroît de travail quotidien non négligeable pour les éleveurs et bergers.

Afin de faciliter la coexistence entre les troupeaux et les prédateurs naturels, il est nécessaire d’appliquer certaines consignes de « bonne conduite » en zone d’élevage

En alpage et en toute zone de pâturage, il est important de respecter le travail des éleveurs et bergers ainsi que la quiétude des troupeaux à fortiori en zone de présence de grands prédateurs tel que le loup. La mise en place et l’efficacité des moyens de protection peuvent en dépendre.

Se regrouper - Éviter le bruit - Descendre du vélo ou cheval - Se signaler au berger qui donnera les consignes à suivre. Le cas échéant, rappeler son chien, le tenir en laisse - Attention n’importe quel type de chien est capable de faire d’importants dégâts sur un troupeau. Même en laisse, un chien reste une source de perturbation pour le troupeau ainsi que pour les chiens de conduite et de protection.

- Si le troupeau est en mouvement, respecter son sens de déplacement et attendre son passage.

- Si le troupeau est « tranquille », contourner celui-ci, autant que faire ce peut. Dans l’impossibilité de le contourner, le traverser groupé, dans le calme, sans s’arrêter

- Si le troupeau est parqué, passer également à distance - Ne pas pénétrer dans l’enclos.

- Dans tous les cas : ne pas approcher de trop près les animaux et tenter de les toucher.

Un troupeau au pâturage n’est jamais là, où vous le trouvez, par hasard. Respecter le travail de conduite et de protection du berger. Même si vous ne le voyez pas, il n’est jamais bien loin !

- Ces « gros chiens blancs » veillent en permanence sur le troupeau qu’ils considèrent comme leur famille. Face à un phénomène inhabituel, ils donnent l’alerte et s’interposent entre le troupeau et tout intrus : animal sauvage, chien, humain... Leur force est la dissuasion, ils vont rarement à l’affrontement - Bien qu’impressionnants, les chiens de protection ne sont normalement pas agressifs envers l’homme. À l’inverse ne pas encourager (nourriture, caresses ...) un chien trop « affectueux » envers vous ! Généralement, des panneaux signalent à l’avance la présence de ces chiens auprès des troupeaux.

Pour une montagne vivante dans une nature préservée, la coexistence entre les activités pastorales et les grands prédateurs est l’affaire de tous.


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