Focus sur… La rascasse, cette piètre nageuse

Une rascasse rouge

« Connaissez-vous la rascasse ? ». Si vous posez cette question à Marseille, tout le monde vous répondra : « Evidement, pardi ! C’est l’ingrédient principal de la bouillabaisse ! ». Mais en dehors de cette région, cet animal marin est bien méconnu, et ce malgré sa spécificité très improbable : la rascasse ne sait pas nager ! Étrange, pour un animal marin, allez-vous nous dire. Eh bien, nous allons voir que pour survivre dans la mer, il n’est, en fait, pas forcément nécessaire de savoir nager. Dans cet article, nous allons vous raconter tout ce qu’il y a à savoir sur la rascasse : survie, alimentation, différentes espèces, piqûre et remède… Et en bonus, une recette rapide de la bouillabaisse !

Brève introduction

La rascasse de son nom usuel, aussi appelée poisson scorpion, crapaud de mer ou scorpion de mer, est un poisson solitaire de la famille des Scopaenidae. Elle possède généralement, selon son espèce, un corps massif doté de lambeaux de peau, des nageoires et une tête épineuses, une large bouche ainsi que des rayons venimeux sur la nageoire dorsale.

La rascasse est un poisson de fonds rocheux, c’est-à-dire qu’elle ne sait pas vraiment nager mais se déplace plutôt d’un rocher à un autre, généralement entre la surface et une centaine de mètres de profondeur maximum, s’aventurant même parfois sur le sable et dans les herbiers. Heureusement, et contrairement aux idées reçues, il n’y a pas forcément besoin de savoir nager pour survivre dans la mer.

Pas besoin de savoir nager pour survivre dans la mer !

Présentons la chose autrement : dans la mer, le fait de savoir nager sert principalement deux objectifs : se nourrir et fuir. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’en pleine mer, là où il n’existe aucun refuge, on ne rencontre généralement que des très bons nageurs comme les requins, les baleines, les maquereaux, les thons ou encore les sardines.

Les poissons qui ne savent pas très bien nager possèdent donc généralement d’autres moyens afin de se protéger. Dans le cas de la rascasse, celle-ci possède deux alternatives à sa sécurité :

  • D’une part, elle possède une capacité d’homochromie, c’est-à-dire que, comme le caméléon, elle est capable d’adapter sa couleur à celle du fond. Elle peut ainsi se fondre parfaitement dans le décor, à tel point que, bien souvent, elle ne nous apparaît qu’au moment où l’on pose presque la main dessus.
  • D’autre part, elle possède des rayons venimeux sur sa nageoire dorsale qui la rendent particulièrement redoutable face aux prédateurs qui sont, de ce fait, très peu nombreux à la priser. La toxicité de son venin dépend de son espèce, nous reviendrons là-dessus un peu plus bas.

Mais alors, comment se nourrit-elle ?

Il nous reste maintenant à élucider la manière dont la rascasse se nourrit alors qu’elle ne sait pas nager. Cette tare est en fait compensée par sa très large bouche et sa patience à toute épreuve : elle se tapit sur son fond rocheux habituel, change sa couleur pour se fondre dans le décor puis attend, immobile, qu’une proie innocente passe par là.

Une fois la proie assez proche, la rascasse ouvre alors sa grande bouche avec une rapidité impressionnante, créant ainsi une aspiration soudaine dont la proie ne peut s’affranchir. Cette technique laisse généralement peu de chances aux petits poissons, déjà dupés par l’imitation parfaite de la couleur des algues et des rochers par la peau de notre sujet d’étude.

Les différentes espèces de rascasse

Il existe plus de cinquante espèces de rascasses recensées à l’heure actuelle. Nous n’allons pas toutes les citer, voici néanmoins les plus courantes que l’on peut rencontrer en mer Méditerranée :

  • la rascasse rouge, aussi appelée chapon (Scorpaena scrofa) ;
  • la rascasse brune (Scorpaena porcus) ;
  • la rascasse pustuleuse, aussi appelée petite rascasse (Scorpaena notata).

On retrouve également d’autres espèces de rascasses dans le reste du monde, la plus connue étant probablement la rascasse volante (Ptéroïs volitans), présente en mer Rouge, du fait de son venin très puissant et mortel pour l’homme.

Que faire en cas de piqûre de rascasse ?

Soyez cependant rassuré, les espèces de rascasses que vous pouvez rencontrer en Europe possèdent un venin non létal, vous ne pouvez donc pas en mourir. Malgré tout, les piqûres de rascasses restent très douloureuses, mieux vaut, donc, les éviter.

Toutefois, si d’aventure vous veniez à vous faire piquer par une rascasse, sachez que son venin est thermolabile, c’est-à-dire qu’il est détruit à l’approche d’une source de chaleur. Il suffit donc, par exemple, de plonger une éponge dans de l’eau chaude et de la passer sur la piqûre pour que la douleur diminue. Simple comme bonjour, n’est-ce pas ? En revanche, évitez à tout prix les brûlures de cigarette ainsi que les incisions, actes qui pourraient favoriser une infection de la piqûre.

Bonus : Recette rapide de la bouillabaisse

Nous vous l’avions promis, voici donc une recette simple et rapide de la célèbre soupe du pays de Pagnol ! Pour une préparation pour 6 personnes , vous aurez besoin de :

  • 1 oignon
  • 3 gousses d’ail
  • 6 tomates
  • 2g de fenouil
  • le 1/4 d’une botte de persil plat
  • 6 pommes de terre à chair ferme
  • 350g de rouget
  • 3 grondins
  • 600g de lotte
  • 800g de notre fameuse rascasse
  • 5cl d’huile d’olive
  • 1L de soupe de poisson
  • 2 pincées de pistils de safran
  • 6 pincées de sel
  • 6 tours de moulin à poivre

Premièrement, peler et émincer l’oignon et peler, dégermer et hacher l’ail. Couper également les tomates en gros quartier et émincer le fenouil en fines lamelles. Effeuiller et ciseler le persil plat et peler les pommes de terre pour les couper en gros quartiers. Finalement, vider les poissons.

Ensuite, faite dorer l’oignon, l’ail, le fenouil et les tomates à l’aide de l’huile d’olive dans une grande cocotte et couvrir avec la soupe de poisson. Ajouter le safran, le sel et le poivre, ainsi que les pommes de terre et, pour finir, les poissons, en commençant par les plus gros. Laisser frémir pendant 25 minutes.

Une fois la cuisson terminée, retirer les poissons et les pommes de terre du mélange et disposer-les sur un plat à service. Parsemer de persil et dégustez à volonté.

Bon appétit !

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