Page dernièrement modifiée le Lundi 29 Août 2005

VIE ET BIOLOGIE DE LA LOUTRE D'EUROPE

Nous parlerons donc de la vie et de la biologie de la loutre d'Europe, à travers plusieurs paragraphes :


DESCRIPTION

La loutre fait partie de la famille des mustélidés.

Cette chasseresse est parfaitement adaptée à l'eau : elle possède un corps fuselé presque reptilien, une petite tête plate, de petites oreilles rondes, une queue épaisse et puissante aplatie à l'extrémité et bien sûr des pattes courtes et plamées comportant cinq doigts. Son pelage, jadis recherché, est de couleur chocolat sur le dos, plus claire au niveau du museau, de la gorge, de la poitrine et du ventre.

La loutre mesure entre 80 et 160 cm, dont 30 à 50 cm pour la queue et elle pèse entre 4 à 15 kg. Les mâles sont plus lourds et plus gros que les femelles. Un mâle a même atteint les 23 kg.

La loutre vit une dizaine d'années en moyenne.

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MODE DE VIE

La loutre est un animal joueur et aquatique, qui passe la majeure partie de sa vie sous l'eau.

Sur terre, elle est plutôt maladroite et se déplace par bonts en trottant ou galopant. Pour se reposer et dormir, elle choisit des gîtes qui parsèment son territoire (voir : Biotope et domaine vital) mais qui sont différents de la catiche, véritable terrier de reproduction.

Globalement, la loutre est nocturne ou crépusculaire : ainsi, la chasse et les activités principales ont lieu la nuit, alors qu'elle se repose dans ses gîtes le jour. Mais dans les endroits les plus tranquilles et sauvages, elle peut être diurne.

En dehors de la période de rut, c'est un animal strictement solitaire. Enfin, la loutre est plutôt nomade puisqu'au sein de son vaste territoire, elle parcourt de nombreux kilomètres par nuit (jusqu'à 20 km), ne restant jamais sur une même portion de son territoire (en dehors de la période de la reproduction bien sûr).

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BIOTOPE ET DOMAINE VITAL

La loutre vit principalement autour des cours d'eau qui ce soit des torrents montagnards, des rivières ou des ruisseaux de plaines, mais aussi des marais, des étangs, des lacs de montagne et même des côtes marines.

"Rivière à loutre" typique : assez large, des bords boisés, une eau relativement profonde...

Photo : © Fabrice Capber

Sur les berges, elle apprécie la présence d'une végétation abondante.

La loutre occupe un domaine vital de 25 à 30 km² de marais ou de 5 à 15 km de cours d'eau, selon la richesse en proies. Ces très grands espaces doivent être riches en gîtes et en eau pure.

Les gîtes, très nombreux (plus de 60 sur un même territoire), sont des couches à l'intérieur de buissons denses, des cavités rocheuses ou des terriers abandonnés. La loutre ne les occupe jamais deux jours d'affilée, surtout s'ils sont à l'air libre, puisque (comme on l'a vu plus haut) elle est sans cesse en vagabondages au sein même de son propre territoire.

De plus, mâles et femelles vivent séparées, chacun dans son territoire. Mais le territoire d'un mâle peut englober celui de plusieurs femelles.

Enfin, on remarque la présence de la loutre sur un secteur à ses crottes, à forte odeur de poisson et de musc, laissées sur un rocher ou une souche et qui sont destinées à marquer son territoire ou à communiquer avec ses congénaires.

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NOURRITURE ET TECHNIQUE DE CHASSE

La loutre se nourrit principalement de poissons : tanches, brochets, perches, anguilles, vairons, truites ... qui constitue 50 à 90 % de son régime alimentaire. Cependant, elle ne dédaigne pas des grenouilles, des écrevisses, des escargots, des moules, des insectes, des oiseaux d'eau, des petits mammifères et même des baies ou des fruits à la fin de l'été.

La loutre est partisante du moindre effort : elle ne capture que les proies qui sont les plus abondantes et les plus faciles à capturer. Elle les repère depuis la rive ou dans l'eau et peut rester 5 minutes en apnée. Ses proies attrapées, elle les consomme dans l'eau pour les plus petites ou sur la rive pour les grosses. En moyenne, la consommation journalière d'une loutre adulte est de 500 à 1500 g de nourriture.

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REPRODUCTION

Lors du rut, qui a lieu en février-mars ou en juillet, le mâle part à la rencontre d'une femelle. L'accouplement, qui dure 10 à 20 minutes, a lieu sous l'eau.

Empreintes d'une loutre dans la terre humide.

Photo : © Fabrice Capber

Après 60 jours de gestation et tous les 1,5 à 2 ans, la femelle met bas 2 à 4 loutrons dans une "catiche".

C'est un gîte, déjà existant ou creusée par la femelle, situé dans un arbre creux, une faille de rocher ou un terrier (avec une entrée sous l'eau, une chambre et une à deux entrée(s) à l'air libre, sur la berge, qui permettent aussi l'aération de la chambre). Cette catiche, tout à fait différente des gîtes utilisés par les loutres pour se reposer le reste de l'année, est située dans un endroit sauvage et poissonneux. L'intérieur, toujours sec, se compose d'un petit nid douillé (mousses, roseaux, herbes).

Les petits, qui naissent en mai ou en septembre, sont aveugles. Ils ont un pelage gris. Ils mesurent une dizaine de centimètres et pèsent entre 80 et 100 g. Les loutrons restent à la catiche jusqu'à l'âge de 2 mois et la femelle ne les quitte brièvement que la nuit venue, pour chasser. Vers 2 mois donc, les petits sortent du nid et vont à l'eau pour la première fois. Pour certains, cela se passe normalement, alors que d'autres doivent se faire transporter jusqu'à l'eau car, s'ils nagent automatiquement, plonger n'est pas un réflexe inné. C'est également à cet âge qu'ils mangent des poissons ou de la viande pour la première fois.

Deux mois plus tard (c'est-à-dire à l'âge de 4-5 mois), les loutrons sont sevrés et savent pêcher comme les adultes. Les jeunes sont alors beaucoup plus indépendants, chassent seul, mais restent encore avec leur mère. La journée, ils dorment ou jouent, tandis que le soir, ils suivent leur mère dans ses chasses nocturnes, même s'ils sont capables de se nourrir et de pêcher seul.

A l'âge de 6 à 8 mois, les jeunes deviennent totalement indépendants et sont chassés par leur mère. Ils se dispersent donc et sont à la recherche d'un territoire où s'établir.

La maturité sexuelle interviendra à l'âge de 2 ou 3 ans.

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