Page dernièrement modifiée le Samedi 8 Avril 2006
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CHOIX
DES OURS
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Tout d'abord, il est nécessaire d'avoir quelques notions de systématique pour mieux comprendre le choix de l'origine des ours à relâcher dans les Pyrénées. Tous les ours bruns présents en Europe sont de la même espèce : Ursus arctos et (hormis les ours italiens des Abruzzes qui constituent une sous-espèce à part entière) de la même sous-espèce : Ursus arctos arctos.
Ensuite, génétiquement, quelques différences ont été notées entre les populations puisque l'on récense 3 trois branches d'Ursus arctos arctos en Europe, qui ont divergé il y a 850 000 ans :
Des analyses génétiques ont été réalisées afin d’étudier la variabilité génétique de la population d’ours des Pyrénées et de la comparer avec d’autres populations d’Europe (Source : Taberlet et Bouvet, 1992,1994). Selon les spécialistes, pour la réintroduction dans les Pyrénées, on peut prélever des ours dans les deux branches occidentales.
Le choix du pays source - où ont été prélevés 3 ours en 1996 / 1997 et où seront prélevés 5 autres en 2006 - s'est fait selon plusieurs critères :
La branche orientale est écartée d'office, du fait de la distance génétique importante avec les ours des Pyrénées. L'option roumaine a néanmoins été étudiée. Mais il apparaît, d'après des études de Pierre Taberlet, qu'outre la différence génétique déjà importante, de nombreux ours roumains ont été relâchés "après avoir été gardés en enclos d'élevage" et des reproductions avec des ours captifs nord-américains sont probables.
Les animaux génétiquement les plus proches des ours pyrénéens sont ceux de la lignée occidentale ibérique : Espagne et Scandinavie. En Espagne malheureusement, les effectifs sont trop faibles dans les Monts Cantabriques, tant en 1996/1997 qu'en 2006 (moins de 100 individus) pour pouvoir procéder à des captures. En Scandinavie (Suède), le comportement des animaux ne correspond pas à celui des ours pyrénéens : les plantigrades, à cause de la pauvreté du milieu naturel scandinave en ressources alimentaires végétales, sont très carnassiers et se nourrissent presque exclusivement de rennes. Leurs domaines vitaux sont également beaucoup plus étendus que ceux des ours des Pyrénées. Enfin, les habitats naturels sont différents : basse altitude et forêt de conifères uniquement en Scandinavie. La branche occidentale ibérique fut donc, elle aussi, écartée.
On s'est donc tourné vers la branche occidentale balkanique. Plusieurs options se présentaient alors.
La Bulgarie est écartée pour des raisons sanitaires et techniques : la rage sévit encore dans ce pays. En outre, il ne possède pas d'infrastructures efficaces de capture, la situation politique est instable et plusieurs frontières doivent être franchies avant d'arriver en France (d'où un risque d'attente important).
La Croatie a également été préssentie comme pays source. Si les ours sont génétiquement semblables aux ours slovènes, la rage est encore localement présente. De plus, à l'époque (1996-1997), le pays n'était pas encore très stable.
La Slovénie a donc été choisie, tant en 1996 / 1997 qu'en 2006. Les ours slovènes ont été choisis pour plusieurs raisons : tout d'abord, comme l'ensemble de la branche occidentale balkanique, les ours slovènes sont génétiquement proches des ours pyrénéens. Ensuite, la rage est absente, le pays est habitué aux opérations de capture, il est stable politiquement et c'est le pays d'Europe balkanique le plus proche de la France (il n'y a qu'un pays à franchir entre la Slovénie et la France : l'Italie).
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Sources :
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