Page dernièrement modifiée le Mardi 5 Juin 2007
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VIE
ET BIOLOGIE DU LOUP GRIS D'EUROPE
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Nous parlerons donc de la vie et de la biologie du loup gris, à travers plusieurs paragraphes :
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Après cette introduction, tentons brièvement de décrire le loup gris (Canis lupus) et plus précisément les loups gris présents dans le sud de l'Europe (C.l. italicus et C.l. signatus) car ce sont ceux que l'on retrouve en France et dans ses pays limitrophes.
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Couple de loups. Photo : © www.loup-ours-berger.org |
Un loup porte toute sa force vers sa tête, très puissante. La puissance de sa mâchoire est largement supérieure à celle du chien. Elle est supérieure à 100 kg au cm². Il a une allure souple, surtout lorsqu’il trotte.
Chaque sous-espèce de loup s'est adaptée aux conditions du milieu dans lequel il vit. Ainsi, la couleur ou la densité du poil varie selon les régions du monde : en Arctique, le loup possède une très épaisse fourrure blanche adaptée aux étendues glacées ; le loup d'Amérique des forêts et le loup de Sibérie ont un pelage très sombre (parfois quasiment noir) adapté au couvert forestier ; enfin, les loups d'Inde, d'Israël et d'Arabie ont un pelage beaucoup moins fourni et très pâle, adapté aux régions chaudes et désertiques.
En Europe du Sud, le pelage est gris-fauve, plus ou moins mélangé de poils noirs. Si le poil du loup italien est à dominante grise fauve, celui du loup espagnol est à dominante rousse. En général, le devant des pattes antérieures est marqué d’une ligne noire, plus ou moins prononcée, entre le coude et le poignet.
Mais d'où qu'ils soient, les poils du dos du loup sont toujours plus foncés que ceux du ventre. Enfin, l'animal possède un masque facial blanc caractéristique autour de la bouche et sur la gorge.
Dans le sud de l'Europe (Espagne, France, Italie, Balkans...), les loups sont de relatives petites tailles, par rapport à leurs congénères d'Europe du Nord, de Sibérie et d'Amérique du Nord et leurs extrémités sont plus allongés. La longueur du loup d'Europe est comprise entre 115 et 150 cm, dont 30 à 40 cm pour la queue. Sa hauteur au garrot varie de 60 à 80 cm. Le poids d’un mâle est compris entre 30 et 35 kg et celui d’une femelle entre 20 et 25 kg. Cependant, certains mâles peuvent peser 50 à 60 kg, ce qui correspond à un gros chien. Depuis le retour de l'espèce en France, le plus gros loup tué a été celui victime d'une collision avec une automobile dans le Cantal en 1997. Ce mâle d'origine italienne (Canis lupus italicus) pesait 39 kg.
En France, les rencontres avec un loup sont extrêmement rares mais pas impossibles pour autant. Voici les principales caractéristiques permettant de distinguer le loup du chien :
La vue n'est pas le sens le plus développé chez le loup. Son odorat est beaucoup plus développé. Il lui sert à localiser ses proies ou une présence lupine à des kilomètres. Ce sens lui sert aussi dans les relations sociales avec ses congénaires, grâce aux informations qu'il apporte : sexe, âge, statut hiérarchique, intentions (pacifiques ou non, amoureuses...). L'ouïe est très fine également. Elle sert là encore à localiser le passage d'une proie ou les hurlements de ses congénères.
Dans la nature, la longévité d’un loup est de l’ordre de 8 à 16 ans. Cependant, rares sont les loups qui meurent de vieillesse dans la nature...
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Louve italienne (Canis lupus italicus), captive, prise en photographie au parc "Alpha" de Saint-Martin-Vésubie. Photo : © Mathieu Krammer - 7 mai 2006 - Parc "Alpha" de Saint-Martin-Vésubie (Alpes-Maritimes). |
Loup espagnol (Canis lupus signatus), photographié grâce à un appareil à déclenchement infra-rouge installé par le FAPAS (Fondo para la Proteccion de los Animales Salvajes), dans les Monts Cantabriques (Nord-Ouest de l'Espagne). Remarquez le roux sur le cou, la face et les pattes, caractéristique du loup ibérique. Photo : © FAPAS |
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| BIOTOPE DU LOUP |
Le loup est un animal adaptable par excellente qui peut vivre dans des milieux naturels très divers : toundras, steppes, déserts, haute montagne, forêts de plaine, de montagne ou boréales, maquis, landes, zones marécageuses...
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Biotope typique du loup dans les Alpes françaises. Cette zone sauvage de la vallée du Valgaudemar (Hautes-Alpes) est actuellement une zone de présence temporaire du loup. Photo : © Mathieu Krammer - août 2005 - Vallon de la vallée du Valgaudemar (Hautes-Alpes). |
S'il privilégie les endroits reculés et difficiles d'accès (comme la haute montagne en France), il est tout à fait capable de s'installer tout près de l'homme. Des loups vivent près de la ville roumaine de Brasov, d'autres sont installés dans la banlieue de Rome (Italie) et d'autres encore vivent dans les plaines céréalières de Castille et Léon au centre de l'Espagne.
Dans les Alpes franco-italiennes, le loup fréquente différents types de milieux, allant des prairies des fonds de vallées aux pelouses alpines voisines de 3000 mètres.
En effet, l'altitude ne constitue nullement un frein au loup, qui s'adapte à de très nombreux types de biotope. Ainsi, dans le Mercantour par exemple (mais c'est sans doute valable dans d'autres massifs de haute montagne), plusieurs meutes franchissent sans aucun problème des cols, jusqu'à 2900 mètres d'altitude.
Généralement, il passe l'hiver dans les sauvages forêts montagnardes et subalpines, souvent entrecoupées de barres rocheuses et d'éboulis, entre 800 et 1800 mètres d'altitude.
Puis l'été venu, outre les forêts décrites précedemment, il peut aussi fréquenter les milieux plus ouverts notamment les pelouses, crêtes et landes au dessus de la limite supérieure des forêts.
Ces "migrations" saisonnières suivent directement celles de ses proies : en hiver, les proies sauvages (voir : Nourriture) vivent la plupart du temps dans les forêts de moyenne altitude. L'été, les ongulés sauvages et domestiques se situent beaucoup plus haut en altitude. Le loup ne fait donc que suivre les animaux dont il se nourrit.
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| MEUTE |
Le loup, contrairement à l’ours ou au lynx, ne vit pas seul mais en groupe, que l’on appelle la meute ou le clan.
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Meute de loups. Photo : © www.loup-ours-berger.org |
La vie dans la meute est très hiérarchisée, car l’on trouve des animaux dominants et d'autres dominés. Une véritable structure sociale unit les membres du groupe. Cette hiérarchisation s’exprime par différentes postures. Par exemple les oreilles dressées expriment l'éveil, les oreilles basses expriment la soumission...
La meute est d’abord composée d'un mâle et d'une femelle dominante, le couple alpha. Ce sont eux les "chefs" de la meute.
Ceux-ci donnent naissance à des louveteaux car il n'y a que le couple alpha qui a le droit de se reproduire (voir : Reproduction). Après avoir grandi, les louveteaux s’intègrent dans la meute par des combats. Ceux qui sont intégrés forment donc les membres de la meute. Au minimum composée du couple alpha, la meute comprend aussi les louvards (les jeunes de l'année précédente) et les louveteaux de l'année. Ainsi, une meute est quasiment essentiellement composée de membres de la même famille, mais il arrive que des loups extérieurs se fassent intégrer (toujours par des soumissions ou combats).
Les loups qui n’ont pas réussi à faire partie de la meute sont chassés. Ils errent donc à la recherche d'un territoire vierge et d'un (ou d'une) compagnon (ou compagne), pour former une nouvelle meute. Cependant, aux cours de ces années d'errance, beaucoup de jeunes loups (ou louves) meurent tués, par accidents ou par les membres d'une meute voisine lorsqu'ils pénètrent sur leur territoire. Il arrive également des coups de théâtre pendant le rut : un loup (de la meute ou extérieur) provoque le mâle dominant en combat singulier. S'il gagne, le mâle dominant sera chassé et le nouveau pourra se reproduire avec la femelle alpha.
Le clan est entièrement dévoué au couple dominant et particulièrement à ses louveteaux. Le principal rôle du mâle alpha est de protéger et de délimiter son territoire, notamment par des jets d’urine. Les meutes peuvent comprendre jusqu'à 30 loups dans des territoires immenses et vierges comme l'Alaska, mais dans les Alpes, le nombre d'individus n'a jamais excédé 10-11 loups.
Le territoire d’une meute est d’environ 200 km², mais la taille peut varier selon les ressources alimentaires. En fait, la densité de la meute et son territoire n’augmente pas au cours du temps, alors que l'aire de répartition s'aggrandit.
En fait, dans les régions montagneuses comme les Alpes, contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce ne sont pas les crêtes d'altitude qui délimitent les territoires des meutes, mais plutôt les fonds de vallée. On peut citer comme exemple la haute vallée du Var, dont la rive gauche est occupée par la meute de Moyenne-Tinée et la rive droite par la meute du Haut Verdon-Bachelard...
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| REGIME ALIMENTAIRE DU LOUP |
Le loup est un animal carnivore, qui chasse principalement le gros gibier (en Alaska, un loup seul peut tuer un renne et une meute entière peut tuer un élan !), de nuit et grâce à leur ouïe et leur odorat.
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Dans les Alpes, le mouflon est une des proies préférées des loups. Photo : © Olivier Tourillon (CRAVE) |
La meute (car le loup chasse en meute) est réputée meurtrière et sanglante lorsqu’elle chasse mais, dans près de 90 % des fois, elle rentre bredouille.
D’abord, la meute repère l’animal a attaquer et évalue ses chances de réussite : un animal blessé ou malade est plus facile à attraper et moins dangereux. Trois techniques sont employées :
Les loups consomment l’animal sur place, toujours selon la hiérarchie : d'abord les dominants, ensuite les dominés. La viande non consommée sera distribuée aux louveteaux ou enterrée pour être consommée ultérieurement.
D'après les études faites par le Parc National du Mercantour, sur les meutes de Vésubie-Tinée et Vésubie-Roya, les loups se nourrissent :
Cependant, il y a de fortes variations saisonnières : en hiver, ce sont surtout les ongulés sauvages qui sont prélevés (principalement chamois et mouflons, puis sangliers, cerfs et chevreuils et enfin, très rarement, bouquetins). Au printemps et en automne s’ajoutent des animaux de taille plus modeste, tels que les marmottes, les lièvres, des rongeurs, des oiseaux ... En été, les ongulés sauvages sont également prélevés, auxquels s’ajoutent une part non négligeable de moutons.
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| REPRODUCTION |
Le rut a lieu à la fin d’hiver. Les accouplements ont lieu en moyenne fin février - début mars.
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Louveteaux hurlant. Photo : © www.loup-ours-berger.org |
Seuls le mâle et la femelle dominants de la meute (le couple alpha) se reproduisent. La louve alpha inhibe les chaleurs des autres femelles du groupe, par des mimiques comportementales et des diffusions hormonales. Pour réduire les tensions, en l'absence du mâle dominant, elle n'hésite pas à s'accoupler avec plusieurs mâles.
Après 63 jours de gestation en moyenne (c'est-à-dire en avril ou mai), la louve met bas une portée de 4 à 7 petits, dans une tanière aménagée à cet effet : cavité rocheuse, terrier creusé par l'animal lui-même ou aggrandissement d'un terrier d'une autre espèce (en France, renard ou blaireau). La plupart des tanières sont situées dans des zones sauvages, forestières et escarpées. La tanière est généralement située au centre du territoire. Pour être plus précis,les tanières ne se situent pas à un centre géographique mais à un centre d’activité.
Les louveteaux sont des boules de poils noirâtres, aveugles et sourds à la naissance qui sont donc totalement dépendants de leur mère. Celle-ci les allaite pendant 7 à 8 semaines. Ensuite ils sont nourris de viande régurgitée par les membres de la meute.
Les tanières sont abandonnées de fin juin à début juillet. Mais les louveteaux n'étant pas encore aptes à suivre les adultes à la chasse, ils attendent les parents, jour et nuit, sur une zone appelée "site de rendez-vous". Au cours de l’été, une meute utilise de 1 à 3 sites de rendez-vous. Ces sites peuvent se situer de quelques centaines de mètres à une dizaine de kilomètres de la tanière. Bien sûr, les déplacements sont fonction de l’âge et du développement des jeunes. Les distances entre les sites de rendez-vous sont en moyenne de quelques kilomètres.
Vers l'âge 4 mois, les louveteaux apprennent l'existence de la soumission vis-à-vis des dominants et à un an, ils commencent à chasser avec la meute.
La mortalité juvénile est très importante au cours des 7 premiers mois de vies. Ainsi, si à la naissance le nombre moyen de jeunes se situe entre 4 et 7 (comme vu plus haut), sept mois plus tard on retrouve une moyenne de seulement 1 à 6 jeunes par groupe.
Ensuite, jusqu'à l'âge de 4 ans, les jeunes loups doivent trouver une place hiérarchique au sein de la meute et comme nous l’avons vu, s’ils ne la trouvent pas, ils sont expulsés.
Physiologiquement, la maturité sexuelle intervient alors à l'âge de 2 ans (22 mois précisément) pour les femelles et 3 ans pour les mâles. Néanmoins, dans la réalité, la majorité des femelles se reproduisent pour la première fois à l'âge de 3 ans.
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| DEPLACEMENT DU LOUP |
Les loups se déplacent généralement de nuit, car ils dorment et se reposent le jour. Ils se déplacent surtout lors de la chasse. Ils marchent alors à la "queue leu-leu" avec au premier rang le couple alpha. Un loup peut effectuer plusieurs dizaines de kilomètres par nuit.
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Sources :
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