Page mise en ligne le 9 Avril 2011

BILAN DU SUIVI 2010 : AU MOINS 19 OURS DANS LES PYRENEES - 09/04/2011

Synthèse du Rapport annuel 2010 de l'ONCFS - Equipe Ours : Suivi de l'ours brun dans les Pyrénées

Le suivi de la population d’ours bruns sur les Pyrénées françaises a permis la récolte de nombreuses données grâce à l’investissement des membres du Réseau Ours Brun (ROB). Ajoutées aux résultats de nos collègues espagnols et andorrans sur le reste du massif, ces informations nous permettent de dresser un état des lieux de la population d’ours bruns dans les Pyrénées en 2010. Cette synthèse se propose d’exposer les résultats quantitatifs du suivi avant d’aborder l’aire de répartition de l’espèce sur le massif et son statut démographique.

1 – Bilan quantitatif du suivi

Le suivi à large échelle d’une espèce aussi discrète que l’ours brun repose essentiellement sur des méthodes de suivi indirect dans le but de collecter des indices de présence (empreintes, poils, crottes, dommages…). 2 méthodes sont appliquées dans les Pyrénées :

- La méthode opportuniste n’obéit à aucun plan d’échantillonnage et repose essentiellement sur la validation, par les membres du ROB, de tous les indices observés par divers usagers de la montagne (ex : empreintes trouvées par un randonneur, observation visuelle faite par un chasseur, dégât sur cheptel domestique en estive...).

- La méthode systématique consiste à rechercher des indices de présence sur une zone d’étude prédéfinie d’environ 4 000 km² côté français. Les membres du ROB participent ainsi à trois opérations systématiques principales qui peuvent être complétées à l’occasion par du suivi télémétrique (en cas d’animal équipé d’émetteur) : les itinéraires de prospection pédestre, les stations de suivi et les appareils photo/vidéo automatiques. Plus de 600 indices ont été validés sur le versant français et plus de 930 si on tient compte de l’ensemble du massif. Les poils et les empreintes sont de loin les indices de présence les plus fréquents.

La répartition géographique de ces indices de présence d’ours validés permet de calculer l’aire de répartition de l’espèce sur le massif.

2 – Aire de répartition de l’espèce

En 2010, la présence de l’ours brun sur le Massif Pyrénéen concerne :

  • 6 départements français : Pyrénées-Atlantiques, Hautes-Pyrénées, Haute-Garonne, Ariège, Aude, Pyrénées- Orientales ;
  • 3 provinces espagnoles : la Navarre, l’Aragon et la Catalogne ;

D’Ouest en Est, la présence de l’ours brun se montre discontinue. Deux aires géographiques se distinguent, séparées par les hauts massifs des Pic du Midi de Bigorre, Néouvielle et Pic Long. On estime, qu’au minimum, une cinquantaine de kilomètres séparent les deux noyaux.

Dans les Pyrénées Occidentales, l’aire de présence reste stable par rapport à celle de 2009, avec toutefois une donnée dans une zone inédite située au nord de l’aire habituelle (région du col de Marie Blanque en Ossau). L’ours brun s’est manifesté de la Vallée d’Isaba (Navarre) à l’Ouest jusqu’à Luz St Sauveur (Hautes-Pyrénées) à l’Est, soit près de 84 km à vol d’oiseau. Sur le versant français, l’aire de présence 2010 est estimée à 1000 km². Elle atteint 1 500 km² avec le versant espagnol.

Dans les Pyrénées Centro-orientales, l’aire de présence est plus importante qu’en 2009 car l’ours Balou s’est déplacé très à l’Est sur le département de l’Aude. L’espèce évolue, pour la partie orientale, des Corbières (11) jusqu’en Haute Ariège (09) en passant par les Gorges de la Frau (11). Elle évolue, sur la zone centrale, de l’Est de l’Aragon au Couserans (09) en passant par la rive droite de la Garonne (31) et le Val d’Aran (Catalogne). L’aire de présence est estimée à 4 800 km² dont 2 900 km² sur la partie française.

En 2010, l’aire de présence totale de l’espèce ours brun couvre environ 6 300 km² dont 3 900 km² en France.

Les indices récoltés permettent également de valoriser les résultats à travers la connaissance de la démographie de la population.

3 – Effectifs de la population et démographie

L’analyse des présences simultanées éloignées, les analyses génétiques, les mesures d’empreintes et les photographies automatiques permettent d’estimer un effectif minimum de la population. Parmi les principales informations, on peut souligner que 2 portées de 2 oursons ont été détectées au cours de l’année et que les analyses génétiques ont permis d’identifier les oursons de Hvala, nés en 2009. De plus, l’utilisation des mesures d’empreintes et de la simultanéité a mis en évidence la présence d’un ours non génotypé en 2010, sur le noyau oriental. Enfin, les résultats laissent penser qu’un ours a disparu courant 2010 du noyau occidental (Aspe-Ouest) et un autre courant 2009 du noyau oriental (Boutxy).

Pour les Pyrénées occidentales, les effectifs minimums détectés s’élèvent à 3 individus mâles adultes, dont un indécelable depuis le 5 février 2010 : Néré, Cannellito, Aspe Ouest.

Dans les Pyrénées centro-orientales, les effectifs minimum détectés s’élèvent à 16 individus, dont 14 dans la zone centrale (Pyros, Caramelles et ses 2 oursons, Sarousse, Hvala, Nheu, Noisette, Pollen, Bambou et ses 2 oursons et deux individus indéterminés) et 2 dans la zone orientale (Balou et un ours indéterminé). Le suivi grâce aux appareils photos automatiques laisse penser que tous les oursons ont survécu à leur première année.

En 2010, sur l’ensemble des Pyrénées, nous estimons l’effectif minimum à 19 ours, dont 17 repérés sur le versant français. Il est aussi à noter que deux ours détectés par la génétique en 2009 (Moonboots et Caramellita) n’ont pas été génotypés en 2010, sans que cela signifie qu’ils soient absents de la population (ours indéterminé du noyau oriental pour Moonboots par exemple).

Le suivi de la population d’ours met donc en évidence un effectif minimum de 19 ours en 2010, de part et d’autre de la frontière avec l’Espagne, dont 17 ont été repérés côté français. La zone prospectée par l’espèce en 2010 atteint près de 6 300 km² dont 3 900 km² versant français. Dans les Monts Cantabriques (Espagne), sur une superficie assez proche, on note près de 200 individus.

Les différents paramètres étudiés montrent que l’effectif du noyau occidental, constitué de 3 mâles en tout début d’année puis probablement de 2 par la suite, poursuit sa régression. Dans les Pyrénées centro-orientales, une bonne dynamique semble s’amorcer et la structure de population semble conforme à celles que l’on remarque ailleurs dans le monde. Toutefois, l’existence d’un géniteur dominant laisse présager une probable érosion de la diversité génétique.

Dans la mesure où les méthodes utilisées dans tout suivi de population animale sauvage ne permettent pas un inventaire exhaustif, c’est bien un effectif minimum qui est donné. En effet, certains individus n’ont peut-être pas été détectés.

 

Source :

  • Rapport de l'Equipe Ours - ONCFS : "Synthèse : Suivi de l’ours brun dans les Pyrénées - Rapport annuel 2010".

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