Page dernièrement modifiée le 20 Juillet 2011

VIE ET BIOLOGIE DE LA GENETTE COMMUNE

Nous parlerons donc de la vie et de la biologie de la genette commune, à travers plusieurs paragraphes :

 


DESCRIPTION

La genette a la taille d'un chat. Sa longueur (sans la queue) fait 42 à 58 cm, tandis que celle-ci varie entre 39 et 53 cm. La genette pèse entre 1 et 3 kg. Le mâle est légèrement plus grand que la femelle.

Genette photographiée dans les Pyrénées-Orientales grâce à un piège-photo.

Photo : © F. Salgues & J.-P. Pompidor - Piegephotographique.fr

L'allure de cet animal fait penser à celle d'une martre et d'un chat, bien qu'elle soit plus fine, plus élancée et plus "courte sur patte" que ce dernier. Sa tête est très fine, triangulaire et allongée, avec un museau très pointu et entouré d'une tache noire. Elle possède également des oreilles ovales, plus grandes que celles du chat.

Les pattes avants sont plantigrades alors que les pattes arrières sont digitigrades.

Son pelage est généralement gris clair, parsemé de taches brunes ou noires disposées en 4 ou 5 rangées longitudinales le long des flancs. L'épine dorsale est parcourue d'une raie noire continue. Les pattes sont plus sombres.

Enfin, sa queue est extrèmement caractéristique. Elle est très longue (environ la même taille que le corps), annelée de noir et de blanc (9 à 12 paires d'anneaux) et se termine en pointe.

Sa vue, limitée au blanc et au noir, est le sens le moins développé chez ce prédateur. Cependant, l'ouïe et l'odorat sont très performants, tout comme le toucher grâce aux vibrisses.

Sa longévité est estimée à 15-20 ans.

Dans nos régions, la genette a quelques prédateurs naturels.

Le loup et le lynx sont tout à faible capables de capturer et consommer une genette de manière opportuniste, mais compte-tenu du très faible recouvrement des aires de présence de la genette et de ces deux espèces en France (hormis dans les Préalpes du Sud), les cas de prédation doivent être rarissimes. En Espagne cependant, des photographies en milieu naturel ont montré un loup transportant une genette morte dans sa gueule.

La prédation par le grand-duc d'Europe est sans doute plus régulière. Elle a notamment été constatée dans les Grands Causses et dans l'Hérault, après analyse de pelotes de réjection du grand-duc (Cochet, 2006). Les cas de prédations par le grand-duc sont sans doute plus nombreux que ceux par de grands rapaces diurnes (aigles par exemple), du fait du caractère nocturne de la proie et du prédateur et de la fréquentation des mêmes habitats.

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INDICES DE PRESENCE

Crottier caractéristique de Genette.

Photo : © Patrick Therey - 20 juin 2006 - Ardèche.

La genette dépose régulièrement ses excréments dans des endroits fixes, appalés crottiers.

Ces crottiers peuvent être assez volumineux lorsqu'ils sont utilisés depuis longtemps. Ces crottiers constituent bien souvent les principaux indices de présence de l'espèce.

Généralement, le crottier est situé sur un rocher dominant la végétation environnante. S'il n'y a pas de rochers, la genette peut utiliser la fourche d'un grand arbre, un vieux mur, un support humain (toit de cabanes), un nid de rapaces, un éboulis rocheux en pente, une clairière...

Les crottes sont généralement très allongées, de 10 à 24 cm de long pour un diamètre de 1,5 à 2 cm, et ont fréquemment la forme d'un fer à cheval. La pointe est parfois formées d'un bouquet de feuilles de graminées, torsadées ensemble. Mais ce caractère n'est pas constant.

La genette a 5 doigts, même si le cinquième doigt peut ne pas être visible. Dans ce cas, l'empreinte ressemble fortement à celle du chat domestique.

La patte arrière est plus grande que la patte avant et les empreintes des griffes ne sont pas visibles.

La voie d'une genette ressemble à celle du renard.

Se déplaçant souvent dans les arbres, la genette laisse des traces de griffes sur l'écorce. Toutefois, il est très difficile de les distinguer de celles de la fouine, de la martre ou des chats.

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MODE DE VIE

Cet animal de la famille de viverridés (regroupant notamment les moufettes, les mangoustes et les civettes) passe beaucoup de temps dans les arbres car c'est une excellente grimpeuse. Elle s'y nourrit probablement, mais s'y repose surtout, durant la journée, entre les branches ou dans une cavité. Parfois, il arrive qu'elle utilise à cet effet des infrastructures humaines (granges, greniers, tas de foin, maisons abandonnées).

Cependant, elle passe aussi une grande partie de sa vie au sol, notamment durant la chasse qui a principalement lieu à terre. La pluie ou le vent ne dérange pas la genette lors de ces déplacements, à l'inverse de la neige qui l'immobilise au moins temporairement (Livet & Roeder, 1987).

Tous les auteurs indiquent que la genette est un animal totalement nocturne, tant dans la nature qu'en captivité. Toutefois, dans les secteurs très tranquilles, elle a déjà été observée en train de se déplacer durant la journée.

Ses gîtes diurnes se localisent principalement dans les branches à la cime de grands arbres ou dans des cavités de grands arbres. Toutefois, on constate qu'elle occupe d'avantage une zone-refuge (avec un gîte différent chaque jour), qu'un gîte particulier. Lorsque le couvert forestier est faible, avec peu de caches disponibles, la genette choisit un abri précis, comme un vieux nid d'écureuil ou de rapaces forestiers, un nichoir...

La genette est solitaire et sédentaire.

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HABITATS ET DOMAINE VITAL

Les habitats que peut occuper la genette sont variés.

Exemple de milieu occupé par la genette dans le sud du département du Var.

Photo : © Mathieu Krammer - 19/01/2007 - Arrière-pays toulonnais.

Plusieurs auteurs décrivent trois éléments importants dans l'habitat de la genette dans le sud de l'Europe :

En fait, il s'avère que ces points ne sont pas toujours indispensables.

Ainsi, la genette peut vivre dans des zones de végétation rase, comme c'est le cas dans les Baléares ; ou dans des zones sèches comme en Andalousie (Délibès, 1974a, cité par Livet & Roeder, 1987).

La disponibilité en eau du milieu n'est sans doute pas un facteur prépondérant pour notre genette. En effet, de toutes les espèces africaines de genettes, Genetta genetta est toujours plus abondante que les autres espèces dans les habitats arides ou les régions caillouteuses sans eau (Livet & Roeder, 1987).

Pareillement, la présence de rochers n'est pas toujours indispensables, puisqu'on trouve en Espagne des populations dans des zones sableuses plates (Livet & Roeder, 1987). Dans l'Ouest de la France, de nombreuses populations vivent dans des bocages, où les rochers sont rares ou absents et où les gîtes se trouvent dans des arbres creux ou des meules de foin (Chauvin, 1975, cité par Livet & Roeder, 1987). Dans ces zones de bocage humide, la genette occupe préférentiellement les vallées où alternent bois, taillis et dense réseau de haies (Collectif, 2007), ainsi que les bordures de marais (Tessier & Paillat, 2001). La roche-mère est indifféremment calcaire ou siliceuse (Livet & Roeder, 1987).

Plusieurs auteurs indiquent que la genette recherche des milieux calmes et peu occupés par l'homme, où elle peut disposer de nombreux abris sûrs et tranquilles (Livet & Roeder, 1987). Dans ces zones de tranquilité, on note toujours la présence de rochers escarpés et/ou d'abondantes formations végétales fermées (Livet & Roeder, 1987).

Toutefois, il s'avère que la genette peut très bien vivre à proximité des habitations, mais sans doute à la condition que son territoire possède des zones de tranquilité évoquées précédemment, où elle peut se réfugier. Ainsi sur 31 observations de genette en PACA dont l'habitat a été renseigné, 4 concernaient une zone urbanisée (Gaubert & al., 2008). Plus anecdotique, dans le sud-ouest du département du Var, une genette a plusieurs fois été observée, généralement de nuit et parfois même de jour, dans des jardins d'un village, à proximité de grands massifs forestiers, où elle venait se nourrir de jeunes tortues élevées en captivité ! (Anonyme, com. pers.)

Du point de vue de la topographie, la genette est présente indifféremment dans des zones de plaines, de collines et même de moyenne montagne. Si elle peut monter en altitude, elle a du mal à s'y maintenir compte-tenu de l'enneigement (Chauvin, 1975, cité par Livet & Roeder, 1987). Une des hypothèses serait qu'elle n'est pas fouisseuse et la neige l'empêcherait donc de chercher ses proies (Gangloff, 1972, cité par Livet & Roeder, 1987).

Toutefois, des observations ont eu lieu à 1100 mètres dans le Cantal (Léger, 1998), 1259 mètres dans le Tarn (Cugnasse & Riols, 1984, cité par Livet & Roeder, 1987) et même 1600 mètres dans les Pyrénées (Léger et Ruette, 2010). Des crottiers ont par exemple été trouvés à 1100 mètres sur le versant sud du Mont Ventoux en décembre 2008 (Gros, com. pers.) ou à 1350 mètres dans l'Aveyron (Livet & Roeder, 1987). Quelques captures ou observations ont même eu lieu en zone alpine, mais concernaient sans doute des individus erratiques : dans la haute vallée du Var, sur les communes de Beuil (> 1040 m) et de Péone (> 947 m) en 1970 ; mais également dans le massif des Ecrins, sur la commune de Vallouise (> 1106 m) en 1972-1973 (Gaubert & al., 2008)

A noter qu'avec l'augmentation de ses populations, la genette est de plus en plus souvent signalée dans des habitats à priori inhabituels comme les bordures et même l'intérieur des grandes plaines agricoles, avec très peu de couverts boisés (Léger & Ruette, 2010).

- Quelques données descriptives du milieu autour de crottiers de Genettes dans le Midi de la France, d'après l'étude personnelle de François Livet (Source : Livet F. & Roeder J.-J. (1987). Encyclopédie des Carnivores de France Fascicule 16 : La genette. Société Française pour l'Etude et la Protection des Mammifères) :

Proximité d'un cours d'un cours d'eau (N=60) :

  • de 0 à 100 m : 43,3%
  • de 100 à 500 m : 46,7 %
  • plus de 500 m : 10,0 %

Espèces arborescentes dominantes (N = 84) :

  • Chêne vert : 45,3 %
  • Chataîgnier : 19 %
  • Chêne sessile : 8,3 %
  • Hêtre et Pin noir : 6 %
  • Arbousier : 3,6 %
  • Pin d'Alep : 2,4 %
  • Sapin de Douglas, Buis, Sapin, Pin à crochets, Sapin de Nordmann, Chêne pubescent, Chêne rouvre : 1,2%

Proximité d'une habitation occupée (N = 59) :

  • de 0 à 100 m : 8,50 %
  • de 100 à 500 m : 27,1 %
  • plus de 500 m : 64,4 %

Espèces arbustives dominantes (N = 84) :

  • Buis : 25%
  • Genêt à balai, Genêt purgatif : 11,3 %
  • Genévrier de Phénicie, Bruyère arborescente : 7,5 %
  • Genévrier oxycèdre, Ronces sp : 5 %
  • Genévrier commun, Viorne-Tin, Bruyère callune : 3,8 %
  • Chêne kermès : 2,5 %
  • Nerprun alaterne, Genêt scorpion, Roseau commun, Bruyère cendrée, Pistachier lentisque, Ciste de Montpellier, Prunelier, Bruyère multiflore, Filaire à feuilles intermédiaires : 1,3 %.

Milieux et formations végétales proches (N = 157) :

  • Rochers et éboulis : 38,2 %
  • Futaie fermée (strate arborescente > 50%) : 31,9 %
  • Lande fermée (strate arborescente < 25% ; strate arbustive > 50%) : 8,3 %
  • Lande ouverte (strate arbustive entre 25 et 50%) : 7,6 %
  • Taillis : 4,5 %
  • Lande boisée (strate arbustive > 25% ; strate arborescente entre 25 et 50%) : 4,5 %
  • Futaie ouverte (strate arborescente entre 25 et 50 % ; strate arbustive < 10% ; strate herbacée < 10%) : 2,6 %
  • Pelouse (strate herbacée > 75%) : 1,2 %
  • Prés-bois (strate arborescente entre 25 et 50 % ; strate arbustive < 25% ; strate herbacée > 10%) : 1,2 %

Nature de la roche mère (N = 62) :

  • Calcaire : 50 %
  • Silice : 50 %
Départements concernés : Hérault (N = 42), Gard (N = 14), Tarn (N = 9), Aveyron et Gironde (N = 2) et Aude (N = 1).

Prenons quelques exemples d'habitats occupés par l'espèce en France :

Sur les sols calcaires du Sud-Est de la France (Provence, Grands Causses et Languedoc), la genette est surtout présente dans les forêts méditerranéennes de chênes verts (Quercus ilex) et pubescents (Quercus pubescens), sous forme de futaies fermées, avec des affleurement rocheux dominant la végétation. Elle y trouve refuge dans les innombrables branches de ces arbres très buissonnants, ainsi que dans les nombreuses anfractuosités des roches calcaires. Sur les zones siliceuses de ces mêmes régions, elle occupe aussi les belles futaies de chataîgniers (Castanea sativa) qui ont l'avantage de contenir de nombreuses cavités. Cependant, les zones moins arborées de garrigues, de maquis, ainsi que les pentes rocheuses embroussaillées, ne sont pas dédaignées. Plus haut, elle est également présente les hêtraies cévenoles ou ardéchoises de moyenne altitude.

Dans le Sud-Ouest de la France, la genette occupe aussi les bocages, les lisières de forêts et les pentes rocailleuses où poussent brousailles et végétations arbustives. L'absence de rochers apparents induit que les bosquets utilisés doivent être très denses et contenir des cavités.

Animal solitaire et territorial, son domaine vital serait estimé entre 62 et 108 ha (Collectif, 2007). Comme chez les Mustélidés, mâles et femelles ne s'excluent pas mutuellement de leur territoire, sauf durant la période d'élevage des jeunes par la femelle. Cependant, les deux sexes sont très territoriaux et défendent leur territoire contre l'intrusion d'individus du même sexe.

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NOURRITURE ET TECHNIQUE DE CHASSE

De tous les petits carnivores sauvages présents en France, la genette est certainement - avec le chat forestier - une des espèces les plus strictement carnassières (Livet & Roeder, 1987). De nombreuses études ont été réalisées afin de déterminer le régime alimentaire de cette espèce, par l'intermédiaire de l'analyse de fécès (os, poils, plumes).

Il ressort plusieurs points de l'ensemble de ces études : d'une part, les proies principales sont majoritairement des mammifères, en particulier des rongeurs et plus particulièrement le mulot (Apodemus sylvaticus). Ensuite, on note que la diversité des proies est très importante : petits rongeurs (mulots, souris, campagnoles), rongeurs moyens (rats, loirs, écureuils), lagomorphes (lapins de garenne, lièvres bruns), insectivores (musaraignes), petits carnivores (mustélidés), ongulés (consommés à l'état de cadavre) ; des oiseaux, avec limicoles, gallinacés, colombidés, passereaux, insectes, batraciens, reptiles, poissons, oeufs, végétaux (surtout des fruits) et même déchets alimentaires humains.

La genette a un régime alimentaire très adapté aux disponibilités du milieu, induisant ainsi de fortes variations géographiques mais aussi saisonnières (Livet & Roeder, 1987).

Dans les études effectuées dans différentes régions françaises, on constate que si la proie principale reste toujours le mulot, la proie secondaire peut varier. Ainsi, dans une population du Var, la proie secondaire la plus consommée est le loir (Glis glis) (Orsini, non publié, cité par Livet & Roeder, 1987). Au contraire, les proies secondaires les plus représentées chez une population de l'Hérault sont des insectes.

- Régime alimentaire de la genette en occurence d'apparition dans les fécès, d'après plusieurs études effectuées en France (Source : Livet F. & Roeder J.-J. (1987). Encyclopédie des Carnivores de France Fascicule 16 : La genette. Société Française pour l'Etude et la Protection des Mammifères) :

Languedoc (Cugnasse & Riols, 1979) - 1118 proies

Languedoc (Cugnasse & Riols, 1984) - 5979 proies
Hérault (Livet) - 135 proies
Var (Orsini) - 155 proies
Petits rongeurs (mulots, souris, campagnols) et musaraignes
77,6%
64,63%
48,9%
42,4%
Rongeurs moyens (écureuils, loirs...) et lagomorphes
2,8%
4,1%
10,4%
27,2%
Oiseaux
10,4%
8,83%
14,8%
16,8%
Reptiles et amphibiens
0,9%
1,65%
2,2%
2,0%
Invertébrés, Oeufs et Poissons
5,56%
8,79%
23,0%
12,5%
Végétaux
2,2%
10,62%
-
-
Cadavres
0,54%
Traces
0,7%
-

Dans l'Ouest de la France cette fois, une étude portant sur 600 fécès, effectuée dans la vallée de l'Ognon (Loire-Atlantique), a montré que le régime alimentaire était composée de mammifères à 62,4% (dont 45,3% de mulot sylestre et 6,3% de campagnol des champs), d'oiseaux à 26,3%, d'insectes à 7,3%, de végétaux à 2,9%, de reptiles à 0,7% et d'amphibiens à 0,4% (Le Jacques & Lode, 1994). Cette étude est conforme à toutes celles effectuées dans le Midi de la France.

Le régime alimentaire de la genette semble en fait constituée d'une partie stable, représentée par les micro-mammifères (70% de fréquence de présence) et d'une autre partie plus variée selon les saisons et déterminée par la diversité et l'abondance des ressources du milieu (Cugnasse & Riols, 1984 cité par Livet & Roeder, 1987). Ainsi, les oiseaux sont plus consommés en hiver en hiver (20% contre 5% seulement au printemps) ; alors que les fruits sont essentiellement consommés en été et en automne ; les insectes sont régulièrement consommés dans le Sud et plutôt en été dans l'Ouest de la France.

Au niveau de la dépense énergétique, la genette consomme en moyenne l'équivalent de 9 à 15 souris par nuit selon le sexe (Livet & Roeder, 1984).

La genette est une excellente chasseresse et certainement la plus adroite de tous les viverridés. Elle chasse principalement au sol, mais également dans les arbres. La genette ne pratique jamais la chasse à l'affût : elle préfère se glisser, se faufiler avec agilité à travers la végétation et les rochers pour attaquer ses victimes, à qui elle ne laisse aucune chance. Il lui arrive aussi de se mettre à la verticale pour inspecter les environs, à la manière des ours.

Les proies sont tuées d'une morsure à la nuque. Pour les petites proies, elle se contente seulement de tendre le museau et de les "cueillir" sans s'aider de ses pattes. Pour les plus grosses, elle les immobilise avec ses pattes puis les mord mortellement. Si l'appétit de "dame genette" est satisfait, elle peut jouer avec sa proie, comme le fait chat avec une souris.

Genette avec un lérot qu'elle vient de capturer, dans les Pyrénées-Orientales.

Photo : © F. Salgues & J.-C. Despéries - Piegephotographique.fr

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REPRODUCTION

Contrairement à beaucoup d'espèce, le mâle n'a pas de cycle sexuel saisonnier, il est sexuellement actif toute l'année.

Jeune genette à l'entrée de sa cavité.

Photo : © F. Marquez - BIOS

Cependant, en règle générale, il y a deux périodes de rut : le rut principal a lieu en janvier-février et un rut secondaire en mai-juin. Toutefois, certains auteurs situent ce rut à d'autres époques : novembre-décembre, février-mars ou juillet. Cette absence de périodes fixes peut s'expliquer par le fait que la femelle puisse entrer en oestrus dès qu'un mâle se présente, à n'importe quelle période de l'année (Livet & Roeder, 1987).

L'accouplement a lieu de nuit, dure 2 ou 3 minutes et se répète 4 ou 5 fois.

Les petits naissent après 70 jours de gestation. Sachant qu'il n'y a pas de périodes fixes de rut, les naissances peuvent avoir lieu tout au long de l'année, mais principalement entre avril et juin ou entre septembre et novembre (Livet & Roeder, 1984). Une femelle peut avoir deux, exceptionnellement 3 portées par an, même si l'on en observe généralement qu'une seule (Aymerich, 1982, cité par Livet & Roeder, 1987). Le nombre de jeunes par portée varie entre un et 4, mais il est le plus souvent de 2 ou 3 (Livet & Roeder, 1987). A la naissance, les jeunes sont poilus, mais sourds et aveugles. Ils mesurent 23 à 27 cm et pèsent 61 à 82 g.

Le "nid" se situe dans des cavités de grands arbres ou au sol, dans des souches, dans des creux de rochers, à l'intérieur de denses buissons, dans d'anciens terriers de blaireaux, voire dans des constructions humaines abandonnées.

A l'âge de 8 jours, les yeux s'ouvrent. C'est à ce moment là que les jeunes commençent à sortir avec leur mère de nuit, alors que la journée, ils dorment dans le nid, pelotonnés contre leur mère qui les enroule de sa longue queue. Les jeunes sont sevrés à 4 mois mais commençent à manger de la chair dès la 7ème semaine. Comme chez la plupart des prédateurs, la femelle participe seule à l'élevage des petits.

Les petits restent avec leur mère jusqu'au 4ème ou au 5ème mois. A ce moment là, les jeunes commençent à partir seul en forêt, car ils sont capables de chasser leurs proies sans l'aide maternelle. Ils se disputent d'ailleurs souvent entre eux pour les proies, qu'ils cherchent à se dérober. Ils deviennent ainsi progressivement indépendants et ils partiront définitivement du territoire maternel. La distance de dispersion d'une jeune genette à la recherche d'un territoire peut être relativement importante, jusqu'à plus de 30 kilomètres en ligne droite (Livet & Neri, non publié, cité par Livet & Roeder, 1987).

La genette devient adulte à l'age de 2 ans (Volf, 1959, cité par Livet & Roeder, 1984).

Une faible prolicité (2-3 jeunes / an) et une maturité sexuelle tardive traduisent une stratégie de reproduction lente, comme chez la martre par exemple.

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COMMUNICATION ENTRE LES INDIVIDUS

Pour communiquer entre elles, les genette font appel à leur fin odorat. Les odeurs laissées par un individu persistent même après la dispartition de celui-ci du secteur. Il existe 3 sortes de marquages : le premier est un marquage ano-uro-génital, les deux autres sont des marquages par frottement des flancs ou des pattes postérieures.

Bien que relativement silencieuse, on observe toutefois des communications sonores, principalement entre la mère et ses jeunes, constituées de 4 vocalisations principales (Livet & Roeder, 1984) :

A noter également que les jeunes genettes ronronnent, à la manière des chats, uniquement les premières semaines suivants leur naissance (Faugier & Conde, 1973, cité par Livet & Roeder, 1987).

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Sources :

  • Cochet (2006). Le grand-duc d'Europe. Les sentiers du naturaliste. Editions Delachaux & Niestlé.
  • Collectif (2007). Faune sauvage de France. Biologie, habitats et gestion. Sous la direction de l'ONCFS. Editions du Gerfaut.
  • Gaubert P., Jiguet F., Bayle P. & Angelici F.-M. (2008). Has the common genet (Genetta genetta) spread into south-eastern France and Italy ? Italian Journal of Zoology, 75(1) : 43-57.
  • Léger F. (1998). La Genette dans la région Auvergne. Le Grand-Duc, 53 : 13-24.
  • Léger F. & Ruette S. (2010). La répartition de la genette en France. Faune Sauvage, 287:16-22.
  • Livet F. & Roeder J.-J. (1987). Encyclopédie des Carnivores de France Fascicule 16 : La genette. Société Française pour l'Etude et la Protection des Mammifères.
  • Tessier M. & Paillat J.-P. (2001). Enquête sur la répartition de la Genette, Genetta genetta, en Vendée (2001-2002). Le naturaliste vendéen, 1 : 49-54.

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