Page dernièrement modifiée le Lundi 4 Août 2008
| TERRITOIRES
OCCUPES PAR LE LYNX DANS LES VOSGES |
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| Paysage des Hautes-Vosges, ici la Réserve naturelle de Frankenthal (Haut-Rhin). Photo : © Fabrice Capber - http://vosges-randos-photos.chez.tiscali.fr |
Dans le massif des Vosges, le lynx est présent de la frontière avec le Palatinat allemand (Bas-Rhin) jusqu'aux Vosges du Sud (Territoire de Belfort), sur une superficie de 3627 km² pour la période 2005-2007 (contre 2970 km² pour la période 1999/2001).
Globalement, à l'échelle du massif vosgien, l'aire de présence totale continue à s'accroître : + 8,5 % entre les périodes triennales 2002-2004 et 2005-2007. Si l'aire de présence régulière n'augmente désormais que peu (+ 12 % entre 1999-2001 et 2002-2004, mais + 4 % entre 2002-2004 et 2005-2007), l'aire de présence récente s'accroît quant à elle beaucoup plus (+ 28 % entre 2002-2004 et 2005-2007).
Le rythme de croissance détectée semble constant depuis la période 1996-1998 pour la présence régulière, mais en 2005-2007 il semble y avoir un processus de colonisation un peu plus actif que précédemment (plus de présence récente qu’auparavant).
Pour plus de précisions sur les méthodes de suivi mises en oeuvre par le Réseau Lynx, voir : Les méthodes de suivi mises en oeuvre par le Réseau Lynx pour le suivi des populations.
Mais comme nous allons le voir, la situation est différente selon les deux "noyaux" de la population.
Le lynx n'occupe de façon permanente que le sud et le centre de la chaîne, depuis le Val de Villé (Bas-Rhin - 67) au nord jusqu'à la vallée de Mausevaux au sud (Haut-Rhin - 68), à travers les vallées d'Aubure (68), de Thann (68), de Guebwiller (68), de Munster (68), de Kaysersberg-Fréland-Le Bonhomme (68) ainsi que la région de Miellin (Haute-Saône - 70).
Lors de la période 1999/2001, le lynx occupe donc prioritairement les grands massifs forestiers du versant alsacien des Vosges moyennes et du Sud ainsi que le versant franc-comtois du Ballon d'Alsace. La présence du félin pouvait alors être qualifiée de régulière sur 1827 km² (pour la période 1999/2001). Par ailleurs, on le trouvait moins fréquemment à l'ouest de la ligne constituée par les communes de Saint-Dié, la Bresse et Thillot, ce qui correspond au versant lorrain et franc-comtois des Vosges (Ballons d'Alsace et de Servance). A noter au cours de cette période, une donnée classée "probable" et collectée en Plaine d'Alsace, en périphérie de Mulhouse (68).
Au contraire, en 2002/2004, le lynx poursuit sa colonisation spatiale vers le nord et l'ouest du massif, à partir du sud du massif des Vosges. On note une augmentation de la surface occupée régulièrement par le lynx mais aussi la colonisation de nouvelles zones de présence récente. La présence de l'espèce est confirmée dans le versant mosellan des Vosges moyennes (dans le secteur du Donon notamment). De plus, l'espèce occupe désormais de manière régulière le versant lorrain des Vosges du Sud avec un cas de reproduction en 2003. Ce noyau principal présente des prolongements côté lorrain, dans le département des Vosges (88), notamment dans la région de Plainfaing, Valtin et Cornimont et jusque dans le département de la Haute-Saône dans la région de Plancher-les-Mines ainsi que dans le Territoire-de-Belfort vers Auxelles-Haut et Bas et Lepuix.
Depuis les années 2000, l'aire de présence du lynx dans les Vosges du Sud s'étend vers l'ouest et le nord-ouest, notamment dans les départements de Moselle (57) et de la Haute-Saône. Ici justement, un lynx adulte a été aperçu en mars 2001 sur la commune de Semmadon (70) et une cadavre découvert sur celle de Raincourt (70). Ces découvertes sont faites à plus de 50 km des massifs vosgien et jurassien. Elles font suite à d'autres, effectuées en 1998, où des lynx vosgiens ont été vus dans les environ de Vesoul, tandis qu'un lynx jurassien a été retrouvé mort sur la rive droite du Doubs, près de Besançon. A moyen terme, on pourrait espérer que les populations vosgienne et jurassienne se rejoignent un jour.
La colonisation spatiale vers le nord et l'ouest du massif, à partir des Vosges moyennes et du sud, s'est poursuivie durant la période 2005-2007.
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| Superbe lynx boréal adulte en hiver. Photo : © Gérard Lacoumette - http://alsace.nature.free.fr |
Les massifs des Vosges du Nord (départements du Bas-Rhin et de la Moselle, au nord de Saverne) et celui du Palatinat allemand forment un ensemble forestier compact et continu de 220 000 ha. La première observation d’un lynx dans le Palatinat allemand date de 1980. Quelques observations, rares mais régulières, ont été relevées tout au long de cette décennie.
La présence de l'espèce ne semble pas liée aux opérations de réintroduction du lynx dans les Vosges Moyennes et du Sud, mais aurait pour origine des lâchers clandestions effectués dans le Palatinat. D'autant plus que le passage entre les Vosges du Nord et le reste du massif vosgien est emprunté par l'autoroute A4 Paris-Strasbourg, une route, une voie ferrée et le canal de la Marne au Rhin, au niveau du col de Saverne. Si ces obstacles ne sont pas infranchissables pour le lynx, ils freinent sans doute fortement la progression de l'espèce vers le nord. Ceci semble confirmé par des observations régulières de lynx réalisées au sud de l’A4 dans le massif du Donon (région d’Abreschviller). Les probabilités de recolonisation des Vosges du Nord, par le lynx, via les Vosges moyennes, semblent donc actuellement faibles.
Même si la pression d'observation n'est pas aussi forte que dans le Palatinat, elle permet cependant d'avoir une vision globale de la présence de l'espèce dans le massif des Vosges du Nord. La première donnée collectée date de 1989 à Goetzenbruck (Moselle), dans la région de Bitche. Cette présence est confirmée en Moselle l'année suivante et dans le Bas-Rhin en 1993.
Au cours de la période triennale 1990-1992, la présence du lynx se confirme avec le recueil de 6 données (Mouterhouse, Haspelschiedt, Sturzelbronn, Niedersteinbach, Voellerdingen, Baerenthal). Pour la période suivante 1993-1995, la présence s’affirme avec 13 mentions (Philippsbourg, Eguelshardt, Langensoultzbach, Lohr, Mackwiller, Zittersheim, Lohr, Hottviller, Lengelsheim, Volmunster). Par la suite, on enregistre un rapide déclin des observations, vraisemblablement lié à la disparition des animaux : 3 observations probables pour la période 1996-98 (Eschbourg, La Petite Pierre, Niederbronn les Bains) et une seule pour la période 1999-01 (Niederbronn les Bains). Ceci conforterait l'hypothèse selon laquelle les populations de lynx dans les Vosges du Sud et Moyennes et dans les Vosges du Nord seraient indépendantes. Mais depuis quelques années, les indices sont de nouveau en augmentation, avec 13 observations pour la période 2002-2004 (La Petite Pierre, Bitche, Eschbourg, Philippsbourg, Dambach, Erckartswiller) et 8 données pour la période 2005-2007.
Si aucune reproduction n'est certifiée, des cas sont fortement soupçonnés. Néanmoins, dans les Vosges du Nord et le Palatinat, l'aire de répartition est fortement fractionnée et aucun secteur de présence continue n'a encore été relevé. De plus, la connexion de ce noyau avec celui des Vosges du sud et moyennes semble aujourd'hui peu effective voire inexistante.
A signaler toutefois qu’un projet de renforcement de cette petite entité populationnelle de lynx existe actuellement dans le massif du Palatinat pour instaurer une réelle dynamique démographique. Mais la décision finale sera prise par les autorités allemandes de Rhénanie-Palatinat.
| Sources :
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