Page mise en ligne le 29 Décembre 2003 - Page dernièrement modifiée le Dimanche 26 Août 2007

POPULATION DU MASSIF CENTRAL

Nous parlerons de la population d'aigle royal du Massif Central à travers 2 paragraphes :

 


POPULATION DU SUD DU MASSIF CENTRAL

Le sud du Massif Central, correspondant à la région des Grands Causses, abrite une quinzaine de couples d'aigles royaux en faisant la population la plus menacée de France. Si cette région n'a jamais connu une importante population d'aigles royaux, des données des années 1920-1930 faisaient cependant l'état d'une trentaine de couples.

L'enquête Rapaces 2000 (coordonnée par le CNRS, la LPO, le Ministère de l'Ecologie et la SEOF), présentée dans le livre Rapaces nicheurs de France - Distribution, effectifs et conservation, estime la population du sud du Massif Central à 17 couples seulement, répartis de la façon suivante :

La densité de cette population est la plus faible de tous les massifs français, de l'ordre de 0,2 couple / 100 km².

Depuis quelques années, le noyau de population se densifie et de nouveaux couples (souvent d'immatures) se forment, dans les secteurs déjà colonisés mais aussi dans des sites abandonnés il y a longtemps par l'espèce. En 2006, la population est estimée à au moins 22 couples, entre les département de l'Aveyron, du Gard, de l'Hérault et de l'Aude.

Sur cette vingtaine de couples, plus d'une dizaine se trouve dans la zone périphérique du Parc National des Cévennes (principalement au sud, à l'est et au nord-ouest de la zone centrale). Par ailleurs, au moins 3 couples nichent dans les Gorges de la Vis, entre Gard et Hérault. Les couples les plus au sud se trouvent dans le Haut-Languedoc, plus précisément dans la Montagne Noire (département de l'Aude, intégré à la population pyrénéenne et son piémont) et les Monts de L'Espinousse (département de l'Hérault), à l'extrêmité sud-ouest du Massif Central.

La population du sud du Massif Central, vivant dans des régions de basse montagne (aires situées entre 500 et 900 mètres d'altitude), connaît plusieurs menaces : les destructions directes qui n'ont pas totalement disparu, une diminution importante du nombre de proies disponibles (lapin du fait de la myxomatose et lièvre), la fermeture de ses zones de chasse et le dérangement notamment sur ses sites de reproduction. Il convient cependant de rappeler que le déclin aurait eu lieu avant même l'apparition de la myxomatose. Ces menaces ont pour conséquence la regression du nombre de couples d'aigles ainsi qu'un agrandissement de leur territoire de chasse pour pallier au manque de nourritures (jusqu'à 400 km²). Heureusement, ces phénomènes semblent stabilisés à l'heure actuelle.

Curieusement, la production de jeunes dans ces régions de basse altitude est, dans l'ensemble, supérieure à celle des populations montagnardes : jusqu'en 1986, 0,77 jeune / couple / an pour le Massif Central, contre 0,48 dans les Alpes. Ceci est à prendre comme un indice de populations non saturées, où n'existent pas de fortes densités et où les dérangements et destructions sont encore fréquents. En 2006, les 22 couples suivis ont donné 12 jeunes à l'envol et 2 couples ont même produit 2 jeunes par nid.

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POPULATION DE L'ARDECHE (est du Massif Central)

Dès le milieu des années 1990, on assiste à la formation d'un couple d'aigles royaux dans le département de l'Ardèche.

Depuis 2000, 3 cou 4 ouples sont présents dans le département.

  1. Crêtes sommitales du Mont Mézenc, entre Ardèche et Haute-Loire.

    Photo : © Mathieu Krammer - 23 juillet 2005 - Mont Mézenc (Ardèche / Haute-Loire).

    En 2002, 3 couples nicheurs sont présents dans le département. Le dernier site occupé a été découvert en 2001 (même si le couple était présent dès 2000). Toutefois, en 2002, un seul couple s'est reproduit avec succès (envol d'un jeune) ; les deux autres étant composés d'un adulte et d'un immature (non aptes à la reproduction car trop jeune).
  2. En 2003, au moins 2 sites sont occupés par un couple nicheur, mais un seul réussit sa reproduction (un jeune à l'envol). Sur l'autre site, 2 jeunes ont été élevés mais sont morts suite à une chute de l'aire. Un troisième site n'est fréquenté qu'épisodiquement par un adulte mais l'observation d'un couple avec un juvénile à 3 km de là laisse penser à un décantonnement.
  3. En 2004, les 3 sites sont occupés par un couple. Un seul semble avoir niché, avec 1 jeune à l'envol. Parmi les 2 autres couples, un semble formé de deux adultes et l'autre de deux subadultes.
  4. En 2005, les 3 sites sont occupés par un couple, mais un seul s'est reproduit, mais échec lors de l'incubation.
  5. En 2006, 3 ou 4 couples sont installés dans le département. Un seul s'est reproduit, donnant 1 jeune à l'envol.

Pour une sécurité maximale de la population en cours de formation, les territoires précis des couples ne sont pas divulgués. D'une manière générale, les couples ardéchois occupent les secteurs de moyenne montagne de la Haute-Cévenne ardéchoise et des Monts et Plateaux du Vivarais, limitrophes aux départements de la Lozère et de la Haute-Loire.

Contrairement à la population des Grands Causses, la formation de couples dans cette région de l'est du Massif Central a sans doute été favorisée par la présence de colonies de marmottes dans le massif du Mézenc (Ardèche et Haute-Loire) et le massif du Tanargue (Ardèche).

Pour finir, on ne sait pas si les couples présents nouvellement installés proviennent de la population du sud du Massif Central ou de la population alpine. Toutefois, des contacts existent certainement entre ces trois populations.

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PERSPECTIVES

L'installation récente de couples nicheurs en Ardèche, ainsi que de couples immatures dans le sud du Massif Central (Aveyron, Lozère, Gard, Hérault), permet d'envisager l'avenir de la population du Massif Central positivement, à condition bien sûr de résoudre les principaux problèmes qui nuisent à la population (dérangement, fermeture des terrains de chasse, diminution de ses proies...).

Ainsi, il est tout à fait possible qu'à court ou moyen terme, l'aigle royal s'installe défintivement au coeur du Massif Central, dans les Volcans d'Auvergne. L'aigle royal n'est plus connu comme reproducteur en Auvergne depuis 1958, mais il est régulièrement observé en migration automnale dans ce massif, au col du Prat-du-Bouc notamment (Cantal). Comme en Ardèche, l'installation pourrait être favorisée par la présence de plusieurs colonies de marmottes

De même, l'aigle royal nichait dans les falaises des Gorges auvergnates (Allier, Loire...) jusque dans les années 1950, comme en témoigne une ancienne aire désormais occupée alternativement par le grand corbeau ou le faucon pélerin.

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Sources :

  • Rapaces de France - hors-série n°9 (2007) de l'Oiseau Magazine - Revue nature de la LPO.
  • L'Auvergne sauvage - Collectif LPO - Editions Ouest-France (2004).
  • Rapaces nicheurs de France - Distribution, effectifs et conservation - Jean-Marc Thiollay et Vincent Bretagnolle (Résultats de l'Enquête Rapaces 2000).
  • Oiseaux menacés et à surveiller en France - LPO et SEOF (1999).
  • Atlas des Oiseaux Nicheurs de Rhône-Alpes - CORA, Région Rhône-Alpes, Université de Bourgogne (1997).
  • Site internet du Conseil Général de l'Aude.
  • Circulaire du CORA n°58 (février 2003).
  • Les Potins de la Chèvre n°25 (février 2004) et 27 (mars 2005) - CORA Ardèche.

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